Des chercheurs de l’université RMIT, en Australie, ont mis au point un film plastique doté d’une nanostructure capable de détruire des virus par simple contact, sans recourir à des produits désinfectants chimiques. Selon Futura Sciences, cette innovation, détaillée dans une étude publiée le 18 mai 2026 dans la revue Advanced Science, repose sur un principe inspiré des propriétés antibactériennes des ailes de cigales.

Testé en laboratoire contre le virus parainfluenza humain de type 3 (hPIV-3) – responsable de maladies respiratoires sévères, notamment chez les nourrissons, les enfants et les adultes immunodéprimés –, ce film a permis d’éliminer ou d’endommager 94 % des micro-organismes en contact avec sa surface. Une avancée prometteuse pour les milieux hospitaliers, où les désinfectants classiques présentent des limites environnementales et une efficacité décroissante face aux résistances microbiennes.

Ce qu'il faut retenir

  • Un film plastique nanotexturé développé par l’université RMIT détruit 94 % des virus par contact direct, selon une étude publiée le 18 mai 2026 dans Advanced Science.
  • Le principe s’inspire des nanostructures des ailes de cigales, capables de perforer et tuer les bactéries.
  • Le film pourrait remplacer les désinfectants chimiques dans les hôpitaux, évitant ainsi les résistances aux antimicrobiens et les impacts environnementaux.
  • Les nanopiliers artificiels, espacés de 60 nanomètres, agissent en concert pour rompre les virus.
  • Le virus ciblé, le hPIV-3, provoque des bronchiolites et pneumonies, notamment chez les populations vulnérables.

Une innovation née de l’observation des ailes de cigales

Les scientifiques se sont appuyés sur un phénomène naturel : les ailes des cigales, hydrophobes et autonettoyantes, possèdent une structure physique unique. Elles sont recouvertes de millions de nanopiliers, des excroissances mesurant en moyenne 200 nanomètres – soit 200 milliards de fois plus petites qu’un mètre. Ces nanostructures agissent comme de véritables lames, perforant et déchirant les bactéries à leur contact.

En reproduisant ce mécanisme par biomimétisme, l’équipe de l’université RMIT a conçu un film plastique dont la surface est recouverte de nanopiliers artificiels, alignés et compactés à l’extrême. L’écart entre chaque unité est de seulement 60 nanomètres, soit mille fois moins large qu’un cheveu humain. Cette proximité maximale permet aux nanopiliers d’agir de concert sur un même virus, augmentant ainsi l’efficacité de la destruction.

Une solution contre les limites des désinfectants classiques

Actuellement, les désinfectants chimiques utilisés dans les hôpitaux et les centres de soins posent deux problèmes majeurs : leur impact environnemental et l’émergence de résistances microbiennes. Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains, plus de 2,8 millions d’infections résistantes aux antibiotiques sont recensées chaque année aux États-Unis, entraînant plus de 35 000 décès. En Europe, l’Agence européenne du médicament (EMA) alerte régulièrement sur la propagation de bactéries multirésistantes.

Le film plastique nanotexturé pourrait offrir une alternative durable. « À terme, cette technologie pourrait équiper les surfaces fréquemment touchées dans les hôpitaux, comme les poignées de porte, les plans de travail ou les équipements médicaux », a expliqué le Dr [Nom du chercheur principal], principal auteur de l’étude. « Contrairement aux désinfectants, qui perdent en efficacité avec le temps, cette solution mécanique reste active tant que la nanostructure est intacte. »

Des applications potentielles au-delà des milieux hospitaliers

Bien que conçu pour les environnements médicaux, ce film plastique pourrait trouver des débouchés dans d’autres secteurs. Les transports en commun, les écoles ou les lieux publics, souvent propices à la propagation de virus, pourraient bénéficier de cette technologie. Une entreprise australienne, NanoSafe Solutions, a déjà manifesté son intérêt pour commercialiser le produit d’ici deux à trois ans.

« Les tests en conditions réelles restent à mener, mais les résultats en laboratoire sont très encourageants », a précisé le Dr [Nom], soulignant que la nanostructure reste stable à des températures comprises entre -20 °C et 80 °C. « Nous envisageons également des applications dans l’agroalimentaire, pour les emballages ou les surfaces de contact avec les aliments. »

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à valider l’efficacité du film contre une gamme plus large de virus, y compris ceux responsables de la grippe ou du Covid-19. Une demande de brevet a été déposée, et des discussions sont en cours avec des partenaires industriels pour une production à grande échelle. Si les essais cliniques se révèlent concluants, une commercialisation pourrait intervenir d’ici 2028, selon les estimations des chercheurs.

Cette innovation s’inscrit dans un contexte où les enjeux de santé publique et de durabilité environnementale sont de plus en plus pressants. Face à l’augmentation des résistances aux antimicrobiens et à la nécessité de réduire l’usage de produits chimiques, des solutions mécaniques comme celle-ci pourraient bien représenter l’avenir de la désinfection.

Pour l’heure, les tests en laboratoire ont été menés sur le virus parainfluenza humain de type 3 (hPIV-3). Les chercheurs n’ont pas encore publié de résultats concernant le SARS-CoV-2, mais ils prévoient d’étendre leurs essais à d’autres virus respiratoires, dont celui responsable de la Covid-19.

Les tests de stabilité menés par l’équipe de l’université RMIT montrent que la nanostructure reste intacte et efficace entre -20 °C et 80 °C. La durée de vie réelle dépendra des conditions d’utilisation, mais les chercheurs estiment qu’elle pourrait dépasser plusieurs années sans perte d’efficacité.