Une seule marque de thon parmi 148 conserves analysées en Europe respecte les seuils recommandés de mercure, selon une enquête menée par l’ONG Bloom et relayée par Top Santé. Les résultats, publiés le 16 juin 2026, révèlent une contamination généralisée au mercure dans la plupart des produits testés, posant la question de l’exposition des consommateurs à ce métal lourd toxique.
Ce qu'il faut retenir
- 147 boîtes sur 148 analysées dépassent les seuils de mercure recommandés par les autorités sanitaires européennes.
- Seule la marque vendue chez Lidl respecte les normes en vigueur.
- L’enquête a porté sur des conserves de thon commercialisées dans plusieurs pays européens.
- Le mercure, présent naturellement dans l’environnement, s’accumule dans les poissons prédateurs comme le thon.
- Une exposition prolongée à ce métal lourd peut entraîner des troubles neurologiques et rénaux.
Une contamination généralisée révélée par une enquête européenne
L’enquête menée par l’ONG Bloom, spécialisée dans la protection des océans, a porté sur 148 conserves de thon disponibles dans plusieurs pays européens. Les analyses réalisées ont mis en évidence des taux de mercure souvent bien supérieurs aux limites maximales recommandées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). « Les résultats sont alarmants, a déclaré un porte-parole de Bloom. Pratiquement toutes les boîtes testées présentent des niveaux de contamination préoccupants, ce qui expose les consommateurs à un risque sanitaire non négligeable. »
Parmi les produits analysés figuraient des marques distribuées dans des enseignes majeures du continent. Pourtant, seul un échantillon, vendu sous la marque distributeur de Lidl, a respecté les seuils autorisés. « Cela ne signifie pas que les autres produits sont dangereux à court terme, mais cela souligne un problème structurel dans la filière du thon en conserve, a précisé l’ONG dans un communiqué. »
Le mercure, un métal lourd aux effets toxiques bien documentés
Le mercure est un métal lourd présent naturellement dans l’environnement, mais son accumulation dans les écosystèmes marins est largement favorisée par les activités humaines, notamment industrielles. Les poissons prédateurs, comme le thon, sont particulièrement touchés en raison de leur position dans la chaîne alimentaire. « Plus un poisson est gros et âgé, plus il concentre de mercure, a expliqué un expert en toxicologie interrogé par Top Santé. Cela s’explique par le phénomène de bioaccumulation. »
Une exposition prolongée à ce contaminant peut entraîner des troubles neurologiques, notamment chez les femmes enceintes et les jeunes enfants, pour qui les risques sont les plus élevés. Les autorités sanitaires recommandent donc de limiter la consommation de poissons riches en mercure, comme le thon rouge ou l’espadon. « Les résultats de cette enquête rappellent l’importance de mieux réguler la pêche industrielle et de privilégier les espèces moins exposées, a souligné un représentant de l’EFSA. »
Des recommandations floues pour les consommateurs
Face à ces résultats, les associations de consommateurs appellent à une meilleure transparence de la part des industriels et des distributeurs. « Il est urgent que les marques concernées publient des analyses détaillées de leurs produits, a demandé une porte-parole de l’UFC-Que Choisir. Les consommateurs ont le droit de savoir ce qu’ils mangent. »
Pourtant, les autorités sanitaires européennes n’ont pas encore pris de mesure contraignante à l’encontre des marques incriminées. « Nous suivons de près la situation et évaluons les risques, a indiqué un responsable de la Commission européenne. Des discussions sont en cours avec les États membres pour harmoniser les contrôles. »
Dans l’attente, les consommateurs sont invités à diversifier leur alimentation et à se référer aux recommandations officielles. « Il ne s’agit pas de diaboliser le thon, mais de sensibiliser sur les risques liés à une consommation excessive, a conclu l’EFSA. Comme pour tout aliment, la modération reste de mise. »
Selon les normes européennes, la limite maximale de mercure dans le thon en conserve est fixée à 1 mg/kg. Cependant, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) recommande de ne pas dépasser 0,5 mg/kg pour les populations sensibles, comme les femmes enceintes et les enfants.