Le réalisateur argentin Lisandro Alonso, connu pour son approche minimaliste et immersive du cinéma, revient à Cannes cette année avec «La Libertad doble», un film qui prolonge le parcours de Misael, personnage central de son premier long-métrage «La Libertad», sorti en 2001. Selon Libération, cette nouvelle œuvre, projetée en compétition officielle, marque un jalon dans sa filmographie en explorant les thèmes de la liberté, de la routine et de la solitude à travers une journée apparemment anodine, mais profondément énigmatique.
Ce qu'il faut retenir
- «La Libertad doble» est le quatrième long-métrage de Lisandro Alonso, vingt-cinq ans après «La Libertad», présenté à Cannes en 2001.
- Le film suit à nouveau Misael, le bûcheron devenu emblématique de son cinéma, dans une journée qui se révèle plus complexe qu’il n’y paraît.
- Cette œuvre s’inscrit dans la continuité de la filmographie d’Alonso, marquée par des récits dépouillés et une attention particulière aux détails du quotidien.
- Le titre, «La Libertad doble», joue sur l’idée d’une liberté à double sens, entre libération et contrainte.
- La sélection à Cannes 2026 confirme l’intérêt du festival pour un cinéma exigeant, loin des conventions narratives.
Un retour aux sources pour Lisandro Alonso
Pour Alonso, «La Libertad doble» n’est pas seulement une suite, mais une réinterprétation de son propre travail. Comme il l’a indiqué à Libération, ce projet lui permet de « revisiter les thèmes qui m’ont toujours habité : la liberté, mais aussi les limites que chacun se fixe ». Le réalisateur, connu pour ses plans longs et son absence de dialogues superflus, mise sur une immersion totale du spectateur dans le quotidien de Misael. Autant dire que le film ne ressemble à aucun autre : pas de musique envahissante, pas de montage rapide, mais une plongée dans le temps réel d’une existence.
Misael, un personnage devenu culte
Le bûcheron Misael, interprété par l’acteur non professionnel Misael Saavedra – déjà présent dans «La Libertad» – incarne une forme de résistance passive. À travers ses gestes lents, ses pauses, ses regards, Alonso construit une narration où chaque détail prend une dimension symbolique.
« Ce n’est pas un film sur un homme qui coupe du bois, mais sur un homme qui existe, tout simplement », a souligné le réalisateur. Selon Libération, cette approche a séduit la critique dès la projection cannoise, certains comparant l’expérience à une méditation cinématographique.Le choix de reprendre le même acteur, vingt-cinq ans plus tard, ajoute une dimension presque documentaire au projet, comme si le temps s’était arrêté pour Misael.
Un cinéma en quête de liberté
Le titre «La Libertad doble» résume à lui seul l’ambition du film. D’un côté, la liberté comme émancipation, comme choix de vivre en marge des attentes sociales. De l’autre, une liberté contrainte, celle d’un homme dont les actions semblent dictées par une routine implacable. Alonso explore cette dualité à travers des séquences où le spectateur est invité à projeter ses propres interprétations. Libération note que le film oscille entre réalisme brut et abstraction, invitant le public à une expérience sensorielle autant qu’intellectuelle.
Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : avec «La Libertad doble», Alonso confirme qu’il n’a pas l’intention de trahir sa vision, même après un quart de siècle de carrière.
Selon le réalisateur, repris par Libération, Misael incarne une forme d’éternel présent, un homme dont la vie semble suspendue hors du temps. Reprendre ce personnage lui a permis d’explorer l’évolution – ou l’absence d’évolution – de cet archétype à travers les décennies, tout en soulignant la permanence des questions existentielles qui traversent son œuvre.