Depuis plusieurs années, la commune de Bram, en Occitanie, mise sur le vélo comme levier de transformation urbaine et sociale. Selon Franceinfo - Politique, cette petite ville de 3 500 habitants a investi plus d’un million d’euros en six ans pour développer des infrastructures cyclables, des services dédiés et des initiatives citoyennes. L’objectif ? Encourager une mobilité douce, accessible à tous, des écoles aux maisons de retraite.

Ce qu'il faut retenir

  • La commune de Bram (Aude) a consacré plus d’un million d’euros en six ans à la promotion du vélo, avec un soutien financier de l’État et du département.
  • Des pistes cyclables, des bornes de réparation et des boxes de rangement ont été installés pour sécuriser et faciliter les déplacements à vélo.
  • Une initiative originale de « vélos-bus » scolaires, encadrés par des bénévoles, transporte chaque jour une trentaine d’enfants.
  • La vitesse est limitée à 30 km/h dans toute la ville, et des vélos sont offerts aux enfants fêtant leurs 10 ans.
  • La maire, Claudie Faucon-Méjean (PS), défend cette politique comme un exemple de « volonté politique » pour améliorer le quotidien.

Des infrastructures pour une ville apaisée

Bram a fait le pari du vélo comme solution de mobilité durable. La commune a aménagé des pistes cyclables dans l’ensemble du territoire, complétées par des bornes de réparation et des espaces de stockage sécurisés. Ces équipements, coûteux, ont été en partie financés par des subventions de l’État et du département, comme le rapporte Franceinfo - Politique. L’idée est de rendre le vélo pratique et sûr pour tous les usagers, qu’ils soient enfants, adultes ou seniors.

Pour renforcer cette dynamique, la mairie a instauré une limitation de vitesse à 30 km/h sur l’ensemble du réseau routier communal. Une mesure qui s’inscrit dans une volonté plus large de réduire la place de la voiture et d’améliorer la qualité de vie des habitants. Les commerçants, souvent réticents aux changements, ont finalement adopté cette transition, certains allant jusqu’à installer des espaces dédiés aux cyclistes devant leurs boutiques.

Le vélo à l’école : une habitude qui s’installe dès le plus jeune âge

Dès le CP, les enfants de Bram ont l’opportunité de se rendre à l’école en vélo. Une initiative qui repose sur des « vélos-bus » scolaires, des convois encadrés par des bénévoles. Chaque matin, une trentaine d’écoliers prennent place à bord de ces véhicules en bois ou pédalent en groupe, sous la supervision d’adultes. « Le matin, on pédale, on fait du sport, ça nous met de l’énergie », confie un élève enthousiaste. « On se connaît mieux, on peut apprendre à être amis, par exemple », ajoute un autre. Ces trajets, d’une quinzaine de minutes, allient sport, écologie et convivialité.

Portée par une quinzaine de bénévoles, dont Caroline Rey, enseignante et coprésidente de l’association EcoBram & Co, cette initiative existe depuis deux ans. « Ça demande beaucoup d’énergie sur l’année parce que parfois il fait froid ou il pleut, précise-t-elle. C’est vraiment une preuve de vivre ensemble et d’intelligence collective. » Malgré les défis logistiques, l’opération est plébiscitée par les familles et les enseignants.

Un projet qui dépasse le cadre scolaire

Le succès des vélos-bus a inspiré d’autres initiatives. Chaque année, une trentaine d’enfants de 10 ans reçoivent un vélo en cadeau, une façon de marquer leur entrée dans l’adolescence et de les encourager à adopter ce mode de transport. Pour Chloé, collégienne, ce cadeau a changé son quotidien : « Ma mère ne voulait pas que j’y aille à pied au collège. Vu que j’ai eu le vélo, on peut en profiter, ce que je ne faisais pas trop avant. »

Les adultes ne sont pas en reste. Des sorties vélo sont organisées pour les seniors comme pour les parents, afin de créer du lien et de promouvoir une activité physique régulière. « Ça nous pousse, nous aussi parents, à nous remettre en selle et à pratiquer du vélo avec nos enfants et entre adultes, souligne Magali Amiel, habitante de Bram. On peut se retrouver à plusieurs, faire une sortie pas forcément bien loin. C’est un esprit vraiment convivial, individuel et collectif. »

« Toutes les communes peuvent avoir cette bonne idée parce que ça s’appelle de la volonté politique. C’est ça, faire de la politique : essayer d’améliorer le quotidien des gens. »
Claudie Faucon-Méjean, maire (PS) de Bram

Un modèle qui séduit au-delà des frontières communales

L’expérience de Bram attire l’attention d’autres communes rurales de l’Occitanie. Le modèle, fondé sur une combinaison d’infrastructures, d’éducation et de solidarité, pourrait inspirer des territoires aux enjeux similaires. Pour l’instant, la mairie mise sur la pérennisation de ses dispositifs, tout en explorant de nouvelles pistes, comme le développement du stationnement sécurisé pour les vélos électriques.

Les élus locaux rappellent que cette transition s’inscrit dans une démarche globale, incluant aussi bien la mobilité que l’écologie ou la santé publique. « On a voulu tordre le cou aux idées reçues », explique Caroline Rey. « Ici, le vélo est bien plus qu’un mode de transport : c’est un outil de cohésion sociale. »

Et maintenant ?

Si le modèle de Bram semble viable à moyen terme, sa généralisation dépendra des choix politiques et des financements disponibles. La mairie étudie actuellement la possibilité d’étendre le réseau de pistes cyclables vers les communes voisines, tandis que des discussions sont en cours avec des acteurs locaux pour pérenniser les initiatives existantes. Une chose est sûre : l’engouement pour le vélo dans cette petite ville de l’Aude ne faiblit pas.

Reste à voir si d’autres territoires oseront s’emparer de cette recette, qui prouve qu’une politique de mobilité douce peut rimer avec efficacité et convivialité.

Les vélos-bus sont encadrés par une quinzaine de bénévoles, dont des parents et des enseignants. Chaque matin, une trentaine d’enfants de CP au CM2 se rendent à l’école à vélo, soit en groupe derrière un vélo collectif en bois, soit à bord de rosalies à assistance électrique. Les trajets, d’environ 15 minutes, sont sécurisés et encadrés, avec des arrêts prédéfinis pour récupérer d’autres élèves. L’opération, qui existe depuis deux ans, a été validée par les familles et les enseignants.

Sur les plus d’un million d’euros investis en six ans, une grande partie provient de subventions de l’État et du département. La mairie a également mobilisé des fonds européens dans le cadre de programmes dédiés à la transition écologique. Ces financements ont permis de couvrir les coûts d’aménagement des pistes cyclables, des bornes de réparation et des espaces de stockage sécurisés.