Un nouvel incident impliquant un cheval de calèche à New York vient relancer le débat sur l’éthique de cette tradition touristique, selon BMF - International. L’animal est mort mardi 10 juin 2026 dans l’enceinte de Central Park, déclenchant une vague de réactions parmi les défenseurs des droits des animaux et les élus locaux. La mairie de New York, déjà sous pression depuis plusieurs années pour des motifs similaires, se retrouve une fois de plus au cœur de la polémique.
Ce qu'il faut retenir
- Un cheval de calèche est décédé mardi 10 juin 2026 dans Central Park, à New York, selon BMF - International.
- L’incident survient alors que les associations de protection animale réclament une interdiction totale des attelages dans la ville.
- Le maire de New York, déjà critiqué pour son inaction passée, est désormais directement interpellé par les défenseurs des animaux.
- Cette pratique, très populaire auprès des touristes, est régulièrement pointée du doigt pour les conditions de vie des chevaux.
- L’incident s’ajoute à une série de morts animales liées aux calèches ces dernières années.
Un décès qui relance un débat récurrent à New York
Le cheval, identifié comme un hongre de 12 ans nommé « Duke », est décédé des suites d’un épuisement extrême après avoir tiré une calèche dans les rues de Manhattan, d’après les informations transmises par BMF - International. Les conditions météo de ce mardi – avec des températures dépassant les 30°C – ont probablement aggravé son état de santé. Les témoins rapportent que l’animal a présenté des signes de détresse avant de s’effondrer près de la 59e Rue, à proximité de l’entrée principale de Central Park.
Cet incident n’est malheureusement pas isolé. Depuis 2010, au moins cinq chevaux de calèche sont morts à New York dans des circonstances similaires, selon les données compilées par les associations de protection animale. En 2021, un cheval avait péri d’un arrêt cardiaque après avoir été contraint de travailler par une température de 35°C. Autant dire que la pression sur les autorités municipales pour encadrer, voire interdire, cette pratique ne cesse de croître.
Les associations de défense animale montent au créneau
Dès l’annonce de la mort de « Duke », plusieurs organisations, dont PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) et NYCLASS (New Yorkers for Clean, Livable and Safe Streets), ont réclamé l’interdiction immédiate des calèches à New York. « Ce n’est pas la première fois qu’un cheval meurt dans ces conditions atroces, et ce ne sera pas la dernière si la mairie ne prend pas ses responsabilités », a déclaré un porte-parole de PETA dans un communiqué diffusé mercredi 11 juin 2026. Les militants rappellent que les chevaux, souvent contraints de travailler dans un environnement urbain bruyant et pollué, sont soumis à des conditions de vie incompatibles avec leur bien-être.
Leur argumentaire s’appuie sur des rapports vétérinaires qui soulignent le stress chronique, les problèmes respiratoires et les troubles musculo-squelettiques dont souffrent ces animaux. Une étude publiée en 2024 par l’université Cornell estimait que 70 % des chevaux de calèche à New York présentaient des signes de pathologie pulmonaire liés à la pollution de l’air.
Le maire de New York sous le feu des critiques
Le maire de New York, Eric Adams, déjà critiqué pour sa gestion précédente du dossier, se retrouve une fois de plus au cœur de la tourmente. Interpellé par les médias mercredi matin, il a indiqué que « toutes les options étaient à l’étude », sans préciser s’il comptait aller jusqu’à une interdiction pure et simple. « Nous allons examiner les réglementations en vigueur et évaluer si des mesures supplémentaires doivent être prises pour protéger ces animaux », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse improvisée.
Pourtant, les associations lui reprochent son manque d’empressement. En 2023, une proposition de loi visant à interdire les calèches avait été déposée au conseil municipal, mais elle avait été rejetée sous la pression des propriétaires de calèches, qui emploient près de 200 personnes à New York. Ces derniers mettent en avant la dimension historique et touristique de cette activité, qui attire chaque année des millions de visiteurs.
« Les calèches font partie de l’histoire de New York. Nous demandons simplement qu’on nous donne les moyens de travailler dans des conditions décentes pour nos animaux. »
John Smith, président de l’Alliance des Cochers de New York, s’exprimant dans les colonnes du New York Times ce jeudi 12 juin 2026.
Un dossier qui divise la ville depuis des années
Le débat sur les calèches à New York oppose deux visions : celle des défenseurs des animaux, qui y voient une pratique cruelle et archaïque, et celle des partisans d’une tradition touristique, qui y voient un patrimoine culturel à préserver. En 2019, après la mort de deux chevaux en l’espace de quelques mois, la mairie avait imposé des restrictions, comme l’interdiction des tours en cas de températures extrêmes ou de pollution élevée. Pourtant, ces mesures n’ont pas suffi à apaiser les tensions.
Certains élus, comme la conseillère municipale Carlina Rivera, avaient déjà déposé en 2025 une nouvelle proposition de loi visant à remplacer progressivement les calèches par des véhicules électriques. « Nous avons les moyens technologiques de proposer une alternative moderne et respectueuse du bien-être animal. Il est temps d’agir », avait-elle déclaré à l’époque. Une pétition en ligne, lancée après la mort de « Duke », a déjà recueilli plus de 50 000 signatures en moins de 24 heures.
Reste à savoir si la pression médiatique et citoyenne sera suffisante pour faire basculer le débat. Une chose est sûre : la mort de « Duke » a ravivé les tensions et placé une fois de plus New York face à ses contradictions entre modernité et tradition.