Près de 435 millions de travailleurs à travers le monde pourraient bénéficier d’un cadre légal inédit à partir de ce vendredi 12 juin. Selon Libération, l’Organisation internationale du Travail (OIT) s’apprête à finaliser un premier traité mondial visant à garantir un « travail décent dans l’économie des plateformes numériques ». Ce texte, dont l’adoption est prévue lors de la 110e session de la Conférence internationale du Travail à Genève, marque une avancée majeure pour des millions de livreurs, chauffeurs, traducteurs ou encore développeurs indépendants dont les conditions de travail restent souvent précaires.
Ce qu'il faut retenir
- Adoption prévue le vendredi 12 juin 2026 lors de la 110e session de l’OIT à Genève
- Le traité concerne potentiellement 435 millions de travailleurs dans le monde
- Objectif : établir des règles pour un « travail décent » dans l’économie des plateformes
- Les secteurs concernés incluent livraison, transport, traduction et développement de logiciels
Ce texte intervient dans un contexte où l’économie des plateformes, estimée à plus de 5 000 milliards de dollars en 2025 selon certaines projections, emploie une part croissante de la population active. Les travailleurs de ces plateformes, souvent classés comme indépendants, se heurtent à des conditions de travail souvent critiquées : rémunérations variables, absence de protection sociale ou encore horaires imprévisibles. « Les plateformes numériques ont transformé le marché du travail, mais elles ont aussi créé des inégalités que ce traité vise à corriger », a souligné un représentant de l’OIT cité par Libération.
Le futur traité devrait encadrer plusieurs aspects clés du travail sur plateforme. Parmi les mesures envisagées figurent la transparence des algorithmes de répartition des tâches, la garantie d’un salaire minimum dans certains cas, ou encore l’accès à une couverture sociale minimale. « Nous ne cherchons pas à étouffer l’innovation, mais à établir des règles du jeu équitables », a déclaré une source proche des négociations. Le texte pourrait aussi introduire des mécanismes de recours pour les travailleurs en cas de litige avec les plateformes, un sujet récurrent dans les conflits sociaux récents.
Côté plateformes, la réaction reste mesurée. Certaines, comme Uber ou Deliveroo, ont déjà exprimé leur volonté de collaborer avec l’OIT pour adapter leurs pratiques. « Nous suivons de près les travaux de l’OIT et sommes prêts à contribuer à des solutions pragmatiques », a indiqué un porte-parole d’une grande plateforme de livraison, sans préciser si l’entreprise soutiendrait officiellement le traité. D’autres acteurs, plus petits ou locaux, pourraient rencontrer davantage de difficultés à se conformer à ces nouvelles règles, notamment en termes de coûts administratifs.
Les prochaines étapes incluront également des discussions sur les modalités pratiques de mise en œuvre, notamment pour les travailleurs transfrontaliers. Une question reste en suspens : comment garantir que ces nouvelles règles ne pénalisent pas les plus petites plateformes, déjà fragilisées par la concurrence des géants du secteur ? Pour l’OIT, l’enjeu est double : protéger les travailleurs sans étouffer un secteur économique en plein essor.
Reste à voir si ce traité marquera un tournant pour les 435 millions de travailleurs concernés. Autant dire que leur sort dépendra, dans les mois à venir, de la capacité des États à traduire ces bonnes intentions en actes concrets.
Le traité vise principalement les travailleurs des plateformes numériques dans des domaines comme la livraison (repas, courses), le transport (VTC), les services de traduction, le développement de logiciels ou encore les micro-tâches en ligne (saisie de données, modération de contenu). Selon Libération, ces secteurs emploient une part croissante de la main-d’œuvre mondiale, souvent dans des conditions précaires.
L’adoption du traité est prévue pour ce vendredi 12 juin 2026, mais son entrée en vigueur dépendra de sa ratification par les États membres de l’OIT. Ce processus peut prendre plusieurs mois, voire des années, selon la complexité des législations nationales et la volonté politique des gouvernements.