Comme le rapporte Franceinfo - Sciences, la société SpaceX, dirigée par le milliardaire Elon Musk, a officiellement annoncé son entrée en Bourse via une introduction sur le marché boursier américain. Le dossier d’introduction, déposé auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) le 20 mai 2026, marque une étape majeure pour l’entreprise, dont la valorisation et les ambitions suscitent déjà l’attention des investisseurs.

Ce qu'il faut retenir

  • SpaceX vise une cotation sur le Nasdaq, avec un symbole boursier SPCX annoncé dans les documents réglementaires.
  • En 2025, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 18,7 milliards de dollars, mais une perte opérationnelle de 2,6 milliards, en raison de lourds investissements en intelligence artificielle et en développement de nouvelles fusées.
  • Le milliardaire Elon Musk conservera 79 % des droits de vote, tout en ne détenant que 42 % du capital, une structure qui pourrait inquiéter les actionnaires minoritaires.
  • Les revenus de Starlink, principale activité du groupe, ont progressé de près de 50 % entre 2024 et 2025, tandis que les activités liées à l’IA (X et xAI) affichent des pertes abyssales.

Une opération boursière suivie avec attention par les marchés

L’annonce de SpaceX intervient après un dépôt confidentiel réalisé en avril 2026 auprès de la SEC. Selon les documents publiés, l’entreprise a choisi le Nasdaq comme place boursière pour son introduction, une décision logique pour une société dont les activités s’inscrivent dans le secteur technologique. Le symbole boursier retenu, SPCX, devrait permettre aux investisseurs de suivre facilement l’évolution des titres.

Pourtant, aucun montant n’a été communiqué quant aux fonds que SpaceX souhaite lever ni à la valorisation visée. Une discrétion qui contraste avec l’ampleur annoncée de l’opération, que certains analystes qualifient déjà de plus grosse introduction en Bourse de l’histoire. « Aujourd’hui, on ne peut pas affirmer que c’est une bonne idée », commente un spécialiste interrogé par Franceinfo - Sciences, évoquant notamment les projets de data centers spatiaux d’Elon Musk.

Des résultats financiers contrastés, entre croissance et pertes massives

Les chiffres publiés révèlent un bilan financier contrasté pour SpaceX. En 2025, l’entreprise a généré un chiffre d’affaires de 18,7 milliards de dollars, soit une progression significative par rapport aux années précédentes. Cependant, cette croissance s’accompagne d’une perte opérationnelle de 2,6 milliards, en partie imputable aux investissements massifs consentis dans l’intelligence artificielle et le développement de nouvelles fusées, comme le Starship.

La constellation de satellites Starlink reste le principal moteur de revenus, avec une hausse de près de 50 % de son chiffre d’affaires entre 2024 et 2025. En revanche, les activités liées à l’IA, incluant le réseau social X et xAI (le créateur du chatbot Grok), affichent des pertes d’exploitation dépassant les 6 milliards de dollars en 2025. Une performance qui interroge sur la rentabilité à court terme de ces projets.

Une gouvernance qui interroge les investisseurs

Elon Musk, déjà connu pour son style de management, a structuré l’introduction en Bourse de manière à conserver un contrôle total sur l’entreprise. Les documents déposés auprès de la SEC indiquent qu’il détiendra 79 % des droits de vote, tout en ne possédant qu’environ 42 % du capital. Cette dissociation entre pouvoir et participation financière pourrait susciter des inquiétudes chez les actionnaires minoritaires, d’autant plus que le milliardaire conserve le pouvoir de prendre des décisions stratégiques, y compris l’élection du conseil d’administration.

SpaceX a reconnu que cette structure ne serait « pas sans risque pour les investisseurs », soulignant que Musk « aura le pouvoir de contrôler l’issue des questions nécessitant l’approbation des actionnaires ». Une affirmation qui laisse planer un doute sur la capacité des nouveaux actionnaires à peser dans la gouvernance de l’entreprise.

Starlink et l’IA : deux piliers aux destins opposés

Parmi les activités de SpaceX, la division Starlink se distingue comme la principale source de revenus. Le service de connexion internet par satellite a connu une croissance fulgurante, avec une progression de près de 50 % de son chiffre d’affaires en un an. Cette performance s’inscrit dans un contexte de demande accrue pour des solutions d’accès à internet dans les zones reculées ou mal desservies.

À l’inverse, les activités liées à l’intelligence artificielle, regroupées sous la bannière de X (ex-Twitter) et de xAI, peinent à atteindre l’équilibre. Les pertes d’exploitation de plus de 6 milliards de dollars en 2025 illustrent les défis financiers auxquels ces projets sont confrontés. Un contraste saisissant avec les autres branches de SpaceX, qui interroge sur la capacité du groupe à diversifier ses revenus sans alourdir ses pertes.

Et maintenant ?

L’introduction en Bourse de SpaceX, dont la date n’a pas encore été précisée, pourrait s’étaler sur plusieurs mois, le temps que la SEC finalise l’examen du dossier. Les investisseurs attendent désormais des précisions sur le montant de la levée de fonds et la valorisation retenue. Une opération qui, si elle se confirme comme historique, pourrait redessiner le paysage des entreprises technologiques cotées aux États-Unis.

Reste à savoir comment les marchés réagiront à une structure actionnariale aussi centralisée, et si les pertes persistantes dans l’IA n’éclipseront pas les succès de Starlink. Les prochains mois seront déterminants pour SpaceX, alors qu’Elon Musk continue de diversifier ses activités entre espace, réseaux sociaux et intelligence artificielle.

En attendant, l’opération reste sous haute surveillance, tant pour son ampleur que pour les risques qu’elle comporte.

Les investisseurs s’interrogent notamment sur la structure capitalistique, où Elon Musk conservera 79 % des droits de vote tout en ne détenant que 42 % du capital, ainsi que sur la rentabilité de ses activités en IA, qui affichent des pertes massives. La dépendance à Starlink et les lourds investissements en R&D constituent également des facteurs de risque.