Présenté comme une alternative européenne à PayPal et Visa, le service de paiement instantané Wero se retrouve au cœur d’une controverse naissante. Selon Futura Sciences, une partie de ses infrastructures reposerait en effet sur Amazon Web Services, un opérateur américain, ce qui soulève des questions sur son indépendance technologique et sa conformité aux ambitions « 100 % européennes » affichées par ses promoteurs.

Ce qu'il faut retenir

  • Wero, solution de paiement instantané lancée comme une alternative européenne à PayPal et Visa, voit son indépendance technologique questionnée.
  • Une partie de ses infrastructures reposerait sur Amazon Web Services, un fournisseur cloud américain, selon Futura Sciences.
  • Cette dépendance à un acteur non-européen pourrait contredire l’image d’une solution « 100 % européenne » promue par ses concepteurs.

Un projet européen sous influence américaine ?

Lancé officiellement en 2023 sous l’impulsion de plusieurs banques européennes, Wero a été présenté comme une réponse souveraine aux géants américains du paiement. Pourtant, selon les informations révélées par Futura Sciences, l’architecture technique de cette solution reposerait, pour partie, sur les serveurs d’Amazon Web Services. Une dépendance qui interroge d’autant plus que le projet mise justement sur une autonomie stratégique dans le domaine des transactions financières.

Contacté par Futura Sciences, le consortium à l’origine de Wero n’a pas encore réagi publiquement à ces révélations. Pourtant, cette situation pourrait alimenter les critiques de ceux qui estiment que l’Europe peine à se doter d’infrastructures numériques pleinement autonomes.

Les enjeux d’une solution « 100 % européenne »

Wero a été conçu pour permettre des virements instantanés entre particuliers et entreprises, sans passer par les réseaux américains comme Visa ou Mastercard. Ses promoteurs mettaient en avant sa rapidité, sa sécurité et, surtout, son ancrage européen. Pourtant, l’utilisation d’Amazon Web Services — dont les serveurs sont hébergés aux États-Unis — pourrait fragiliser cette narrative. « L’Europe doit maîtriser ses données et ses infrastructures, sinon elle reste dépendante des choix américains », a rappelé un expert en cybersécurité interrogé par Futura Sciences.

Cette affaire intervient alors que l’Union européenne renforce ses réglementations sur la souveraineté numérique, notamment avec le Data Act et le Digital Operational Resilience Act. Pour Wero, l’enjeu est double : prouver que sa solution est bien conforme à ces exigences, tout en rassurant les utilisateurs sur l’origine des traitements de leurs données.

Et maintenant ?

Si ces informations se confirment, Wero pourrait être contraint de revoir une partie de son architecture pour limiter sa dépendance aux infrastructures américaines. Une échéance pourrait se profiler d’ici la fin de l’année 2026, période à laquelle le projet doit atteindre une maturité suffisante pour rivaliser avec les acteurs établis. Reste à savoir si ses promoteurs parviendront à concilier rapidité de déploiement et souveraineté technologique.

Quelles suites pour Wero et ses utilisateurs ?

Pour l’instant, ni la Banque centrale européenne ni les régulateurs nationaux n’ont réagi officiellement à cette polémique. Pourtant, l’affaire pourrait relancer le débat sur la nécessité de créer un cloud souverain européen, capable d’héberger les solutions financières du continent. « Sans infrastructure propre, l’Europe restera vulnérable aux pressions extérieures », a souligné un analyste financier dans les colonnes de Futura Sciences.

En attendant, les utilisateurs de Wero pourraient s’interroger sur la localisation réelle des données qu’ils confient à la plateforme. Une transparence accrue de la part du consortium sera probablement nécessaire pour dissiper les doutes.

Wero est un service de paiement instantané développé par un consortium de banques européennes. Il a été conçu pour offrir une alternative aux solutions américaines comme PayPal ou Visa, en mettant en avant sa rapidité et son ancrage en Europe. Le projet insiste sur sa conformité aux normes européennes en matière de protection des données et de souveraineté technologique.

À ce stade, Futura Sciences indique qu’une partie des infrastructures de Wero repose sur Amazon Web Services. Rien n’indique que d’autres prestataires américains ou européens soient impliqués, mais l’étendue exacte de cette dépendance n’a pas été précisée par les porteurs du projet. Une clarification de leur part serait nécessaire pour évaluer l’ampleur du problème.