Une retenue collinaire aménagée en 2020 pour assurer l’enneigement artificiel d’une piste de ski susceptible d’accueillir des épreuves des Jeux Olympiques d’hiver de 2030, dans les Alpes, est l’objet d’une surveillance accrue. Selon Le Monde, une étude géomorphologique révèle un affaissement inquiétant de l’ouvrage, mettant en péril un hameau situé en contrebas de la commune de Courchevel.
Ce qu'il faut retenir
- Une retenue d’eau creusée en 2020 pour sécuriser l’enneigement d’une piste de ski, potentiellement candidate aux JO Alpes 2030
- Un affaissement rapide de l’ouvrage, identifié par une étude géomorphologique récente
- Un hameau de la commune de Courchevel exposé à un risque de rupture
- Le préfet de Savoie a pris des mesures d’urgence pour limiter les dangers
Un ouvrage stratégique lié au projet olympique
Cette retenue, creusée il y a six ans, servait principalement à garantir un enneigement suffisant sur une piste de ski de la station de Courchevel. Le site est d’ailleurs pressenti pour accueillir des épreuves des Jeux Olympiques d’hiver de 2030, si le dossier alpin est retenu par le Comité international olympique. L’aménagement avait été présenté comme une solution innovante pour pallier les aléas climatiques et maintenir une couverture neigeuse stable, même en cas de redoux.
Pourtant, les observations menées dans le cadre de l’étude géomorphologique — à laquelle Le Monde a eu accès — révèlent que la structure se déforme à une vitesse alarmante. Les experts soulignent que cette évolution pourrait compromettre l’intégrité de l’ensemble de l’installation et, par ricochet, menacer les habitations en aval.
Un hameau en ligne de mire
Le hameau concerné, situé en contrebas de la retenue, compte une dizaine de résidences permanentes et plusieurs résidences secondaires. Les premières alertes remontent à l’automne 2025, lorsque des mouvements de terrain anormaux ont été détectés par les services de surveillance locaux. Depuis, les autorités ont intensifié les contrôles et multiplié les expertises pour évaluer l’ampleur des dégâts.
Les riverains, informés des risques encourus, ont été invités à évacuer temporairement certaines zones jugées les plus exposées. « La stabilité de la retenue est désormais compromise, et une rupture partielle ou totale n’est plus à exclure », a indiqué un responsable des services de l’État, sous couvert d’anonymat. L’étude géomorphologique, réalisée par un bureau d’experts indépendant, confirme cette analyse et recommande des mesures correctives immédiates.
Le préfet de Savoie mobilise les services de l’État
Face à l’urgence de la situation, le préfet de la Savoie a signé un arrêté préfectoral déclenchant le plan ORSEC (Organisation de la réponse de sécurité civile) pour les risques de mouvements de terrain. Ce dispositif permet de coordonner l’action des pompiers, de la gendarmerie, des services de l’État et des collectivités locales.
Plusieurs scénarios sont envisagés, allant de la consolidation de l’ouvrage à une vidange totale de la retenue. « Toutes les options sont sur la table, mais la priorité reste la sécurité des habitants », a précisé le préfet lors d’une conférence de presse organisée hier à Chambéry. Une cellule de crise a été installée en mairie de Courchevel pour centraliser les informations et répondre aux interrogations des riverains.
Dans l’immédiat, les services de l’État ont interdit l’accès aux zones situées sous la retenue, tandis qu’une surveillance en temps réel par drones et capteurs sismiques a été déployée. Les autorités appellent à la prudence et invitent les habitants à se tenir informés via les canaux officiels.
Selon les premières analyses, l’affaissement pourrait être lié à une combinaison de facteurs : la nature géologique du sol, des infiltrations d’eau répétées et une conception initiale sous-estimant les contraintes mécaniques. Une expertise approfondie est en cours pour déterminer les causes exactes.