Une série de plus de 300 photographies, capturées à Gaza entre les années 1940 et 1960, est actuellement exposée au Centre Photographique de Marseille. Cette exposition, intitulée « Gaza qu’on ne connaît plus », rend hommage au travail de Kegham Djeghalian, photographe et rescapé du génocide arménien de 1915. Selon Ouest France, l’événement a été inauguré samedi 16 mai 2026 et se poursuivra jusqu’en septembre 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Une exposition de plus de 300 photographies de Gaza, réalisées entre les années 1940 et 1960, est visible au Centre Photographique de Marseille jusqu’en septembre 2026.
  • Les clichés sont l’œuvre de Kegham Djeghalian, photographe d’origine arménienne rescapé du génocide de 1915 et exilé à Gaza.
  • Djeghalian a fondé en 1944 le premier studio photo de Gaza, marquant le début d’une carrière dédiée à immortaliser la vie locale.
  • L’exposition est présentée par son petit-fils, qui perpétue ainsi son héritage photographique et humain.

Un témoignage visuel de Gaza avant les conflits modernes

Les images exposées offrent un regard unique sur la vie quotidienne à Gaza il y a plusieurs décennies. Kegham Djeghalian, né en 1900 dans l’Empire ottoman, a survécu au génocide arménien avant de s’installer à Gaza dans les années 1920. Comme le rapporte Ouest France, son objectif a capturé des scènes de marché animés, des paysages urbains et des portraits de familles, autant de témoignages d’une époque où la région était encore éloignée des conflits récurrents qui la marquent aujourd’hui.

« Ces photographies montrent une Gaza méconnue, bien loin des images de guerre qui dominent aujourd’hui l’actualité », a souligné Thomas Vernier, responsable du Centre Photographique de Marseille. L’exposition vise ainsi à rappeler que Gaza a été, et reste, une terre de cultures et de traditions avant d’être associée à la violence et aux destructions.

Un héritage familial et artistique transmis à travers les générations

L’exposition a été organisée par le petit-fils de Djeghalian, qui a hérité non seulement des négatifs et des appareils photo, mais aussi de la mission de faire connaître l’œuvre de son aïeul. « Mon grand-père a consacré sa vie à photographier Gaza, et ces images sont un héritage pour nous tous », a expliqué Aram Djeghalian, lors de l’inauguration. Ouest France indique que cette exposition s’inscrit dans une démarche de préservation de la mémoire collective, alors que les archives visuelles de la région restent souvent fragmentaires.

Les clichés, pour certains en noir et blanc et pour d’autres en couleur sépia, révèlent une esthétique soignée et un sens du détail qui témoignent du professionnalisme de Djeghalian. Certains portraits, notamment ceux de familles et d’enfants, dégagent une chaleur humaine qui contraste avec les récits contemporains de la bande de Gaza.

Une exposition au cœur des débats sur la mémoire et l’histoire

Cette initiative artistique intervient dans un contexte où la mémoire historique de Gaza est souvent éclipsée par les crises politiques et humanitaires. Comme l’a rappelé Ouest France, les photographies de Djeghalian offrent une perspective alternative, celle d’une société civile dynamique et d’un patrimoine culturel riche. Aram Djeghalian a d’ailleurs précisé que l’exposition s’adresse aussi bien aux Marseillais qu’aux visiteurs internationaux, dans l’espoir de susciter une réflexion sur l’importance de préserver les récits visuels d’un territoire en constante mutation.

Et maintenant ?

Après son passage à Marseille, l’exposition pourrait être itinérante dans d’autres villes françaises ou européennes, bien que rien ne soit encore confirmé. Le Centre Photographique de Marseille a indiqué qu’il organiserait des visites guidées et des ateliers autour de ces photographies, afin d’approfondir le dialogue sur l’histoire de Gaza. Les prochaines étapes dépendront notamment de l’intérêt du public et des partenariats éventuels avec d’autres institutions culturelles.

Quant au devenir des archives de Djeghalian, Aram Djeghalian a indiqué qu’elles pourraient faire l’objet d’un projet de numérisation, afin de les rendre accessibles en ligne. Une initiative qui permettrait de toucher un public plus large et de pérenniser l’héritage de ce photographe hors du commun.

L’exposition est ouverte au public jusqu’en septembre 2026. Les horaires détaillés sont disponibles sur le site du Centre Photographique de Marseille, avec des séances possibles en semaine et le week-end. Pour plus d’informations, il est conseillé de consulter directement le site de l’institution ou de les contacter par téléphone.

À ce stade, Ouest France indique que des reproductions pourraient être disponibles à l’issue de l’exposition, sous forme de livres ou de tirages limités. Aucune information officielle n’a encore été communiquée sur les modalités d’achat, mais le petit-fils de Djeghalian a évoqué cette possibilité lors de l’inauguration.