Le Caire, capitale égyptienne de près de 25 millions d’habitants, vient d’inaugurer le premier monorail du continent africain, un projet conçu par le groupe français Alstom pour répondre à l’un des défis majeurs de la mégalopole : ses embouteillages chroniques. Selon BFM Business, cette infrastructure ultra-moderne s’inscrit dans une stratégie plus large visant à transformer la mobilité urbaine en Égypte.
Ce qu'il faut retenir
- Première mise en service en Afrique d’un monorail automatique, fabriqué par Alstom et exploité au Caire.
- Une ligne de 56 kilomètres avec 22 stations, reliant l’est de la ville à la nouvelle capitale administrative.
- Capacité de transport de 45 000 passagers par heure et par direction, avec des temps de trajet divisés par deux.
- Un investissement total de 4,5 milliards de dollars pour un réseau en expansion.
- Le projet s’aligne sur la Vision 2030 égyptienne, promouvant une mobilité durable et intelligente.
Une infrastructure pour désengorger une métropole asphyxiée
Le monorail « East of Nile », entièrement automatique et sans conducteur, marque une avancée majeure pour Le Caire, souvent citée parmi les capitales les plus congestionnées au monde. Selon BFM Business, la ligne s’étend sur 56 kilomètres et dessert 22 stations, dont 16 sont déjà opérationnelles pour une exploitation commerciale. L’objectif est clair : fluidifier les déplacements dans une agglomération où les trajets peuvent s’étendre sur plus d’une heure en période de pointe.
Les autorités égyptiennes et Alstom mettent en avant les gains de temps concrets. Par exemple, le trajet entre la station El Moshir Tantawi et Justice City, qui prend environ 1h20 en voiture, est réduit à 40 minutes grâce au monorail. Une performance rendue possible par un système conçu pour absorber jusqu’à 45 000 passagers par heure et par direction, une capacité adaptée à la densité démographique de la région.
Un projet aux multiples ambitions, porté par la France et l’Égypte
Ce monorail s’inscrit dans un plan plus vaste de 4,5 milliards de dollars, destiné à relier Le Caire à ses villes satellites ainsi qu’à la nouvelle capitale administrative, construite dans le désert à l’est du pays. Comme le rappelle Ramy Salah El Din, directeur général d’Alstom Égypte, ce projet s’aligne sur la Vision 2030 égyptienne, qui vise une mobilité urbaine intelligente et durable. « Avec plus de 98 % de la main-d’œuvre provenant d’Égypte, ce projet met en avant l’excellence nationale en ingénierie et un grand savoir-faire local », a-t-il souligné.
Alstom, présent en Égypte depuis 40 ans, renforce ainsi sa position dans le pays. En 2021, le groupe français avait remporté un contrat de 876 millions d’euros pour moderniser la ligne 1 du métro du Caire, financé par un prêt du gouvernement français. Ces partenariats stratégiques entre Paris et Le Caire illustrent les liens économiques étroits entre les deux pays, dans un contexte où l’Égypte diversifie ses partenaires technologiques.
Un système innovant, fruit d’une collaboration internationale
Le monorail « East of Nile » est construit sur le site anglais d’Alstom à Derby, avant d’être assemblé en Égypte. Ce système, baptisé Innovia, se distingue par son automatisation totale et son approche durable. « Le système de monorail Innovia change véritablement la donne, non seulement pour l’Égypte, mais aussi pour l’ensemble du continent africain, en offrant une capacité immédiate à grande échelle tout en favorisant un avenir plus durable pour les transports urbains », a déclaré Martin Vaujour, président d’Alstom pour l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie centrale.
Cette innovation s’ajoute à d’autres projets de grande envergure en Égypte. Le pays développe actuellement une ligne de 660 kilomètres de train à grande vitesse, reliant Ain Sokhna, Marsa Matrouh et Alexandrie, en collaboration avec les groupes allemands Siemens et Deutsche Bahn. Ces initiatives reflètent les ambitions égyptiennes de moderniser ses infrastructures de transport, tout en positionnant le pays comme un hub régional.
Ce monorail pourrait également servir de modèle pour d’autres métropoles africaines confrontées aux mêmes défis de mobilité. Si le projet respecte ses promesses, il pourrait inspirer des initiatives similaires sur le continent, où les transports publics peinent souvent à suivre le rythme de l’urbanisation rapide. Reste à voir si les résultats opérationnels confirmeront les attentes, notamment en termes de fréquentation et d’impact sur la réduction des embouteillages.
Le projet s’inscrit dans un plan global évalué à 4,5 milliards de dollars, incluant la construction de la ligne, l’acquisition des rames et les infrastructures associées. Ce montant couvre également les coûts liés à l’intégration du monorail dans le réseau de transport cairote.
Non. Outre Alstom, d’autres entreprises françaises comme Systra (filiale de la RATP et de la SNCF) ou Bouygues Construction interviennent sur des projets de modernisation des infrastructures ferroviaires en Égypte, notamment pour la ligne 1 du métro du Caire.