Entre août 2025 et janvier 2026, les forces armées birmanes ont causé la mort d’au moins 702 civils, principalement lors de frappes aériennes, révèle un rapport publié ce lundi par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Selon l’instance onusienne, ces violences coïncident avec la période électorale dans un pays marqué par une instabilité politique chronique et une guerre civile opposant la junte militaire aux groupes armés ethniques et aux forces pro-démocratie.

Ce qu'il faut retenir

  • Au moins 702 civils tués entre août 2025 et janvier 2026, selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, comme le rapporte Le Figaro.
  • Plus de la moitié des victimes (soit 351 personnes) ont péri dans des frappes aériennes, principale méthode utilisée par l’armée.
  • Ces violences surviennent dans un contexte de crise électorale et de conflits armés persistants en Birmanie.
  • Le rapport souligne que les frappes aériennes restent la cause principale de destruction et de souffrances pour les populations civiles.
  • L’ONU met en garde contre l’escalade de la violence et ses conséquences humanitaires dans plusieurs États birmans, notamment le Rakhine.

Une répression meurtrière ciblant les civils

D’après les sources fiables citées par le Haut-Commissariat onusien, les 702 morts recensés entre août 2025 et janvier 2026 illustrent une stratégie militaire particulièrement meurtrière. Les frappes aériennes, utilisées de manière systématique, ont causé la majorité des victimes. Le rapport précise que ces attaques ont non seulement tué, mais aussi détruit des infrastructures civiles, aggravant les conditions de vie dans des régions déjà fragilisées par des années de conflit.

Les zones les plus touchées restent le Rakhine, l’Ayeyarwady et le Shan, où les combats entre l’armée régulière et les groupes armés ethniques se sont intensifiés depuis le début de la période électorale. Les Nations unies dénoncent une violation flagrante du droit international humanitaire, rappelant que les attaques indiscriminées contre des civils constituent des crimes de guerre.

Un contexte politique explosif

La Birmanie traverse une période de tensions politiques sans précédent depuis le coup d’État militaire de février 2021, qui a renversé le gouvernement d’Aung San Suu Kyi. Les élections organisées fin 2025 ont été boycottées par une partie de l’opposition et des minorités ethniques, en raison de l’absence de garanties démocratiques et de la répression systématique des voix critiques. Dans ce climat, l’armée, qui conserve un pouvoir dominant, a renforcé ses opérations militaires sous couvert de « maintien de l’ordre ».

Le rapport de l’ONU souligne que les violences post-électorales ont exacerbé les fractures ethniques et accru les déplacements de population. Selon les dernières estimations, plus de 2 millions de personnes seraient déplacées à l’intérieur du pays, un chiffre qui a presque doublé en deux ans. Les Nations unies alertent également sur le risque de famine généralisée dans des régions comme le Rakhine, où l’accès à l’aide humanitaire est régulièrement bloqué par les combats.

Les frappes aériennes, arme de terreur contre les civils

Le Haut-Commissariat onusien insiste sur le rôle central des frappes aériennes dans le bilan humain. « Les frappes aériennes sont restées la principale cause de destruction et de souffrances », déclare un porte-parole de l’institution. Les zones résidentielles, les marchés et les infrastructures médicales ont été visés à plusieurs reprises, provoquant des morts collatérales massives. Les Nations unies rappellent que l’utilisation d’armes explosives dans des zones peuplées est interdite par le droit international, sauf en cas de nécessité militaire immédiate et proportionnée.

Les organisations humanitaires sur place rapportent des scènes de désolation, avec des villages entiers réduits en cendres et des familles décimées. « On ne compte plus les enfants tués dans leur sommeil », témoigne un travailleur humanitaire sous couvert d’anonymat. Ces témoignages corroborent les données du rapport onusien, qui pointe une escalade délibérée de la violence contre les populations civiles, indépendamment de toute menace militaire réelle.

Et maintenant ?

Le rapport de l’ONU intervient alors que la communauté internationale peine à trouver une solution durable à la crise birmane. Une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, visant à imposer un embargo sur les armes à la junte militaire, reste bloquée par le veto de la Chine et de la Russie. Pour les semaines à venir, les observateurs s’attendent à une intensification des combats avant les prochaines échéances politiques prévues en septembre 2026, date à laquelle doivent se tenir de nouveaux scrutins.

Dans l’immédiat, l’ONU appelle à un cessez-le-feu humanitaire pour permettre l’acheminement de l’aide aux populations civiles. Cependant, aucune des parties belligérantes ne semble disposée à céder du terrain, alimentant un cercle vicieux de violences et de souffrances. Les prochains mois s’annoncent critiques pour des centaines de milliers de Birmans, pris au piège d’une guerre dont les civils paient le prix fort.

Ces révélations surviennent alors que la Birmanie fait face à une crise humanitaire parmi les plus graves au monde, avec plus de 15 millions de personnes ayant besoin d’assistance d’urgence, selon les estimations de l’ONU. La situation reste sous haute surveillance, alors que les appels à la justice internationale se multiplient pour que les responsables de ces crimes soient traduits devant la Cour pénale internationale.

Les frappes aériennes sont la principale méthode militaire utilisée par l’armée birmane dans ses opérations contre les groupes armés ethniques et les forces pro-démocratie. Contrairement à des combats au sol, ces attaques ne permettent pas de cibler précisément des positions ennemies et touchent souvent des zones résidentielles, des marchés ou des infrastructures civiles. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme souligne que ces frappes « restent la principale cause de destruction et de souffrances », en violation du droit international humanitaire.