Selon Le Figaro, le groupe automobile Stellantis, né de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, étudie la possibilité de ressusciter la mythique Citroën 2 CV, mais sous une forme entièrement électrique. Cette annonce, révélée mardi 20 mai 2026, s’inscrit dans le cadre du développement d’une nouvelle voiture compacte et abordable, provisoirement baptisée « E-car ».

Cette future citadine, dont la commercialisation est prévue pour 2028, pourrait s’inspirer du design et de l’esprit de la « Deudeuche », tout en modernisant ses lignes. Stellantis n’a pas encore confirmé officiellement le nom de 2 CV, mais l’option reste « séduisante » pour le groupe, compte tenu de la forte notoriété de ce modèle produit à plus de 5 millions d’exemplaires entre 1949 et 1990. « La 2 CV incarne l’accessibilité et la simplicité, des valeurs que nous souhaitons retrouver dans cette nouvelle génération de véhicules électriques », a souligné Xavier Chardon, directeur de Citroën, fin avril dernier.

Ce qu'il faut retenir

  • Stellantis envisage de relancer la Citroën 2 CV en version électrique sous le nom provisoire de « E-car », avec une commercialisation prévue pour 2028.
  • Le groupe automobile, qui possède les marques Citroën, Peugeot, Fiat, Opel et Alfa Romeo, mise sur une voiture compacte, abordable et grand public, dans la lignée de l’esprit de la 2 CV historique.
  • La production ne sera pas réalisée en France, mais dans l’usine de Pomigliano d’Arco, près de Naples en Italie, un site historique d’Alfa Romeo où ont également été assemblées les Fiat Panda.
  • Le prix de vente est estimé à 15 000 euros (hors bonus écologique), un tarif compétitif pour une voiture électrique d’entrée de gamme.
  • Un concept car de cette future « E-car » — potentiellement la future 2 CV électrique — pourrait être dévoilé dès jeudi 23 mai 2026, lors de la présentation du plan stratégique de Stellantis à Détroit, aux États-Unis.

Une stratégie pour reconquérir le segment des petites voitures électriques

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de Stellantis visant à relancer les ventes sur le segment des petites voitures électriques en Europe, un marché qui s’est fortement contracté ces dernières années. Le groupe souhaite proposer un véhicule léger, économique à l’achat comme à l’usage, et accessible au plus grand nombre. Selon les informations des Échos, confirmées par Le Figaro, cette approche avait déjà été défendue en 2025 par John Elkann, président de Stellantis, et Luca de Meo, alors directeur général de Renault, lors d’un entretien croisé accordé au Figaro.

Le segment des citadines électriques a en effet été fragilisé par la hausse des coûts des matières premières et par l’arrivée de modèles asiatiques à bas prix. Stellantis compte donc sur cette « E-car » pour regagner des parts de marché face à des concurrents comme Dacia ou MG, qui dominent actuellement ce créneau. « L’objectif est de proposer une voiture qui reste dans l’esprit de la 2 CV : simple, fiable et économique, mais adaptée aux exigences de la mobilité électrique », a précisé une source interne au groupe.

Une production délocalisée en Italie pour optimiser les coûts

Contrairement à une partie de la production française de Stellantis, cette nouvelle « E-car » ne sera pas assemblée en France. Le choix s’est porté sur l’usine de Pomigliano d’Arco, en Italie, un site historique du groupe où ont été produites les Fiat Panda et certaines Alfa Romeo. Ce choix stratégique permet de bénéficier d’une main-d’œuvre qualifiée et de coûts de production compétitifs, tout en évitant les contraintes réglementaires et fiscales françaises.

Stellantis a confirmé que le design de cette future voiture s’inspirera de l’esprit de la 2 CV, mais avec des lignes modernisées pour répondre aux attentes des consommateurs actuels. « On ne parle pas d’une simple réplique, mais d’une interprétation moderne de ce qui a fait le succès de la 2 CV : l’accessibilité, la polyvalence et la simplicité », a expliqué un porte-parole du groupe. Le nom « 2 CV » n’est pas encore officiellement retenu, mais son usage permettrait de capitaliser sur l’héritage culturel de la marque.

Un prix compétitif pour séduire les ménages européens

Selon les informations communiquées par Stellantis, cette future citadine électrique serait proposée à un tarif de 15 000 euros, hors bonus écologique. Ce prix la positionnerait en concurrence directe avec des modèles comme la Dacia Spring, vendue à partir de 20 700 euros en France, ou la MG4, disponible à partir de 23 990 euros. L’objectif est clair : rendre la mobilité électrique accessible à un public large, y compris les ménages modestes.

Le groupe mise sur des économies d’échelle pour maintenir ce prix attractif, notamment grâce à une plateforme technique simplifiée et à une batterie de capacité modeste, adaptée aux trajets urbains et périurbains. « Nous voulons éviter le piège des véhicules électriques trop chers pour les classes moyennes. L’enjeu est de démocratiser cette technologie sans sacrifier la qualité », a indiqué un cadre de Stellantis sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

Un concept car de cette future « E-car » — qui pourrait être la nouvelle 2 CV électrique — doit être dévoilé publiquement jeudi 23 mai 2026, lors de la présentation du plan stratégique de Stellantis à Détroit. Ce salon devrait permettre de donner un premier aperçu des lignes et des technologies embarquées. Si les retours du public et des professionnels sont positifs, la commercialisation pourrait être confirmée pour 2028, avec une production en série débutant courant 2027.

Reste à savoir si Stellantis parviendra à concilier l’héritage de la 2 CV avec les exigences modernes de la mobilité électrique. Le succès de ce projet dépendra en grande partie de l’accueil réservé par les consommateurs, mais aussi de la capacité du groupe à maintenir un prix compétitif malgré les fluctuations des coûts des matières premières.

Une stratégie globale pour Stellantis

Cette annonce s’inscrit dans un contexte de transformation majeure pour Stellantis, qui cherche à accélérer sa transition vers l’électrique tout en maintenant une offre accessible. Le groupe a récemment annoncé des investissements massifs dans les batteries et les infrastructures de recharge, ainsi qu’un partenariat avec le chinois DongFeng pour moderniser son usine de Rennes. Ces mesures visent à renforcer sa position sur le marché européen, où la concurrence des constructeurs asiatiques et américains s’intensifie.

« L’électrification ne doit pas rimer avec exclusion. Notre ambition est de proposer des véhicules électriques pour tous, pas seulement pour une élite », a rappelé John Elkann lors d’une conférence de presse en mars 2026. La future 2 CV électrique, si elle voit le jour, pourrait ainsi devenir le symbole de cette stratégie.

Les défis à relever

Malgré l’enthousiasme suscité par cette annonce, plusieurs défis restent à relever pour Stellantis. Le premier concerne l’acceptation du public : la 2 CV historique divise encore les automobilistes, entre ceux qui y voient un symbole de liberté et ceux qui la considèrent comme un véhicule dépassé. Le groupe devra donc soigner sa communication pour séduire les jeunes conducteurs, tout en rassurant les puristes.

Un autre enjeu réside dans la production. L’usine de Pomigliano d’Arco devra être adaptée pour assembler cette nouvelle voiture, ce qui nécessitera des investissements supplémentaires. Enfin, la concurrence est rude : des modèles comme la Renault Twingo électrique ou la Fiat 500e, déjà bien implantés sur le marché, pourraient compliquer la tâche de Stellantis.

Le groupe a choisi l’usine de Pomigliano d’Arco, en Italie, pour des raisons de coûts de production et de flexibilité industrielle. Ce site historique d’Alfa Romeo permet de bénéficier d’une main-d’œuvre qualifiée et de coûts salariaux moins élevés qu’en France, tout en évitant les contraintes réglementaires locales.

Stellantis n’a pas encore communiqué sur les caractéristiques techniques précises de la batterie. Cependant, compte tenu de son positionnement comme citadine légère et économique, l’autonomie devrait se situer entre 200 et 250 kilomètres, une fourchette adaptée aux trajets urbains et périurbains.