Alan Greenspan, qui a dirigé la Réserve fédérale américaine (Fed) pendant près de deux décennies, est décédé ce lundi 22 juin 2026 à l’âge de 100 ans, comme l’a annoncé Libération. Figure emblématique de la politique monétaire libérale, il a marqué l’histoire économique des États-Unis, avant de voir son héritage progressivement contesté après son départ en 2006.

Ce qu'il faut retenir

  • Alan Greenspan a dirigé la Réserve fédérale américaine de 1987 à 2006, soit 19 ans à la tête de l’institution.
  • Il est décédé ce lundi 22 juin 2026 à l’âge de 100 ans, selon Libération.
  • Longtemps considéré comme un architecte du libéralisme économique, il a été critiqué après la crise financière de 2008.
  • Son mandat a été marqué par des politiques monétaires influentes, comme la gestion de krachs boursiers et la lutte contre l’inflation.

Un mandat marqué par l’influence et les crises

Alan Greenspan a pris les rênes de la Réserve fédérale en août 1987, succédant à Paul Volcker dans un contexte économique tendu. Son premier grand défi fut le krach boursier d’octobre 1987, où il a rapidement réagi en injectant des liquidités pour stabiliser les marchés. Pendant près de deux décennies, il a incarné une politique monétaire axée sur la stabilité des prix et la croissance économique, des principes qui ont fait de lui une figure respectée, voire idolâtrée, dans les cercles financiers.

Son mandat, le plus long de l’histoire de la Fed, a également été marqué par des périodes de turbulence, comme l’éclatement de la bulle Internet en 2000 ou les attaques du 11 septembre 2001, face auxquelles il a maintenu une politique accommodante pour soutenir l’économie américaine.

De l’idolâtrie à la remise en question

Dans les années 1990 et au début des années 2000, Greenspan était perçu comme un maître à penser de la politique économique. Ses discours, souvent techniques et profonds, étaient attendus avec impatience par les marchés et les médias. Cependant, après son départ en janvier 2006, son héritage a commencé à être ébranlé. Les critiques se sont multipliées, notamment après l’éclatement de la crise des subprimes en 2007-2008, dont les racines remontaient en partie aux politiques de dérégulation financière qu’il avait défendues.

Dans son autobiographie publiée en 2007, il a reconnu que certaines de ses convictions libérales pouvaient avoir contribué à des excès sur les marchés. « Je pensais que les institutions financières étaient mieux armées pour se protéger que ce n’était le cas en réalité », avait-il déclaré, selon Libération. Cette remise en question tardive n’a pas suffi à effacer les critiques, certains lui reprochant d’avoir favorisé une ère de spéculation incontrôlée.

Un héritage économique et politique durable

Malgré les controverses, l’influence d’Alan Greenspan sur la politique monétaire mondiale reste indéniable. Son approche, fondée sur la modération des taux d’intérêt et la confiance dans les mécanismes de marché, a façonné la doctrine de la Fed pendant des années. Après son départ, ses successeurs, comme Ben Bernanke puis Janet Yellen, ont dû naviguer dans un contexte économique profondément transformé, marqué par la crise financière et ses répercussions.

Greenspan lui-même avait mis en garde, dès 2013, contre les risques d’une politique monétaire trop accommodante, jugeant que les taux zéro maintenus après la crise de 2008 pouvaient générer de nouvelles bulles. Ces prises de position tardives ont révélé un homme en décalage avec son époque, autrefois symbole de l’optimisme économique des Trente Glorieuses.

Et maintenant ?

Avec le décès d’Alan Greenspan, c’est une page de l’histoire économique américaine qui se tourne. Ses idées continuent d’alimenter les débats sur le rôle de la banque centrale et l’équilibre entre régulation et liberté des marchés. Dans les prochains mois, les économistes et les responsables politiques pourraient s’interroger sur l’héritage à tirer de son passage à la Fed, notamment dans un contexte où les tensions inflationnistes persistent et où les banques centrales restent sous haute surveillance.

La disparition de cette figure controversée mais incontournable rappelle aussi l’importance des figures économiques dans la gestion des crises. Reste à voir comment son parcours sera réévalué par les historiens et les économistes dans les années à venir.

Les critiques majeures portaient sur son rôle dans la dérégulation financière des années 1990 et 2000, jugée responsable de l’émergence de la crise des subprimes. Certains lui reprochaient d’avoir maintenu des taux d’intérêt trop bas pendant trop longtemps, favorisant ainsi la formation de bulles spéculatives. D’autres lui ont reproché d’avoir sous-estimé les risques systémiques pesant sur l’économie américaine.