Un développeur sous le pseudonyme krauseler a réussi à intégrer un ordinateur fonctionnel dans une carte de la taille d’une carte bancaire, selon Numerama. Baptisé Muxcard, ce prototype inédit respecte le format ISO/IEC 7810 ID-1, à seulement 0,24 mm près sur l’épaisseur. L’objectif ? Proposer une informatique discrète et ultra-compacte, intégrée dans des objets du quotidien comme un portefeuille.

Pour donner une idée de la prouesse technique, krauseler a découpé une vieille carte NFC en plastique afin de servir de châssis à son prototype. Sous la coque de ce qui ressemble à une carte bancaire classique se cachent plusieurs composants : un microcontrôleur ESP32-C3 (compatible Wi-Fi et Bluetooth, doté de 320 Ko de SRAM), un écran e-paper flexible de 1,54 pouce en 200×200 pixels, un module NFC RC522 capable de lire et d’écrire des données, un accéléromètre, et une batterie LiPo de 30 mAh. L’ensemble fonctionne en autonomie complète, sans aucun composant externe.

Ce qu'il faut retenir

  • Prototype : Un ordinateur complet intégré dans une carte de 1 mm d’épaisseur, conforme au format d’une carte bancaire.
  • Composants clés : Microcontrôleur ESP32-C3, écran e-paper flexible, module NFC, accéléromètre et batterie de 30 mAh.
  • Autonomie : La carte fonctionne sans recharge externe grâce à une consommation minimale de l’écran e-paper et une activation uniquement lorsqu’elle est sollicitée.
  • Open source : Le projet est entièrement documenté, avec les fichiers de conception et le firmware disponibles en ligne sous licence non commerciale.
  • Usages envisagés : Porte-clés 2FA hors ligne, tableau de bord domotique minimaliste, porte-monnaie de QR codes ou carte de visite numérique.
  • Limitations : Le prototype reste fragile et nécessite encore des améliorations comme l’ajout d’un port USB-C ou de boutons capacitifs.

Un défi technique ambitieux

Le créateur du projet, krauseler, a passé plusieurs mois à optimiser chaque composant pour respecter l’épaisseur d’une carte bancaire. Chaque millimètre compte : il a dû tester des circuits imprimés flexibles et concevoir une structure interne capable de résister aux flexions quotidiennes d’un portefeuille. « J’ai rabouté chaque fraction de millimètre pour y parvenir », explique-t-il. Pourtant, malgré cette ingéniosité, le prototype reste fragile. Krauseler en est conscient et admet que des éléments comme le port USB-C ou les boutons capacitifs n’ont pas encore été intégrés.

L’écran e-paper joue un rôle central dans cette conception. Contrairement aux écrans classiques, il ne consomme presque rien tant qu’il n’affiche pas de nouvelles données. Cela permet à la carte de fonctionner en autonomie avec une batterie de la taille d’un timbre. Le module NFC, quant à lui, permet des interactions sans contact, comme la lecture ou l’écriture de données. Enfin, le microcontrôleur ESP32-C3, bien que modeste en termes de puissance, offre suffisamment de capacités pour des usages spécifiques et peu gourmands en ressources.

Une alternative aux objets connectés traditionnels

La Muxcard ne vise pas à remplacer un smartphone ou un Raspberry Pi, mais à proposer une solution minimaliste pour des usages ciblés. Krauseler insiste sur le fait que son projet n’est pas un produit commercial, mais un prototype open source destiné à inspirer les développeurs. Les fichiers de conception et le firmware sont disponibles en ligne, permettant à quiconque de reproduire ou d’améliorer le concept. « Ce n’est pas une promesse marketing vide de sens, mais une démonstration technique concrète », souligne-t-il.

Parmi les applications envisagées, on trouve un porte-clés 2FA (double authentification) fonctionnant hors ligne, un tableau de bord domotique simplifié pour contrôler des appareils connectés, ou encore un porte-monnaie numérique stockant des QR codes pour des billets ou des abonnements. Krauseler évoque même l’idée d’une carte de visite interactive, intégrant toutes les informations professionnelles d’une personne. Autant dire que les possibilités sont vastes, même si elles restent limitées par la puissance de calcul et la taille de l’écran.

Un héritage des pionniers de l’informatique basse consommation

L’idée d’une carte intelligente n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans la lignée des projets comme le Raspberry Pi, qui a popularisé l’informatique abordable et modulaire. Cependant, la Muxcard se distingue par sa philosophie : un objet ultra-compact, intégré dans un format standardisé et conçu pour une consommation énergétique minimale. Krauseler s’inspire directement des pionniers de l’informatique basse consommation et des usages de niche, où chaque milliwatt compte.

Contrairement aux solutions proposées par les grandes marques de la tech, souvent coûteuses et fermées, la Muxcard mise sur la transparence et l’accessibilité. Le code et les plans sont ouverts, permettant à la communauté de contribuer à son évolution. Cette approche rappelle celle des premiers micro-ordinateurs, où les utilisateurs pouvaient modifier et adapter leur matériel selon leurs besoins. Reste à voir si ce modèle inspirera d’autres développeurs à explorer des concepts similaires.

Et maintenant ?

Pour l’instant, la Muxcard reste un prototype expérimental. Krauseler a partagé sa roadmap, qui inclut l’ajout d’un port USB-C, d’un lecteur microSD et de boutons capacitifs pour une meilleure interactivité. Si ces améliorations sont mises en œuvre, le projet pourrait gagner en robustesse et en fonctionnalités. Pour autant, aucune commercialisation n’est prévue : la Muxcard restera un outil de démonstration technique et une source d’inspiration pour les passionnés d’électronique.

Dans les mois à venir, il sera intéressant de suivre les retours de la communauté open source. Des contributeurs pourraient proposer des variantes ou des améliorations, notamment pour étendre les capacités de la carte ou optimiser encore sa consommation énergétique. Une chose est sûre : ce projet montre que l’informatique discrète et intégrée n’est plus une utopie, mais une réalité à portée de main.

Pour les observateurs de l’innovation technologique, la Muxcard rappelle que les avancées ne passent pas toujours par des géants du secteur. Parfois, ce sont des développeurs indépendants, armés de patience et de créativité, qui repoussent les limites du possible. Reste à savoir si cette approche inspirera d’autres projets similaires dans un avenir proche.

Non. Le microcontrôleur ESP32-C3 dispose de 320 Ko de SRAM, une capacité insuffisante pour faire tourner des applications gourmandes comme un système d’exploitation mobile ou un modèle d’IA. La carte est conçue pour des tâches spécifiques et peu exigeantes, comme l’affichage d’informations statiques ou la gestion de communications NFC.

Non. Krauseler a précisé que la Muxcard n’est pas conçue pour être vendue. Il s’agit d’un prototype open source, destiné à inspirer les développeurs et à explorer les possibilités de l’informatique ultra-compacte. Aucune commercialisation n’est prévue pour l’instant.