Le président américain Donald Trump a menacé la France de sanctions commerciales radicales si Paris ne revenait pas sur sa taxe visant les géants du numérique américains. Selon Le Figaro, il a déclaré lundi 14 juin 2026 au New York Post que Washington n’aurait « d’autre choix » que d’appliquer des droits de douane de 100 % sur les vins et champagnes français en provenance de France. Cette annonce s’inscrit dans un bras de fer commercial déjà tendu entre les deux alliés traditionnels.
Ce qu'il faut retenir
- Donald Trump menace la France de droits de douane à 100 % sur les vins et champagnes si la taxe sur les géants du numérique n’est pas supprimée.
- Cette taxe française vise spécifiquement les entreprises technologiques américaines, dont les revenus mondiaux dépassent 750 millions d’euros et dont plus de 25 millions proviennent de transactions en France.
- Le président américain a affirmé que la suppression de cette taxe éviterait une escalade des tensions commerciales.
- La menace porte sur l’ensemble des exportations viticoles françaises, un secteur stratégique pour l’économie nationale.
Un ultimatum commercial assorti d’une menace ciblée
Lors d’un entretien accordé au New York Post, Donald Trump a justifié sa position en insistant sur le caractère disproportionné de la taxe française. « Je lui ai demandé de ne pas taxer les entreprises américaines, et s’ils le font, je n’ai pas d’autre choix que d’imposer un droit de douane de 100 % sur tous les champagnes et tous les vins en provenance de France », a-t-il déclaré. Selon lui, la suppression de cette taxe suffirait à désamorcer la crise. « Il suffit de supprimer cette taxe sur les ventes, et il n’aurait pas ce genre de pression », a-t-il ajouté.
Cette déclaration intervient alors que les relations commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne connaissent une phase de tension depuis plusieurs mois. La Commission européenne avait déjà critiqué en 2025 les subventions américaines à certains secteurs industriels, qualifiées de distorsion de concurrence. Autant dire que ce nouvel épisode risque d’alourdir encore davantage le climat des échanges transatlantiques.
La taxe française sur les géants du numérique au cœur du conflit
Adoptée en 2023 et entrée en vigueur en 2024, la taxe française sur les services numériques impose un prélèvement de 3 % sur le chiffre d’affaires réalisé en France par les grandes entreprises technologiques. Selon les données officielles du ministère de l’Économie, cette mesure concerne actuellement une dizaine d’entreprises, principalement américaines, dont les revenus mondiaux dépassent 750 millions d’euros, avec un minimum de 25 millions d’euros de transactions en France.
Parmi les entreprises concernées figurent des géants comme Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Pour Paris, cette taxe vise à rééquilibrer la fiscalité face à des multinationales dont les activités numériques échappent en partie aux règles fiscales traditionnelles. Pour Washington, elle constitue une discrimination déguisée contre les entreprises américaines, ce qui justifierait en retour des mesures de rétorsion.
L’impact potentiel sur l’économie française
La menace de Donald Trump pèse lourdement sur un secteur clé de l’économie française : les exportations viticoles. Selon les chiffres de FranceAgriMer, les États-Unis représentent le premier marché à l’exportation pour les vins et champagnes français, avec un chiffre d’affaires annuel de près de 2 milliards d’euros. Une taxation à 100 % signifierait la fin des exportations de vins tranquilles et de champagnes vers les États-Unis, soit une perte directe estimée à plus de 1,5 milliard d’euros par an.
Côté français, l’exécutif reste ferme. « La taxe sur les géants du numérique est légale et conforme au droit international. Elle ne sera pas supprimée », a réagi un porte-parole du ministère de l’Économie. De son côté, la filière viticole française, déjà touchée par les aléas climatiques et la concurrence internationale, craint un nouveau coup dur. « Nous sommes en première ligne. Une telle mesure aurait des conséquences dramatiques pour nos entreprises et nos emplois », a souligné le président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux.
Un contexte international déjà fragilisé
Cette crise survient alors que les relations transatlantiques sont déjà mises à l’épreuve par d’autres dossiers, comme les subventions américaines à l’industrie verte ou les restrictions européennes sur certains produits technologiques. Selon les analystes, l’escalade actuelle pourrait avoir des répercussions bien au-delà des seuls secteurs du numérique et du vin. « Si Washington et Paris ne trouvent pas d’accord rapidement, le risque est une généralisation des tensions commerciales entre l’UE et les États-Unis », estime un économiste spécialisé dans les relations internationales.
En attendant, les professionnels français du vin suivent la situation avec une attention particulière. « Nos clients américains sont très inquiets. Certains nous demandent déjà des alternatives pour écouler nos stocks », confie un négociant bordelais sous couvert d’anonymat. Une chose est sûre : dans cette affaire, l’enjeu dépasse largement le cadre d’une simple querelle commerciale.
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La balle est désormais dans le camp des deux gouvernements. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si cette menace de droits de douane à 100 % se concrétisera ou si une issue diplomatique sera trouvée.
Les vins et champagnes représentent l’un des secteurs les plus exportateurs de France vers les États-Unis. Avec près de 2 milliards d’euros de ventes annuelles, ils sont un levier de pression économique majeur pour Washington, qui cherche à faire plier Paris sur la taxe numérique. Les vins tranquilles et les champagnes sont également des produits emblématiques, facilement identifiables par les consommateurs américains, ce qui en fait une cible symbolique et efficace.