Une étude publiée ce jeudi 11 juin 2026 dans la revue Science révèle qu’environ 15 % du réchauffement climatique actuel, soit 0,3 °C, pourrait provenir de polluants peu ou mal pris en compte dans les politiques environnementales. Selon Reporterre, ces gaz à effet de serre indirects, comme le monoxyde de carbone, les composés organiques volatils non méthaniques, les oxydes d’azote ou encore l’hydrogène moléculaire, échappent largement aux cadres réglementaires en vigueur.
Ce qu'il faut retenir
- 15 % du réchauffement climatique (0,3 °C) serait dû à des gaz à effet de serre indirects, selon une étude parue dans Science le 11 juin 2026.
- Ces polluants incluent le monoxyde de carbone, les composés organiques volatils autres que le méthane, les oxydes d’azote et l’hydrogène moléculaire.
- Ils ne sont pas ou peu encadrés par les politiques climatiques actuelles, révélant un angle mort dans la lutte contre le réchauffement.
Des polluants sous surveillance, mais encore négligés
Les gaz à effet de serre indirects sont connus depuis longtemps des scientifiques, mais leur impact réel sur le climat reste largement sous-estimé. « Ces composés jouent un rôle clé dans la formation de l’ozone troposphérique, un polluant secondaire qui contribue fortement au réchauffement », explique l’un des auteurs de l’étude, cité par Reporterre. Pourtant, contrairement au CO₂ ou au méthane, ils ne font l’objet d’aucune régulation spécifique dans la plupart des accords internationaux.
Parmi ces polluants, le monoxyde de carbone (CO) et les oxydes d’azote (NOₓ) sont particulièrement problématiques. Leur durée de vie dans l’atmosphère est courte, mais leur potentiel de réchauffement est élevé. « En brûlant des énergies fossiles ou de la biomasse, on émet ces gaz sans toujours mesurer leur impact cumulé », précise le chercheur. — Autant dire que les inventaires d’émissions actuels omettent une partie significative de la réalité.
Un impact mesurable, mais ignoré des décideurs
L’étude estime que ces gaz seraient responsables d’une hausse de 0,3 °C depuis l’ère préindustrielle. À titre de comparaison, cela représente près d’un sixième du réchauffement total observé (environ 1,1 °C aujourd’hui). Pourtant, les modèles climatiques utilisés par le GIEC et les gouvernements n’intègrent pas pleinement ces données. « Les scénarios actuels sous-estiment probablement l’efficacité des mesures de réduction », souligne le rapport.
Cette lacune s’explique en partie par la complexité de ces polluants, dont les interactions avec d’autres composés atmosphériques sont difficiles à modéliser. « On sait que leur suppression aurait un effet rapide sur le climat, car leur durée de vie est courte », ajoute l’expert. — Bref, agir sur ces émissions pourrait offrir une marge de manœuvre supplémentaire pour limiter la hausse des températures.
Quelles solutions pour réduire ces émissions ?
Plusieurs pistes sont évoquées pour intégrer ces polluants dans les stratégies climatiques. La première consiste à améliorer les inventaires d’émissions, afin d’identifier les secteurs les plus émetteurs. Les transports routiers, l’industrie et la combustion de biomasse figurent parmi les principales sources de monoxyde de carbone et d’oxydes d’azote.
Une autre solution serait de renforcer les normes sur les combustibles et les procédés industriels. « Des technologies existent déjà pour réduire ces émissions, comme les catalyseurs dans les véhicules ou les filtres à particules », rappelle Reporterre. Cependant, leur adoption à grande échelle reste limitée par des coûts ou des contraintes techniques.
Leur durée de vie courte dans l’atmosphère les a longtemps fait considérer comme des polluants locaux plutôt que globaux. De plus, leur suivi nécessite des instruments de mesure complexes, ce qui a retardé leur intégration dans les politiques climatiques.
Les transports (notamment diesel), les centrales électriques à charbon, les procédés industriels et la combustion de biomasse (feux de forêt, chauffage au bois) sont les principaux émetteurs de ces polluants indirects.