Le parquet de Paris a annoncé, ce lundi 18 mai 2026, que les six personnes interpellées vendredi pour avoir déployé un drapeau palestinien au premier étage de la tour Eiffel seraient poursuivies pour « intrusion dans un lieu historique », une infraction passible d’une contravention de 5e classe. Selon Le Figaro, aucune mise en danger n’ayant été caractérisée par les autorités, le ministère public a retenu cette seule infraction, formalisée par ordonnance pénale.

Cette décision intervient après un incident survenu vendredi peu avant 17 heures, lorsque des agents de police ont été appelés pour des individus ayant hissé un drapeau palestinien de quatre mètres sur trois sur l’emblématique monument parisien. Les militants, montés sur le toit du restaurant « Madame » situé au premier étage de la tour, ont justifié leur action en ces termes : « Il n’y a pas de lutte écologique possible si nous, humanité, ne sommes pas capables de lutter contre l’abomination des massacres en cours à Gaza », a revendiqué sur X le mouvement Extinction Rebellion.

Ce qu'il faut retenir

  • Six personnes interpellées vendredi 16 mai 2026 pour avoir déployé un drapeau palestinien au premier étage de la tour Eiffel
  • Poursuites engagées pour « intrusion dans un lieu historique », une contravention de 5e classe passible de 1 500 euros d’amende, voire 3 000 euros en cas de récidive
  • Aucune mise en danger n’a été retenue par le parquet, qui a opté pour une ordonnance pénale
  • L’action a été revendiquée par Extinction Rebellion, dénonçant les « massacres à Gaza »
  • La députée européenne LFI Rima Hassan a apporté son soutien aux militants, comparant leur situation à celle de l’ex-maire de Paris Anne Hidalgo

Une infraction mineure pour un acte symbolique

Le parquet de Paris a précisé que les six militants ne seront pas poursuivis pour une infraction pénale lourde, mais bien pour une simple contravention. « Aucune mise en danger n’ayant été caractérisée, seule l’infraction d’intrusion dans un lieu historique ou culturel a été retenue à leur encontre, par ordonnance pénale », a indiqué le ministère public à l’AFP. Cette qualification juridique correspond à une contravention de 5e classe, dont le montant maximal s’élève à 1 500 euros, un plafond qui peut être doublé en cas de récidive.

L’incident s’est produit alors que les manifestants avaient accédé au toit du restaurant « Madame », situé au premier étage de la tour Eiffel. Leur action, bien que brève, a mobilisé les forces de l’ordre, qui ont interpellé les six individus après leur descente du monument. Selon les informations rapportées par Le Figaro, aucune dégradation matérielle ni perturbation majeure n’a été signalée, ce qui a permis au parquet d’écarter les poursuites pour mise en danger ou dégradation de bien public.

Des soutiens politiques et des critiques sur la répression

La députée européenne Rima Hassan (LFI) a apporté son soutien aux militants en publiant un message sur X. « Hidalgo n’a pas eu de GAV pour avoir éclairé la tour Eiffel aux couleurs du drapeau israélien », a-t-elle écrit, rappelant que l’ex-maire de Paris Anne Hidalgo avait illuminé la tour aux couleurs d’Israël le 9 octobre 2023, en hommage aux victimes des attaques du Hamas deux jours plus tôt. Cette comparaison a été reprise par les défenseurs des militants, qui dénoncent une application inégale de la loi selon le contexte politique.

L’avocat des six personnes interpellées, Me Mohamed Jaite, a vivement critiqué la décision du parquet. « Le parquet s’acharne désormais à poursuivre ces militants pour de simples contraventions, mobilisant l’appareil répressif contre des citoyens engagés pendant que les responsables du génocide restent, eux, épargnés », a-t-il déclaré à l’AFP. Il a également dénoncé les conditions de leur garde à vue, qualifiées d’« indignes », ainsi que sa prolongation jugée « sans réelle nécessité procédurale » et « ressemblant davantage à une punition déguisée ».

Un contexte international tendu

L’action des militants s’inscrit dans un contexte international marqué par la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, déclenchée par les attaques du 7 octobre 2023. Depuis plus de deux ans et demi, le conflit a provoqué une vague de mobilisations dans plusieurs pays européens, souvent marquées par des prises de position radicales sur la question palestinienne. À Paris, comme dans d’autres capitales, des militants ont multiplié les actions symboliques, parfois illégales, pour attirer l’attention sur la situation humanitaire à Gaza.

Des incidents similaires ont déjà eu lieu en Europe, notamment au Royaume-Uni où, selon Le Figaro, plus de 500 manifestants soutenant le groupe Palestine Action ont été arrêtés depuis le début du conflit. En France, les autorités ont généralement adopté une position ferme face à ces actions, privilégiant les poursuites pour des infractions mineures plutôt que des chefs d’accusation plus graves. Cette stratégie vise à éviter une escalade des tensions tout en maintenant un cadre légal strict.

Et maintenant ?

Les six militants devraient être convoqués dans les prochaines semaines pour répondre de l’accusation d’intrusion dans un lieu historique. Leur avocat a indiqué qu’il étudiait la possibilité de contester la qualification des faits, tandis que les associations de défense des libertés civiles pourraient se saisir de l’affaire pour dénoncer une répression ciblée. La tour Eiffel, symbole de la capitale française, reste un lieu régulièrement investi par des militants pour des actions d’éclat, ce qui pourrait inciter les autorités à renforcer les mesures de sécurité à l’avenir.

La question de l’équilibre entre liberté d’expression et respect des lieux publics devrait continuer à alimenter le débat, d’autant que le conflit israélo-palestinien reste un sujet hautement inflammable dans l’espace public et politique.

Le parquet de Paris a estimé qu’aucune mise en danger n’avait été caractérisée lors de l’action des six militants. Aucune dégradation matérielle n’a été signalée, et leur action, bien que symbolique, n’a pas perturbé le fonctionnement du monument. C’est pourquoi ils ne sont poursuivis que pour « intrusion dans un lieu historique », une contravention de 5e classe.

Les six personnes interpellées devraient être convoquées dans les prochaines semaines pour répondre de l’accusation portée contre eux. Leur avocat, Me Mohamed Jaite, a indiqué qu’il étudiait la possibilité de contester la qualification des faits. Une audience pourrait être organisée pour trancher l’affaire.