Un collectif regroupant des écrivains, des élus et des scientifiques, dont le sénateur Alexandre Basquin et les écrivains Annie Ernaux et Abel Quentin, a publié une tribune dans le Monde pour dénoncer le développement accéléré des mégacentres de données et appeler au boycott des intelligences artificielles génératives dites « grand public ».
Ce qu'il faut retenir
- Un collectif d'intellectuels et d'élus, incluant Annie Ernaux et Abel Quentin, dénonce les mégacentres de données et l'IA générative grand public.
- Le sénateur Alexandre Basquin fait partie des signataires de la tribune publiée dans le Monde.
- Les auteurs appellent à un boycott des outils d'IA générative accessibles au grand public.
- La tribune critique un « projet de société fondé sur la marginalisation de l’être humain et la destruction de notre milieu de vie ».
Une tribune collective contre les dérives de l'IA
Dans une tribune publiée par le Monde ce jeudi 18 juin 2026, un collectif hétéroclite composé d’écrivains, d’élus locaux et nationaux, ainsi que de scientifiques, a choisi de tirer la sonnette d’alarme sur les conséquences du développement des mégacentres de données et des outils d’intelligence artificielle générative. Parmi les personnalités signataires figurent Annie Ernaux, prix Nobel de littérature, Abel Quentin, auteur reconnu, ainsi que le sénateur Alexandre Basquin, connu pour ses prises de position sur les enjeux technologiques et environnementaux.
Une critique radicale du modèle actuel
Les auteurs de la tribune ne mâchent pas leurs mots : ils qualifient le modèle économique et technologique actuel de « projet de société fondé sur la marginalisation de l’être humain et la destruction de notre milieu de vie ». Pour eux, les mégacentres de données, ces immenses infrastructures nécessaires au fonctionnement des IA génératives, représentent une menace à la fois écologique et sociale. «
Nous condamnons un système qui sacrifie l’humain sur l’autel d’une logique productiviste et consumériste», peut-on lire dans le texte. La consommation énergétique colossale de ces infrastructures, souvent pointée du doigt, est au cœur de leurs préoccupations.
Un appel au boycott des outils d'IA grand public
Au-delà de la dénonciation, le collectif va plus loin en appelant explicitement au boycott des outils d’intelligence artificielle générative accessibles au grand public. Pour les signataires, ces technologies, popularisées par des acteurs comme les géants américains du numérique, contribuent à renforcer les inégalités et à accélérer la dégradation environnementale. « Ces outils ne sont pas neutres, ils sont conçus pour servir des intérêts privés et non l’intérêt général », a déclaré Alexandre Basquin, interrogé par le Monde. Le sénateur a également souligné l’urgence d’une régulation plus stricte, voire d’un moratoire sur certains usages.
Un contexte marqué par l'accélération technologique
Cette tribune intervient alors que le débat sur l’intelligence artificielle et ses impacts sociétaux s’intensifie en France et en Europe. Plusieurs rapports officiels, dont celui de la Commission européenne sur l’IA « à haut risque », ont récemment mis en lumière les risques liés à l’utilisation massive de ces technologies. Par ailleurs, la France compte déjà plusieurs mégacentres de données, notamment en Île-de-France et dans le Grand Est, où des projets d’extension sont régulièrement annoncés. Autant dire que les signataires s’inscrivent dans un mouvement plus large de remise en question des modèles technologiques dominants.
Enfin, cette prise de position collective interroge sur l’avenir de la recherche et de l’innovation en France. Alors que le gouvernement mise sur le développement de l’IA pour renforcer la compétitivité du pays, des voix s’élèvent pour rappeler que ces technologies ne doivent pas se faire au détriment des citoyens et de l’environnement. Une équation qui promet de rester au cœur des débats politiques et sociétaux dans les mois à venir.