Un collectif de personnalités originaires d’Afrique a adressé une lettre ouverte au président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, lui demandant l’instauration d’un moratoire sur les arrestations et les peines liées à l’homosexualité. Selon Libération, cette initiative vise à apaiser les tensions croissantes dans le pays où la répression contre les personnes LGBT+ s’intensifie ces dernières semaines.

Ce qu'il faut retenir

  • Un collectif de personnalités africaines interpelle Bassirou Diomaye Faye via une lettre ouverte publiée dans Libération
  • La demande porte sur l’instauration d’un moratoire sur les arrestations et l’application des peines contre les personnes LGBT+ au Sénégal
  • Cette initiative intervient dans un contexte de montée des violences et des discriminations envers la communauté LGBT+ dans le pays
  • Le collectif dénonce un climat de haine incompatible avec les valeurs panafricaines de gauche, selon Libération

Dans cette lettre, les signataires, tous originaires d’Afrique, soulignent que la répression actuelle contre les personnes homosexuelles « est en contradiction avec le panafricanisme de gauche ». Ils appellent le chef de l’État à prendre des mesures immédiates pour mettre fin à ce qu’ils qualifient de « climat de haine et de violence ». Selon Libération, le collectif s’appuie sur les principes d’égalité et de justice sociale, valeurs traditionnellement portées par les mouvements panafricains progressistes.

Les tensions autour des droits des personnes LGBT+ au Sénégal ne sont pas nouvelles, mais elles se sont récemment aggravées. Plusieurs associations locales et internationales ont déjà alerté sur la recrudescence des violences et des arrestations arbitraires. « La situation est alarmante, car elle met en péril les droits fondamentaux de milliers de personnes », a indiqué l’un des signataires, cité par Libération. Le collectif rappelle que le Sénégal applique actuellement une législation répressive, héritée de l’époque coloniale, qui criminalise les relations entre personnes de même sexe.

« Ce climat de haine et de violence contre les homosexuels est en contradiction avec le panafricanisme de gauche, qui prône l’unité, la justice et la dignité pour tous. »

— Extrait de la lettre ouverte à Bassirou Diomaye Faye, selon Libération

La lettre ouverte s’inscrit dans un débat plus large sur l’évolution des droits LGBT+ en Afrique. Plusieurs pays du continent, comme l’Ouganda ou le Ghana, ont durci leur législation ces dernières années, tandis que d’autres, comme l’Angola ou le Botswana, ont récemment dépénalisé l’homosexualité. Le Sénégal, quant à lui, reste un pays où l’homophobie est profondément ancrée, tant dans la société que dans les institutions. « Le président Faye a l’opportunité de montrer que le Sénégal peut évoluer vers plus de tolérance », a déclaré un autre signataire.

Pour l’heure, aucune réponse officielle du palais présidentiel n’a été communiquée. Cependant, cette initiative pourrait relancer le débat sur la dépénalisation des relations homosexuelles au Sénégal. Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, ont déjà salué cette démarche et appelé les autorités à agir. « Un moratoire serait un premier pas vers la reconnaissance des droits des personnes LGBT+, a précisé un porte-parole d’Amnesty International à Libération.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une intensification des mobilisations, tant au niveau national qu’international. Une réponse du président Faye est attendue dans les prochains jours, mais il reste à voir si elle prendra la forme d’un engagement concret ou d’un simple rejet de la demande. Par ailleurs, d’autres collectifs pourraient s’emparer de cette question pour faire pression sur les autorités.

Dans l’immédiat, la communauté LGBT+ sénégalaise reste sous haute tension, tandis que les associations locales appellent à une mobilisation pacifique pour faire entendre leurs revendications. « L’espoir est permis, mais la vigilance reste de mise », a conclu un militant cité par Libération.

Au Sénégal, l’homosexualité est criminalisée par le code pénal hérité de la colonisation française. Les articles 319 à 321 prévoient des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison pour les relations entre personnes de même sexe. Cette législation est régulièrement utilisée pour justifier des arrestations arbitraires, selon les associations de défense des droits humains.