Avec la hausse des températures et la dégradation de la qualité de l’air, les allergies respiratoires et cutanées touchent désormais près de 30 % de la population française, selon les dernières estimations. Ce phénomène, en constante aggravation, pousse l’industrie pharmaceutique à accélérer ses investissements dans les solutions de désensibilisation. Comme le rapporte Libération, le groupe suisse Stallergenes Greer, spécialisé dans les traitements contre les allergies, a annoncé le 1er juin un plan d’investissement de 125 millions d’euros destiné à renforcer sa présence en France. Une annonce qui illustre l’essor d’un secteur désormais en plein essor.
Ce qu'il faut retenir
- Près de 30 % des Français souffrent aujourd’hui d’allergies, un chiffre en forte progression ces dernières années
- Stallergenes Greer, leader suisse des traitements de désensibilisation, investit 125 millions d’euros en France pour développer ses activités
- Cette enveloppe s’inscrit dans un contexte de hausse des allergies liée au changement climatique et à la pollution atmosphérique
- Le groupe mise sur des solutions innovantes pour répondre à une demande croissante en traitements personnalisés
Un marché en ébullition porté par le changement climatique
Les allergologues constatent depuis plusieurs années une augmentation significative des cas d’allergies, qu’il s’agisse de rhinites, d’asthmes ou de dermatites. Selon les experts, le réchauffement climatique joue un rôle clé dans cette tendance : les saisons polliniques s’allongent, tandis que les épisodes de pollution favorisent les irritations respiratoires. Stallergenes Greer, qui réalise près de 50 % de son chiffre d’affaires dans les traitements contre les allergies, a donc choisi de miser sur le marché français, l’un des plus dynamiques d’Europe.
« La France représente un territoire stratégique pour nous, compte tenu de l’augmentation constante des besoins en désensibilisation », a déclaré Olivier Chambenoit, directeur général de Stallergenes Greer France, lors d’une conférence de presse organisée le 1er juin. L’investissement annoncé s’articule autour de trois axes : le renforcement des capacités de production, l’innovation thérapeutique et l’élargissement des partenariats avec les professionnels de santé.
Un plan ambitieux pour moderniser les infrastructures
Sur les 125 millions d’euros alloués, une partie importante sera consacrée à la modernisation des sites de production du groupe en France. Stallergenes Greer possède déjà deux centres de fabrication en région parisienne et dans les Hauts-de-France, mais l’entreprise prévoit d’étendre ses capacités pour répondre à la demande. Une enveloppe de 40 millions d’euros sera notamment dédiée à l’acquisition de nouveaux équipements et à l’optimisation des processus industriels. Le reste des fonds servira à financer des projets de recherche, avec l’objectif de développer des traitements plus ciblés et moins contraignants pour les patients.
« Nous voulons aller vers des solutions de désensibilisation plus rapides et mieux tolérées », a précisé Chambenoit. Parmi les pistes explorées figurent des traitements par voie sublinguale, déjà commercialisés, mais aussi des approches combinant plusieurs allergènes pour une prise en charge plus globale. Le groupe collabore d’ailleurs avec des centres hospitalo-universitaires pour tester de nouvelles molécules.
Des partenariats renforcés avec les acteurs de santé
Pour accompagner son développement, Stallergenes Greer mise aussi sur le renforcement de ses liens avec les allergologues, les pneumologues et les pédiatres. Le groupe prévoit de former davantage de professionnels à ses protocoles de désensibilisation et de soutenir des initiatives locales visant à sensibiliser le public aux allergies. Une enveloppe de 10 millions d’euros sera spécifiquement allouée à des programmes d’information dans les écoles et les entreprises, où les allergies professionnelles représentent un enjeu croissant.
« L’idée est de créer une véritable filière d’excellence en France, avec des acteurs publics et privés qui collaborent étroitement », a expliqué Chambenoit. Le groupe a d’ores et déjà signé un accord avec la Fédération française d’allergologie pour développer des outils de diagnostic plus performants. Ces partenariats devraient permettre d’améliorer l’accès aux traitements pour les patients, notamment dans les zones où l’offre de soins reste insuffisante.
Une question reste en suspens : dans quelle mesure ces investissements permettront-ils de réduire l’impact des allergies sur la qualité de vie des Français, alors que les facteurs environnementaux à l’origine de cette hausse restent largement hors de contrôle ? Une chose est sûre, l’industrie pharmaceutique mise sur ce créneau pour longtemps.
Les allergies respiratoires (pollens, acariens) et cutanées (eczéma, urticaire) sont les plus fréquentes, suivies des allergies alimentaires et aux venins d’insectes. Le réchauffement climatique et la pollution de l’air accentuent particulièrement les premières, selon les données de la Haute Autorité de santé.