Alors que de nombreux expatriés ont quitté Dubaï depuis le début des hostilités dans la région, certains n’ont pas hésité à s’y installer ou à y rester. Courrier International relate le parcours de Renee O’Drobinak, une responsable marketing britannique qui a choisi, avec son époux, de s’expatrier dans l’émirat en mars 2026, malgré les alertes aux missiles et les réticences de son entourage.

Ce qu'il faut retenir

  • Une arrivée sous tension : dès les premières heures, le couple a reçu une alerte missile à 2 ou 3 heures du matin.
  • Un employeur rassurant : son cabinet de conseil a garanti sa sécurité et proposé un poste à distance initialement.
  • Un salaire en hausse de 45 % par rapport à son poste à Londres, justifiant en partie ce choix.
  • Un coût de la vie inférieur à Londres, avec un logement plus spacieux et des trajets domicile-travail réduits.
  • Une vie locale qui se poursuit malgré les tensions, selon les témoignages recueillis par Courrier International.

Un départ depuis Londres et une arrivée sous le signe de l’imprévu

Arrivée fin mars 2026 à Dubaï en provenance de Londres, Renee O’Drobinak, 48 ans, a entamé un nouveau chapitre professionnel en tant que directrice marketing et communication dans un cabinet de conseil en construction. Dès les premières heures sur place, le couple a été confronté à une réalité bien éloignée de l’image d’Épinal souvent associée à l’émirat : une alerte missile reçue sur leurs téléphones à 2 ou 3 heures du matin, des routes inondées et une circulation chaotique les a contraints à patienter plus de quatre heures pour rejoindre leur Airbnb.

Pourtant, malgré ces difficultés initiales, le couple a choisi de rester. Une décision qui contraste avec le mouvement inverse observé chez une partie des expatriés, certains ayant préféré quitter Dubaï depuis le début des tensions régionales. Mais pour Renee O’Drobinak, les avantages de cette installation l’emportaient sur les risques perçus.

Un employeur mobilisé pour rassurer et accompagner

Son futur employeur a joué un rôle clé dans cette décision. Dans un contexte où d’autres entreprises hésitent à envoyer leurs salariés à Dubaï, le cabinet de conseil a adopté une posture proactive. « Il a reconnu la situation mais m’a assuré que les autorités la géraient bien et que ma sécurité était une priorité », explique-t-elle. Pour faciliter la transition, les ressources humaines lui ont même proposé de commencer son poste à distance depuis le Royaume-Uni, avant de rejoindre Dubaï une fois la situation stabilisée.

Cette flexibilité a permis à Renee O’Drobinak de se projeter sereinement dans son nouveau rôle, malgré les craintes initiales de son entourage. Un soutien qui illustre la stratégie de certaines entreprises pour attirer ou retenir des talents dans une région marquée par l’incertitude.

Le coût de la vie à Dubaï, un argument décisif

Le salaire proposé – en hausse de 45 % par rapport à son poste précédent à Londres – a constitué un autre levier majeur. Après vingt-trois ans passés au Royaume-Uni, Renee O’Drobinak décrit une vie londonienne marquée par des contraintes financières et logistiques : un petit appartement d’une chambre dans le sud-est de la capitale, des repas préparés à l’avance le dimanche pour gagner du temps, et des trajets quotidiens épuisants. « Malgré six années de progression professionnelle, j’avais le sentiment de stagner financièrement », confie-t-elle.

À Dubaï, le couple loue désormais un appartement de deux chambres près de Dubaï Marina. Le trajet domicile-travail, d’une durée d’environ trente minutes, représente un gain de temps significatif par rapport à Londres. « Les gens ont tendance à quitter le bureau à 17 heures, et avec un trajet plus court, j’ai tellement plus de temps qu’avant », souligne-t-elle. Autant dire que le confort matériel et la qualité de vie ont joué un rôle central dans sa décision.

Une normalité revendiquée malgré les tensions

Ce qui frappe le plus dans son témoignage, c’est le décalage entre les alertes régionales et la routine quotidienne des habitants. « Les gens ici ont simplement continué à vivre leur vie », observe-t-elle. Une normalité que certains expatriés, comme elle, semblent avoir adoptée, malgré les risques persistants. Dubaï, avec son mélange de modernité et de stabilité apparente, offre un cadre de vie qui tranche avec l’agitation des grandes métropoles occidentales.

Pour Renee O’Drobinak, cette installation représente une forme de libération. Après des années de contraintes à Londres, elle décrit désormais une vie « plus douce », où le temps et l’argent ne sont plus des ressources rares. Un contraste saisissant avec les images de missiles ou de crises qui dominent l’actualité du Moyen-Orient.

Et maintenant ?

Si le témoignage de Renee O’Drobinak illustre la résilience de certains expatriés face aux tensions régionales, il soulève aussi des questions sur la pérennité de cette stratégie. Les entreprises seront-elles en mesure de maintenir leurs engagements en matière de sécurité à long terme ? Les autorités de Dubaï parviendront-elles à préserver cette image de stabilité, malgré l’évolution du contexte géopolitique ? Autant de défis qui pourraient influencer les choix futurs des expatriés et des employeurs dans la région.

Une chose est sûre : pour l’instant, des milliers de professionnels continuent d’affluer vers Dubaï, attirés par ses opportunités économiques et son cadre de vie. Mais dans un contexte où les équilibres régionaux restent fragiles, la question de la durabilité de ce modèle se pose avec une acuité croissante.