La chanteuse, parolière et danseuse Guesch Patti s’est éteinte dans la nuit du 21 au 22 juin 2026, à l’âge de 80 ans, à Paris, des suites d’une longue maladie, comme le rapporte Le Figaro. Sa disparition survient alors que la capitale française célébrait la Fête de la musique, un détail qui ajoute une ironie tragique à la nouvelle.

Ce qu'il faut retenir

  • Guesch Patti est décédée à 80 ans à Paris dans la nuit du 21 au 22 juin 2026.
  • Elle s’était imposée dans les années 1980 avec le tube sulfureux « Étienne, Étienne », vendu à 1,5 million d’exemplaires en Europe.
  • Son vrai nom était Patricia Porasse, fille d’un directeur artistique et parrainée par Bernard Blier.
  • Le clip de « Étienne, Étienne » a marqué toute une génération et lui a valu une Victoire de la Musique en 1987.
  • Après son succès, elle a exploré la danse contemporaine, le cinéma et le théâtre, avant de se retirer de la vie publique depuis la pandémie de Covid-19.

Une carrière lancée sur les planches avant de conquérir la chanson

Née en 1946 à Paris, Patricia Porasse grandit dans un milieu artistique. Son père, Jean Porasse, était un directeur artistique réputé, ayant collaboré avec des artistes comme Gilbert Bécaud, Jean-Jacques Debout, Nino Ferrer ou encore Éric Charden. Dès 1955, à seulement 9 ans, elle intègre le corps de ballet de l’Opéra de Paris en tant que petit rat. Dans les années 1960, elle danse pour des chorégraphes de renom comme Roland Petit, Joseph Russillo ou Carolyn Carlson, tout en se produisant en chorégraphie pour des stars comme Sylvie Vartan ou Nana Mouskouri.

Pourtant, c’est vers la chanson que Guesch Patti se tourne dans les années 1980, à 40 ans. Elle choisit alors son pseudonyme en hommage au sobriquet basque « Gaixoa » que lui attribuait son grand-père. Son parcours bascule en 1984 lorsqu’elle rejoint le trio Dacapo et remporte le prix Radio Mont Blanc. Trois ans plus tard, son destin musical bascule avec la sortie de « Étienne, Étienne ».

Un tube sulfureux qui a marqué une génération

Écrit par Guesch Patti sur une musique de Vincent Bruley, « Étienne, Étienne » devient un phénomène culturel dès sa sortie. Le clip, aux allusions suggestives, propulse la chanson au sommet du Top 50 et lui vaut une reconnaissance internationale. Le titre s’écoule à 1,5 million d’exemplaires en Europe, décrochant un disque d’or dans plusieurs pays. L’artiste perçoit alors 25 % des droits à vie sur ce succès, une manne financière qui consacre son statut de star.

Cette performance lui vaut également d’être récompensée par une Victoire de la Musique en 1987, dans la catégorie « Révélation féminine de l’année ». Pourtant, malgré ce triomphe, Guesch Patti reste discrète sur ce succès. Elle refuse systématiquement de participer aux tournées nostalgiques, tout comme elle évite de revenir sur ce tube, comme le souligne Le Figaro. Pour elle, la musique n’était qu’une parenthèse dans une carrière bien plus large, centrée sur la danse.

De la chanson à la danse contemporaine : un parcours éclectique

Après le feu des projecteurs, Guesch Patti se tourne vers la danse contemporaine, une passion qu’elle avait toujours cultivée en parallèle. Dans les années 1990 et jusqu’en 2000, elle collabore avec des artistes comme Matthieu Chedid, Étienne Daho ou Françoise Hardy pour plusieurs albums, mais sans retrouver l’ampleur de « Étienne, Étienne ». En 2002, France 2 l’invite comme jurée dans l’émission Dancing Show, marquant son retour médiatique.

Parallèlement, elle s’essaie au cinéma avec des rôles secondaires dans « Une pour toutes » de Claude Lelouch (1999) et « Monsieur Max » de Gabriel Aghion (2000). Au théâtre, elle joue dans « Les Monologues du vagin » et « L’Opéra de quat’sous ». Son dernier projet artistique, le spectacle de danse contemporaine « Per au travers », se joue jusqu’en 2020. Exigeante et tournée vers les arts, elle fréquentait assidûment les expositions et les spectacles de danse jusqu’à la crise sanitaire.

Une retraite discrète et une vie personnelle préservée

Après le Covid-19, Guesch Patti se retire de la vie publique. Elle n’avait ni enfant ni famille proche, et menait une existence solitaire mais intellectuellement riche. Contrairement à d’autres icônes des années 1980 comme Lio ou Sabrina, elle n’a jamais cédé aux sirènes des tournées nostalgiques. Même la reprise de « Étienne, Étienne » par Afida Turner en 2023 n’a suscité aucun commentaire de sa part, comme le rappelle Le Figaro. Jusqu’au bout, sa véritable passion est restée la danse, un art qu’elle avait embrassé dès son plus jeune âge.

Son décès survient alors que la France célèbre la Fête de la musique, une coïncidence qui rappelle à quel point son tube « Étienne, Étienne » avait su traverser les époques. Le clip, avec ses allusions ambiguës, reste gravé dans la mémoire collective des années 1980, une décennie où la pop française osait encore bousculer les codes.

Et maintenant ?

La disparition de Guesch Patti laisse planer des interrogations sur la postérité de son œuvre, notamment autour de « Étienne, Étienne ». Si la chanson reste un classique des playlists rétro, son héritage artistique pourrait faire l’objet de redécouvertes ou de rééditions, à l’image des réhabilitations fréquentes des artistes des années 1980. Pour l’instant, aucun hommage officiel n’a été annoncé, mais son influence sur la pop française des années 1980 devrait perdurer, ne serait-ce que comme témoin d’une époque où la provoc’ était encore une forme de liberté.

Reste à voir si des initiatives commémoratives émergeront, notamment autour du 40e anniversaire de la sortie du tube, prévu en 2027. En attendant, la famille et les proches de Guesch Patti n’ont pas communiqué sur les détails des hommages posthumes.

Selon les informations disponibles, les droits d’auteur de « Étienne, Étienne » étaient détenus à vie par Guesch Patti, qui en percevait 25 % des revenus. La gestion de ces droits après son décès n’a pas été précisée. Il est probable que les ayants droit ou une société de gestion collective reprenne le relais, mais aucun détail n’a été rendu public pour l’instant.

À ce stade, aucune source n’a mentionné d’enregistrements ou de projets artistiques laissés inachevés par Guesch Patti. Son dernier spectacle de danse contemporaine, « Per au travers », remonte à 2020. Elle s’était ensuite retirée de la scène publique, se consacrant à sa passion pour les arts sans évoquer de nouveaux travaux.