Le bien-être de son animal de compagnie pourrait-il devenir un critère décisif dans le choix d’un emploi ou d’un employeur ? Selon le Figaro, près d’un propriétaire de chien ou de chat sur quatre envisagerait sérieusement de quitter son entreprise pour mieux organiser sa vie quotidienne avec son compagnon à quatre pattes. Une enquête Ipsos bva, menée pour le compte de Santévet entre le 17 et le 20 février 2026 auprès de 2 000 Français âgés de 18 ans et plus, révèle cette tendance émergente qui place désormais l’animal au cœur des arbitrages professionnels.
Ce qu'il faut retenir
- 25 % des propriétaires d’animaux pourraient changer d’employeur pour mieux concilier vie professionnelle et vie avec leur chien ou chat, selon une enquête Ipsos bva pour Santévet.
- Cette sensibilité est particulièrement marquée chez les 18-34 ans, avec 38 % des 18-24 ans et 32 % des 25-34 ans prêts à agir ainsi.
- Parmi les salariés en télétravail à 100 %, la moitié serait disposée à envisager un changement de poste pour répondre aux besoins de leur animal.
- La présence d’animaux au bureau n’est pas une solution universelle : des contraintes d’espace, d’hygiène ou de sécurité peuvent la rendre inadaptée.
- Les entreprises sont incitées à intégrer cette nouvelle donne dans leurs politiques de ressources humaines, notamment pour attirer et fidéliser les jeunes talents.
Si l’adoption d’un chien ou d’un chat a longtemps été associée à des critères comme la vie de famille, le logement ou les vacances, l’animal s’immisce désormais dans une autre dimension : celle du travail. Pour une part croissante des salariés, l’organisation professionnelle peut en effet faciliter — ou au contraire compliquer — la gestion des sorties, des temps de présence à domicile et du quotidien avec leur compagnon à quatre pattes.
L’étude commanditée par Santévet, acteur spécialisé dans l’assurance pour animaux, met en lumière ce glissement des priorités. Un quart des propriétaires interrogés déclarent ainsi qu’ils seraient prêts à faire évoluer leur situation professionnelle pour mieux répondre aux besoins de leur animal. Autrement dit, le bien-être de ce dernier peut désormais peser dans la balance des relations entre un salarié et son employeur.
Les jeunes générations, moteurs de cette évolution
Cette sensibilité accrue à la question est particulièrement marquée chez les jeunes adultes. Parmi les propriétaires âgés de 18 à 24 ans, 38 % se disent prêts à changer de travail ou d’employeur pour mieux s’occuper de leur animal. Chez les 25-34 ans, cette proportion atteint 32 %.
Pour ces jeunes générations, l’animal ne se résume plus à un simple compagnon de retour à la maison. Son rythme, ses besoins et le temps qui peut lui être consacré influencent désormais des choix majeurs, qu’il s’agisse du logement, des loisirs ou, désormais, de l’activité professionnelle. Cette nouvelle donne reflète une évolution des mentalités, où l’animal prend une place centrale dans l’équilibre de vie.
Le télétravail, accélérateur d’attentes
Le développement du travail à distance semble renforcer cette tendance. Parmi les propriétaires de chiens et de chats travaillant à 100 % en télétravail, la moitié se dit prête à envisager un changement de poste pour mieux répondre aux besoins de leur animal.
Cette situation s’explique aisément : lorsqu’une journée se déroule à domicile, l’animal occupe une place plus visible dans le quotidien. Les propriétaires peuvent organiser plus facilement les sorties, gérer les imprévus ou éviter les longues heures de solitude pour leur compagnon. Lorsque cette proximité devient la norme, un fonctionnement professionnel trop rigide peut vite devenir incompatible avec leur organisation personnelle.
Des solutions variées au-delà du chien au bureau
Face à ces nouvelles attentes, la présence d’animaux dans les locaux pourrait sembler une réponse évidente. Pourtant, l’étude souligne que cette solution n’est pas universelle. Des contraintes d’espace, d’hygiène, de sécurité ou de fonctionnement rendent cette option impossible ou inadaptée dans de nombreux cas.
L’enjeu soulevé par cette enquête dépasse donc largement la simple question de la présence des animaux au bureau. Il concerne la manière dont les entreprises intègrent l’organisation personnelle de leurs équipes. Plusieurs dispositifs pourraient aider les propriétaires à mieux articuler leur activité professionnelle avec la vie de leur animal : télétravail, horaires plus souples, latitude pour rentrer chez soi en cours de journée, ou encore accueil ponctuel et encadré de chiens dans les locaux.
« Pendant longtemps, la place de l’animal était considérée comme une affaire strictement privée. Ce que nous montrent ces chiffres, c’est qu’elle déborde désormais sur les grands choix de vie, y compris professionnels. »
Hugues Salord, président de Santévet Groupe, a souligné cette évolution lors de la présentation des résultats.
Pour lui, l’enjeu ne consiste pas nécessairement à faire entrer tous les chiens dans les bureaux. « Être pet-friendly ne signifie d’ailleurs pas nécessairement accueillir tous les chiens au bureau : cela commence par reconnaître que, pour beaucoup de salariés, l’animal fait aujourd’hui pleinement partie de leur équilibre de vie », a-t-il ajouté.
Un nouveau critère d’attractivité pour les entreprises
Ces résultats interrogent directement les politiques de ressources humaines et la marque employeur. Alors que les entreprises cherchent à attirer et fidéliser leurs salariés, notamment les plus jeunes, la flexibilité accordée aux propriétaires d’animaux pourrait progressivement s’ajouter aux critères d’attractivité.
Dans un contexte de pénurie de talents et de guerre des compétences, intégrer cette dimension dans les avantages sociaux pourrait devenir un levier pour se différencier. Télétravail, horaires aménagés ou même espaces dédiés aux animaux en entreprise sont autant de pistes qui pourraient séduire une partie des candidats.
Pour l’instant, l’animal n’est pas encore devenu un critère dominant dans le choix d’un emploi. Mais l’étude montre qu’il pourrait rapidement s’imposer comme un élément à part entière de la qualité de vie au travail, au même titre que le salaire, les perspectives d’évolution ou l’équilibre vie pro-vie perso.
Une chose est sûre : pour une partie des salariés, l’équation professionnelle ne se résume plus seulement à des chiffres sur un bulletin de paie. Elle intègre désormais un nouveau paramètre, à quatre pattes.
Les secteurs où le télétravail est déjà bien ancré — comme les services, le numérique ou les fonctions administratives — sont naturellement les plus exposés à cette évolution. Les entreprises avec des locaux adaptables et une culture managériale flexible pourraient aussi être plus réceptives à ces nouvelles attentes de leurs salariés.
Tout porte à croire que oui, notamment avec la montée en puissance des jeunes générations sur le marché du travail. Ces dernières accordent une importance croissante à l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, et l’animal en fait désormais partie intégrante. Les entreprises qui sauront s’adapter pourraient en tirer un avantage concurrentiel en termes d’attractivité et de fidélisation.