Une enquête Ipsos bva publiée en mai 2026 dresse un état des lieux inédit des usages de l’intelligence artificielle chez les 11-25 ans. Selon les résultats, les jeunes générations ne se contentent plus de solliciter les outils d’IA pour des tâches scolaires, mais y ont également recours pour des questions bien plus personnelles, notamment en matière de santé mentale.
Ce qu'il faut retenir
- Près d’un jeune sur deux (11-25 ans) utilise l’IA au moins une fois par semaine pour des questions intimes ou personnelles.
- L’usage de l’IA dépasse désormais largement le cadre scolaire, avec une diversification des demandes allant de la gestion du stress à des conseils en santé mentale.
- L’enquête Ipsos bva, publiée en mai 2026, révèle une tendance de fond chez les jeunes générations à se tourner vers des solutions automatisées pour des besoins émotionnels ou psychologiques.
- Les 18-25 ans sont les plus susceptibles d’utiliser ces outils, avec des demandes souvent liées à l’anxiété ou à des troubles du sommeil.
Les données recueillies par Ipsos bva auprès de 2 000 jeunes âgés de 11 à 25 ans montrent que l’IA est devenue un recours presque naturel pour nombre d’entre eux. « Côté outils, on voit une explosion des sollicitations pour des questions qui dépassent le cadre des devoirs ou des recherches documentaires », explique un porte-parole de l’institut, cité par BDM. Le rapport souligne que près de 45 % des répondants déclarent utiliser un assistant conversationnel ou un chatbot au moins une fois par semaine, principalement pour obtenir des conseils ou un soutien psychologique.
Parmi les motifs les plus fréquents, la gestion de l’anxiété arrive en tête. Les jeunes évoquent des demandes liées à des crises de panique, des difficultés à gérer le stress des examens, ou encore des troubles du sommeil. « Ils cherchent des réponses immédiates, sans avoir à attendre un rendez-vous chez un professionnel », précise le rapport. Pour autant, les résultats indiquent que cette pratique reste souvent complémentaire à un suivi médical ou psychologique, et non un substitut. Autant dire que l’IA est davantage perçue comme une « béquille » temporaire que comme une solution définitive.
Les différences générationnelles sont marquées. Si les 11-17 ans utilisent encore majoritairement l’IA pour des questions scolaires, les 18-25 ans se tournent davantage vers ces outils pour des enjeux personnels. « Chez les étudiants et les jeunes actifs, les demandes portent surtout sur la gestion du quotidien, la motivation ou les relations amoureuses », détaille l’étude. Les chatbots spécialisés dans la santé mentale, comme ceux proposés par des start-up françaises ou internationales, sont particulièrement plébiscités. Certains jeunes n’hésitent pas à partager des détails intimes avec ces assistants virtuels, faute de pouvoir en discuter avec leur entourage ou des professionnels.
Cette tendance interroge les spécialistes. Si l’IA offre un accès rapide et anonyme à un soutien, elle pose aussi des questions éthiques et pratiques. « L’absence de cadre réglementaire strict pour ces outils peut poser problème », rappelle un psychologue interrogé par BDM. Les risques de désinformation ou de dépendance à ces solutions automatisées sont régulièrement pointés du doigt. Pourtant, pour beaucoup de jeunes, ces assistants restent une alternative rassurante, surtout dans un contexte où les délais pour consulter un professionnel de santé mentale peuvent dépasser plusieurs semaines.
Les acteurs du secteur éducatif et médical commencent à prendre conscience de ce phénomène. Plusieurs universités françaises ont d’ores et déjà intégré des modules de sensibilisation aux outils numériques dans leurs cursus, afin d’aider les étudiants à distinguer les ressources fiables des contenus non vérifiés. « Il s’agit de former les jeunes à un usage critique et responsable de ces technologies », souligne un expert en éducation numérique contacté par BDM.
Non, l’enquête Ipsos bva confirme que l’IA est majoritairement utilisée comme un soutien complémentaire. Les jeunes interrogés soulignent qu’elle ne remplace pas un accompagnement professionnel, mais offre une réponse immédiate en attendant une consultation. Les spécialistes insistent sur le risque de dépendance ou de désinformation en l’absence de cadre adapté.