Alice Froussard, journaliste française travaillant notamment pour Radio France et RFI, a été expulsée d’Israël mercredi 10 juin 2026, selon Libération. L’ancienne correspondante de ce quotidien a été contrainte de quitter le territoire israélien, un événement qui suscite une vive condamnation de la part de la rédaction et de la Société des journalistes de « Libération ». Dans un communiqué, le journal dénonce une « grave atteinte à la liberté de la presse » et appelle à une réaction internationale.

Ce qu'il faut retenir

  • Alice Froussard, journaliste pour Radio France et RFI, a été expulsée d’Israël le 10 juin 2026.
  • Elle était auparavant correspondante pour Libération en Israël.
  • La rédaction et la Société des journalistes de Libération dénoncent une atteinte à la liberté de la presse.
  • Cette expulsion intervient dans un contexte où les tensions autour de la couverture médiatique des conflits s’intensifient.

Une expulsion aux conséquences professionnelles immédiates

Alice Froussard a été contrainte de quitter Israël dès le 10 juin 2026, sans que les autorités israéliennes n’aient communiqué officiellement sur les raisons de cette mesure. Selon ses proches, la journaliste travaillait sur des sujets liés au conflit israélo-palestinien, un dossier particulièrement sensible dans la région. Libération précise qu’aucune accusation formelle ne lui a été notifiée, ce qui alimente les interrogations sur les motivations réelles de cette expulsion.

Pour la rédaction du quotidien, cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de restriction de l’accès à l’information. Depuis plusieurs années, les journalistes étrangers couvrant le conflit en Israël et en Palestine font face à des difficultés croissantes, entre restrictions administratives et pressions diverses. — Côté israélien, les autorités justifient souvent ces mesures par des « raisons de sécurité nationale », mais ces arguments sont régulièrement contestés par les organisations de défense des droits de la presse.

« Libération » monte au créneau contre une décision « inadmissible »

Dans un communiqué publié en ligne, Libération condamne avec fermeté l’expulsion d’Alice Froussard. Le journal rappelle que la liberté de la presse est un pilier de la démocratie et que toute mesure visant à en restreindre l’exercice doit être justifiée par des éléments concrets. La Société des journalistes du titre souligne que cette expulsion « porte atteinte à la crédibilité du travail des médias » et appelle à une mobilisation des autorités françaises pour obtenir des explications.

Le rédacteur en chef de Libération, Lionel Laparade, a déclaré :

« Nous exigeons des clarifications immédiates auprès des autorités israéliennes. Expulser une journaliste sans motif valable, c’est s’attaquer à la transparence de l’information. »
L’éditorial du journal, publié ce jeudi, qualifie cette mesure de « disproportionnée » et rappelle que la France, en tant que pays hôte de nombreux médias internationaux, a un rôle à jouer pour défendre les droits des reporters.

Un contexte régional marqué par l’intensification des tensions

Cette expulsion survient alors que les tensions entre Israël et les groupes armés palestiniens se sont encore aggravées ces dernières semaines. Depuis le début de l’année, plusieurs journalistes étrangers ont signalé des difficultés accrues pour accéder aux territoires palestiniens ou couvrir les événements en Israël. En mars 2026, Reporters sans frontières (RSF) avait déjà alerté sur une hausse de 30 % des entraves à la liberté de la presse dans la région par rapport à 2025.

Les organisations de défense des droits humains pointent du doigt une stratégie délibérée visant à contrôler le récit médiatique. « Les gouvernements utilisent souvent la sécurité comme prétexte pour museler les médias, commente un responsable de RSF. « Mais quand une journaliste est expulsée sans raison claire, on peut légitimement s’interroger sur les véritables intentions. » Le bureau de RSF à Jérusalem a annoncé qu’il suivait « de près » cette affaire et qu’il pourrait saisir les instances internationales compétentes.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront en grande partie de la réaction des autorités françaises. Une note diplomatique pourrait être adressée à Tel-Aviv dans les 48 heures pour exiger des explications, selon une source proche du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Par ailleurs, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) a annoncé qu’elle organiserait une réunion d’urgence avec ses partenaires européens pour coordonner une réponse commune. Reste à voir si cette affaire débouchera sur des sanctions symboliques ou si elle restera sans suite, comme cela a trop souvent été le cas dans des situations similaires.

Cette expulsion rappelle que le travail des journalistes en zone de conflit reste un combat quotidien. Alors que les conflits armés se multiplient à travers le monde, la question de la protection des reporters et de leur accès à l’information devient plus urgente que jamais. — Autant dire que la communauté médiatique ne lâchera pas Alice Froussard.