Un parcours de 1 600 km reliant 400 villages dans 20 régions ethniques de Roumanie, voilà ce que propose la Via Transilvanica. Selon Euronews FR, ce sentier, imaginé par l’ONG Tășuleasa Social, se distingue par son approche bien au-delà du simple tourisme : il s’agit d’un projet de revitalisation des communautés rurales et de préservation environnementale. Une initiative qui séduit de plus en plus de randonneurs en quête d’authenticité.
Ce qu'il faut retenir
- Un sentier de 1 600 km traversant 400 villages et 20 régions ethniques en Roumanie
- Créé par l’ONG Tășuleasa Social sans financement public ni européen, uniquement via des dons et bénévoles
- Objectif : lutter contre l’exode rural et protéger l’environnement
- En 2026, extension de 200 km jusqu’à Brașov et renforcement des sections en Bucovine
- Plus de 50 points de retrait de carnets de voyage le long du parcours
- Un circuit de 10 jours proposé à partir de 1 872 € par l’agence Intrepid Travel
Un projet né d’une ambition sociale plutôt que touristique
La Via Transilvanica n’est pas un simple itinéraire de randonnée. Comme le souligne Alin Ușeriu, président de Tășuleasa Social, « ce n’a jamais été un projet touristique. Cela a toujours concerné le bénévolat et la jeunesse, l’envie de faire quelque chose de sensé pour la communauté ». L’ONG, fondée sur des valeurs écologiques et solidaires, a conçu ce sentier pour redonner vie aux villages roumains en déclin, souvent désertés par leurs habitants au profit des villes ou de l’étranger. En 2026, l’association poursuit ses efforts en consolidant certaines sections de Bucovine, endommagées par les intempéries, et en étendant le parcours jusqu’à Brașov, une ville historique de Transylvanie.
Les quelque 50 hôtes répartis le long du sentier, comme la famille du berger Cosma Crăciuneac à Popas la Cosma, incarnent cette dynamique. Leur rôle ? Offrir aux randonneurs repas et hébergement, souvent en échange de peu de choses. Un modèle qui séduit : la halte de Popas la Cosma a accueilli près de 1 500 randonneurs lors de la dernière saison.
Entre nature préservée et art à ciel ouvert
Le parcours serpente à travers des paysages d’une grande diversité, des forêts de hêtres et d’épicéas des Carpates aux prairies fleuries de Bucovine, surnommée la « Suisse de l’Est ». Les randonneurs y croisent des vaches aux cloches tintinnabulantes, des chevaux tirant des charrettes, ou encore des panneaux mettant en garde contre la présence d’ours après la tombée de la nuit. Une biodiversité qui s’accompagne d’un patrimoine culturel riche : deux des monastères peints roumains classés à l’UNESCO, Sucevița et Moldovița, jalonnent le parcours, tout comme les œufs décorés selon la tradition locale, à l’image des motifs raffinés de Viorica Semeniuc.
Mais la Via Transilvanica est aussi une galerie d’art à ciel ouvert. Chaque borne kilométrique arbore une sculpture originale, réalisée par des artistes locaux, représentant aussi bien des guerriers grecs qu’un visage inspiré de Picasso, une grenouille couronnée ou un cerf majestueux. « Probablement la plus grande galerie d’art à ciel ouvert au monde », résume Iulian Gabor, bénévole de Tășuleasa Social. Une manière de mêler randonnée et découverte culturelle.
Une expérience immersive pour les voyageurs
Pour les amateurs de marche, la Via Transilvanica offre bien plus que des kilomètres à parcourir. Les haltes chez l’habitant, comme au chalet Gigi Ursu, permettent de déguster des spécialités locales : fromage frais à la confiture de paprika, « sarmale » (feuilles de chou farcies), ou encore l’« afinata », une liqueur de myrtilles sauvages. Autant de moments qui transforment la randonnée en une immersion dans la vie rurale roumaine. Un carnet de voyage, tamponné à chaque étape dans plus de 50 points (commerces, hébergements ou sites culturels), sert de souvenir tangible à ce voyage.
Depuis mai 2026, l’agence Intrepid Travel propose un circuit de 10 jours sur la section nord du sentier, incluant hébergement, transports, accompagnement par un guide local et certains repas. Le prix commence à 1 872 € par personne. Tășuleasa Social, partenaire de la fondation The Intrepid Foundation, permet aux participants de soutenir directement le développement du sentier.
En attendant, la Via Transilvanica continue de s’imposer comme une alternative crédible au Camino de Santiago, mêlant aventure, rencontre et engagement social. Un sentier qui prouve qu’une randonnée peut aussi être une aventure humaine.
L’agence Intrepid Travel propose un circuit de 10 jours incluant hébergement, repas, transport et accompagnement. Il est possible de réserver directement via leur site ou de contacter Tășuleasa Social pour des informations complémentaires. Les tarifs commencent à 1 872 € par personne.
Non. Le sentier est conçu pour être accessible à tous les niveaux, avec des étapes modulables. Certaines portions sont même considérées comme adaptées aux familles. Il est cependant recommandé de se préparer physiquement pour les longues distances et de prévoir un équipement adapté aux variations météorologiques.