Alors que les championnats d’Europe de tir à l’arc s’ouvrent aujourd’hui à Antalya, en Turquie, la France aborde cette compétition avec un double objectif : défendre ses titres acquis en 2023 et préparer, dès à présent, la route vers les Jeux de Los Angeles en 2028. Selon RMC Sport, l’équipe de France, double championne d’Europe en titre chez les hommes comme chez les femmes, mise sur une confirmation de son statut européen tout en gérant une transition générationnelle. Parmi les figures de proue de cette équipe, Lisa Barbelin, 26 ans, revient sur l’impact des Jeux de Paris 2024, son parcours depuis deux ans et ses ambitions pour l’avenir.
Ce qu'il faut retenir
- Les championnats d’Europe de tir à l’arc se déroulent du 19 au 24 mai 2026 à Antalya, en Turquie, selon RMC Sport.
- L’équipe de France féminine, championne d’Europe en 2023, a vu son effectif se rajeunir après Paris 2024, avec l’arrivée de jeunes archères moins lestées par le poids des médailles.
- Lisa Barbelin, médaillée de bronze olympique et championne d’Europe en 2021, souligne que les Jeux de Paris ont « alourdi ses ailes » avant de trouver un nouvel équilibre mental.
- Les championnats d’Europe 2026 sont également qualificatifs pour les Jeux européens 2027, eux-mêmes porteurs de quotas pour Los Angeles 2028.
- Barbelin se positionne comme une outsider sur la scène internationale, avec l’ambition de monter sur un podium individuel.
Antalya 2026 : un enjeu double pour les Bleus
Pour les archers français, ces championnats d’Europe ne se limitent pas à une compétition continentale. Comme l’explique Lisa Barbelin à RMC Sport, ils représentent une étape clé dans la qualification pour les Jeux européens de 2027, eux-mêmes décisifs pour les quotas olympiques de Los Angeles 2028. « Ce sont des championnats d’Europe, donc déjà, il y a un titre à la clé. J’espère qu’on ira le chercher par équipes et aussi à titre individuel », déclare-t-elle. La jeune femme, qui avait remporté l’or européen en 2021 sur le même site, insiste sur l’importance de ces Jeux pour l’équipe de France, déjà tournée vers la préparation de 2028.
Chez les hommes, la France affiche clairement ses ambitions : « La France, chez les garçons, est clairement au niveau de remporter le titre », affirme Barbelin. Côté féminin, malgré une légère baisse de niveau en 2025, les Bleues restent parmi les cinq meilleures nations européennes et visent toujours le podium. « On est facilement dans les cinq premières nations et on peut largement être dans les trois premières », ajoute-t-elle.
Lisa Barbelin : de l’ombre de Paris 2024 à la lumière de Los Angeles
Deux ans après avoir décroché la médaille de bronze lors des Jeux de Paris, Lisa Barbelin évoque une période de transition difficile. « Jusqu’à présent, [les Jeux de Paris] m’ont pénalisée. Ça a alourdi mes ailes. J’avais une sorte de chape de plomb que je m’étais mise toute seule après 2024, avec cette nécessité de réussir à chaque fois », confie-t-elle. Pour la première fois, la jeune femme de 26 ans avoue avoir trouvé un nouvel équilibre grâce à un accompagnement psychologique adapté et à une meilleure compréhension de ses propres limites. « Aujourd’hui, je me libère de tous ces boulets. Je prends vraiment conscience de ce que j’ai fait et du fait que ça peut me donner une confiance extraordinaire », souligne-t-elle.
Barbelin reconnaît que l’évacuation des Jeux de Paris a été « très difficile et très longue ». Elle explique avoir changé de psychologue pour trouver un interlocuteur plus à même de comprendre ses défis. « Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’elle comprend vraiment tout ce que je lui dis et qu’on fait un vrai travail conjoint à trois avec mon entraîneur. Cette bulle de confiance que j’ai créée, elle m’aide vraiment », précise-t-elle. Une évolution qui lui permet aujourd’hui de se projeter vers l’avenir avec plus de sérénité, malgré les défis à venir.
Un rôle de mentor pour les nouvelles générations
Avec son expérience et son titre olympique, Lisa Barbelin incarne désormais un rôle de « maman » au sein de l’équipe de France, comme elle le reconnaît avec humour. « La maman, à 26 ans. Je trouve ça chouette », déclare-t-elle. Son rôle ? Être un soutien pour les plus jeunes, comme les nouvelles recrues de l’équipe féminine, qui apportent une « fraîcheur de dingue ». « Elles n’ont pas le poids des médailles derrière elles. Et ça, c’est un cadeau du ciel ! », explique-t-elle. Barbelin assume pleinement cette transition générationnelle, tout en se mettant en retrait quand nécessaire pour laisser ses coéquipières tracer leur propre chemin. « Mon rôle, c’est de les porter, mais aussi de les laisser faire leur chemin. De me mettre en retrait parfois quand elles sont peut-être en train de faire une bêtise. Moi, je l’ai faite et il faut qu’elles la fassent pour s’en rendre compte, pour que ça les fasse grandir encore plus », confie-t-elle.
Ce rajeunissement de l’équipe féminine n’est pas un hasard. Après les Jeux de Paris, la fédération a fait le choix de miser sur de nouvelles talents pour insuffler un dynamisme renouvelé. Barbelin, consciente de son statut d’ancienne, voit dans cette évolution une opportunité pour l’équipe. « Des filles qui n’ont pas forcément l’expérience apportent une fraîcheur de dingue à l’équipe », souligne-t-elle.
Côté mental, Barbelin mise sur son expérience pour accompagner les jeunes archères, tout en continuant à progresser elle-même. « Il suffit d’arrêter de se poser mille questions et de foncer », résume-t-elle. Une philosophie qui pourrait bien s’appliquer à toute l’équipe dans les mois à venir.
Les championnats d’Europe 2026 servent de qualification pour les Jeux européens de 2027, lesquels attribuent des quotas pour les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Selon Lisa Barbelin, ces compétitions sont donc une étape cruciale pour l’équipe de France, qui doit à la fois défendre ses titres et se préparer à long terme.
Lisa Barbelin a évoqué une période difficile après les Jeux de Paris, où elle a ressenti un « poids » lié à la nécessité de performer. Elle a trouvé un nouvel équilibre grâce à un accompagnement psychologique adapté et une meilleure compréhension de ses limites. Aujourd’hui, elle se dit libérée et plus confiante pour aborder les prochaines échéances.