Selon Libération, le Rassemblement national (RN) affiche publiquement son attachement à la croix de Lorraine, un symbole pourtant profondément ancré dans l’histoire de la Résistance et de la France libre. Ce choix vestimentaire, adopté par certains élus du parti d’extrême droite, interroge alors que le RN se revendique héritier du gaullisme. Libération souligne que cette utilisation de la croix de Lorraine relève davantage d’une récupération politique que d’un hommage historique.

Ce qu'il faut retenir

  • Le RN, qui se présente comme un parti gaulliste, arbore la croix de Lorraine sur les revers de veste de certains de ses élus, selon Libération.
  • Ce symbole, historiquement associé à la Résistance et au général de Gaulle, est détourné de son sens originel, estime le quotidien.
  • Cette récupération est dénoncée comme une « entourloupe historique » par Libération, qui rappelle que le RN n’a cessé de réécrire son passé.
  • Le parti, fondé en 1972 sous le nom de Front national, a longtemps été associé à des positions contraires à l’héritage gaulliste.

Un symbole détourné de son sens originel

La croix de Lorraine, adoptée comme emblème par les Forces françaises libres en 1940, incarne la lutte contre l’occupant nazi et la restauration de la souveraineté nationale. Selon Libération, son affichage par des élus du RN relève d’une stratégie de légitimation historique. Pourtant, ce parti, qui se réclame aujourd’hui du gaullisme, a longtemps été perçu comme un héritier des courants d’extrême droite, loin des valeurs de la Résistance. « C’est une récupération cynique d’un symbole qui n’a rien à voir avec l’idéologie du RN », estime un historien cité par le quotidien.

Le RN, dirigé par Jordan Bardella depuis 2022, a multiplié les efforts pour se présenter comme un parti républicain et patriote. Pourtant, son histoire récente – marquée par des prises de position controversées et une stratégie de dédiabolisation – contraste avec ce nouvel affichage symbolique. Pour Libération, cette appropriation de la croix de Lorraine s’inscrit dans une logique de normalisation politique, quitte à réécrire l’histoire.

Une entourloupe historique selon Libération

Le quotidien dénonce une « entourloupe historique » en soulignant que le RN, malgré ses efforts de dédiabolisation, reste marqué par son passé. Fondé par d’anciens collaborateurs et des militants d’extrême droite, le parti a mis des décennies à tenter de se défaire de cette image. Pourtant, son utilisation de la croix de Lorraine interroge : s’agit-il d’une volonté sincère de s’inscrire dans la continuité gaulliste, ou d’une manœuvre pour capter une partie de l’électorat patriotique ?

« Le RN ne peut pas se revendiquer de l’héritage de la Résistance sans assumer l’intégralité de son histoire », rappelle Libération. Le parti, qui a longtemps nié ou minimisé son lien avec le régime de Vichy et l’extrême droite, tente aujourd’hui de se réinventer. Mais cette récupération symbolique pourrait, selon le quotidien, révéler une contradiction fondamentale entre ses discours et ses actes.

Et maintenant ?

La polémique autour de l’utilisation de la croix de Lorraine par certains élus du RN pourrait s’amplifier dans les semaines à venir, notamment à l’approche des élections européennes de juin 2026. Le parti, qui mise sur une stratégie de normalisation, devra peut-être clarifier sa position sur ce symbole. Reste à voir si cette récupération sera perçue comme une maladresse ou une stratégie délibérée de captation d’un héritage historique.

Pour l’heure, le RN n’a pas réagi officiellement à ces critiques. Jordan Bardella, interrogé sur le sujet lors d’un déplacement en avril 2026, s’est contenté d’évoquer une « liberté d’expression » sans plus de précisions. Quant aux associations mémorielles, elles pourraient être amenées à réagir dans les prochains jours.