Selon Courrier International, remplacer la cigarette traditionnelle par le vapotage serait moins bénéfique pour la santé qu’un sevrage total du tabac. C’est ce que suggère une étude publiée le 8 juin 2026 dans la revue scientifique Nature Medicine, basée sur l’analyse de données sanitaires recueillies entre 2012 et 2023 auprès de 4,5 millions d’adultes ayant participé à un programme de dépistage en Corée du Sud.

Ce qu'il faut retenir

  • Le risque de contracter un cancer du poumon est accru de 56 % chez les anciens fumeurs ayant adopté la cigarette électronique par rapport à ceux ayant完全 cessé de fumer.
  • L’étude, menée sur plus de 10 ans, confirme que l’arrêt complet du tabac réduit significativement le risque de cancer et de mortalité associée.
  • Les experts recommandent d’épuiser d’abord les méthodes d’arrêt conventionnelles avant d’envisager le vapotage.
  • Cette recherche ne prouve pas que le vapotage cause directement le cancer du poumon, mais met en lumière ses risques comparatifs.

Une étude de grande envergure révèle des conclusions troublantes

Menée par des chercheurs de l’université de Séoul, cette étude s’appuie sur un échantillon de 4,5 millions de participants ayant bénéficié d’un suivi médical régulier dans le cadre d’un programme de dépistage en Corée du Sud. Les données, collectées dès 2012 pour certains individus, couvrent une période allant jusqu’en 2023. Les résultats, publiés dans Nature Medicine, indiquent que les anciens fumeurs ayant opté pour la cigarette électronique présentent un risque accru de développer un cancer du poumon et d’en mourir, par rapport à ceux qui ont完全 arrêté de fumer.

Yeon Wook Kim, premier auteur de la publication et chercheur à l’université de Séoul, précise : « Les anciens fumeurs devenus vapoteurs avaient un risque de cancer accru de 56 % par rapport à ceux qui ne vapotaient pas. » Cette conclusion va à l’encontre de l’idée largement répandue selon laquelle le vapotage serait une solution moins nocive pour arrêter de fumer.

Le vapotage, une solution moins efficace que l’arrêt total

Contrairement à une croyance tenace, cette étude démontre que le vapotage ne constitue pas une alternative sans risque au tabac. Becky Freeman, professeure à l’université de Sydney et experte en santé publique, qui n’a pas participé à ces travaux, souligne : « Cette étude renforce un nombre croissant de preuves montrant que les cigarettes électroniques ne sont pas aussi sûres qu’on le prétendait initialement. » Elle ajoute : « Il est donc crucial que les fumeurs souhaitant arrêter tentent d’abord des méthodes plus sûres et efficaces, et ne se tournent vers le vapotage qu’en dernier recours, après avoir épuisé toutes les autres options. »

Les chercheurs rappellent que l’arrêt complet du tabac reste la stratégie la plus efficace pour réduire les risques de cancer du poumon et de mortalité associée. Plus la durée d’abstinence est longue, plus les bénéfices pour la santé sont importants. Une nuance importante : cette étude ne permet pas d’affirmer que le vapotage provoque directement le cancer du poumon, mais elle met en évidence un lien statistique entre cette pratique et un risque accru.

Un débat scientifique qui s’intensifie

Depuis son apparition, le vapotage a été présenté comme une alternative moins nocive au tabac. Cependant, des études récentes, dont celle-ci, remettent en question cette perception. En 2024 déjà, des travaux publiés dans The Lancet Oncology avaient souligné que les fumeurs utilisant des cigarettes électroniques avaient tendance à maintenir une consommation de nicotine, retardant ainsi leur sevrage définitif.

En Corée du Sud, où cette étude a été menée, les autorités sanitaires ont récemment renforcé les campagnes de prévention contre le vapotage chez les jeunes et les anciens fumeurs. Le ministère de la Santé sud-coréen a d’ailleurs annoncé en 2025 le lancement d’un programme pilote visant à tester des méthodes d’accompagnement plus strictes pour les personnes souhaitant arrêter de fumer, avec une attention particulière portée aux substituts nicotiniques validés scientifiquement.

Des implications mondiales pour les politiques de santé publique

Les conclusions de cette étude pourraient avoir un impact significatif sur les politiques de santé publique à l’échelle internationale. Plusieurs pays, dont la France et le Royaume-Uni, avaient jusqu’ici encouragé le vapotage comme outil de réduction des risques pour les fumeurs incapables de renoncer à la nicotine. Cependant, ces nouvelles données pourraient inciter les autorités à revoir leurs recommandations.

En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) a indiqué qu’elle prendrait en compte ces résultats dans sa prochaine révision des recommandations sur l’aide à l’arrêt du tabac, prévue pour fin 2026. La HAS rappelle par ailleurs que les méthodes d’arrêt conventionnelles, telles que les substituts nicotiniques ou les thérapies comportementales, restent les plus efficaces et les mieux documentées.

Et maintenant ?

Cette étude ouvre la voie à de nouvelles recherches sur les effets à long terme du vapotage. Les scientifiques soulignent la nécessité de mener des études complémentaires pour évaluer précisément les risques cancéreux liés à la cigarette électronique, notamment en distinguant les différents types de produits (liquides nicotiniques, sans nicotine, etc.).

Dans l’immédiat, les experts appellent à une meilleure information du public sur les risques du vapotage, en particulier pour les anciens fumeurs. Une réunion est prévue en septembre 2026 lors du Congrès mondial de pneumologie, où ces résultats seront discutés avec des acteurs internationaux de la santé publique.

Cette étude rappelle une fois de plus que, face à la nicotine, la prudence reste de mise. Si le vapotage peut sembler être une solution de transition, ses risques pour la santé ne doivent pas être sous-estimés.

Selon l’étude publiée dans Nature Medicine, le vapotage reste moins nocif que la cigarette traditionnelle, mais il n’est pas sans risque. Les anciens fumeurs qui se tournent vers le vapotage présentent un risque accru de cancer du poumon et de mortalité par rapport à ceux ayant完全 arrêté de fumer. L’arrêt total du tabac reste donc la solution la plus sûre.

Les méthodes les plus efficaces et validées scientifiquement incluent les substituts nicotiniques (patchs, gommes), les médicaments comme le bupropion ou la varénicline, ainsi que les thérapies comportementales. Le vapotage, bien que parfois utilisé comme outil de sevrage, ne figure pas parmi les méthodes recommandées en première intention.