Le vice-gouverneur et gouverneur intérimaire du Sud-Kivu, Jean-Jacques Elakano, a annoncé le 9 mai 2026 la suspension immédiate du trafic routier entre Bukavu et Uvira, avec effet dès le 11 mai 2026. La mesure, justifiée par des « impératifs sécuritaires », intervient à peine un mois après la reprise des liaisons entre ces deux villes de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) selon RFI.
Ce qu'il faut retenir
- Le trafic routier entre Bukavu et Uvira est suspendu à partir du 11 mai 2026, selon l’annonce du gouverneur intérimaire du Sud-Kivu, Jean-Jacques Elakano.
- La décision intervient moins d’un mois après la reprise des liaisons, initialement rétablies après une suspension précédente.
- La suspension est motivée par des « impératifs sécuritaires » non détaillés dans l’annonce.
- Le Sud-Kivu, province orientale de la RDC, reste une zone sous tension en raison de l’activité de groupes armés et de conflits intercommunautaires.
- La reprise du trafic en avril 2026 avait été présentée comme une avancée pour la circulation des personnes et des biens dans la région.
Une décision prise dans l’urgence sécuritaire
Le gouverneur intérimaire du Sud-Kivu a justifié cette suspension par la nécessité de garantir la sécurité des populations et des usagers de la route. Jean-Jacques Elakano n’a pas précisé la nature exacte des menaces pesant sur le corridor Bukavu-Uvira, mais cette décision s’inscrit dans un contexte régional marqué par une insécurité persistante. Selon RFI, les autorités provinciales avaient autorisé la reprise du trafic début avril 2026, après plusieurs mois d’interruption liés à des attaques présumées de groupes armés.
La route reliant Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, à Uvira, ville portuaire sur le lac Tanganyika, est un axe stratégique pour le commerce et les déplacements en RDC. Sa fermeture perturbe non seulement les échanges économiques, mais aussi l’accès aux services essentiels pour des milliers d’habitants.
Un contexte sécuritaire toujours dégradé dans l’est de la RDC
Le Sud-Kivu fait partie des provinces congolaises les plus touchées par les violences depuis des années. Les groupes armés, dont certains sont actifs depuis plus de deux décennies, multiplient les attaques contre les civils et les forces de sécurité. En 2025, l’ONU avait alerté sur l’intensification des exactions dans la région, notamment dans les territoires de Fizi, Uvira et Mwenga.
Malgré les opérations militaires menées par l’armée congolaise et la MONUSCO, la présence de groupes comme les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ou les milices locales continue de fragiliser la stabilité. La suspension du trafic Bukavu-Uvira illustre la difficulté des autorités à assurer un environnement sûr pour les déplacements, malgré les efforts déployés.
Les conséquences économiques et humanitaires de la mesure
Pour les commerçants et les transporteurs, cette nouvelle interruption signifie des pertes financières importantes. Le corridor Bukavu-Uvira est un maillon clé pour l’approvisionnement en biens de première nécessité, notamment dans les zones reculées. Les prix des denrées pourraient s’envoler, aggravant la précarité des populations déjà vulnérables.
Du côté humanitaire, les ONG actives dans la région craignent un isolement accru des communautés. « La fermeture de cette route complique encore davantage l’accès aux soins et à l’aide alimentaire pour des milliers de personnes », a indiqué un responsable d’une organisation internationale sous couvert d’anonymat. Les agences onusiennes et les partenaires locaux appellent à une solution rapide pour éviter une crise humanitaire.
Dans l’immédiat, les populations et les acteurs économiques devront s’adapter à cette nouvelle restriction. Les déplacements entre Bukavu et Uvira devront emprunter des itinéraires alternatifs, souvent plus longs et plus dangereux, faute de solutions immédiates.
Réactions attendues des autorités et de la société civile
La société civile sud-kivutienne a déjà réagi à cette annonce, appelant à une clarification des motifs de la suspension. « Nous comprenons les préoccupations sécuritaires, mais nous demandons aux autorités de nous expliquer clairement les raisons de cette décision », a réagi un membre de l’Association des droits de l’homme du Sud-Kivu. De son côté, l’opposition politique locale pourrait saisir cette opportunité pour critiquer la gestion de la crise par le gouvernement provincial.
Au niveau national, le ministre congolais de l’Intérieur n’a pas encore réagi publiquement à cette mesure. Son silence pourrait s’expliquer par la complexité du dossier sécuritaire dans l’est du pays, où les défis sont multiples et les solutions parfois hors de portée des autorités provinciales.
Les usagers doivent actuellement emprunter des routes secondaires ou utiliser des voies fluviales via le lac Tanganyika, bien que ces options soient plus longues et plus coûteuses. Aucune liaison aérienne directe n’est disponible entre les deux villes.
Le gouverneur intérimaire n’a pas précisé de lien direct avec une attaque récente. La mesure est présentée comme une réponse à des « impératifs sécuritaires » non détaillés, dans un contexte où les groupes armés sont actifs dans la région.