À un an des élections législatives italiennes, la cheffe du gouvernement Giorgia Meloni voit son leadership contesté par un nouveau parti d’extrême droite, Futuro Nazionale, fondé par le général Roberto Vannacci. Selon Le Figaro, ce mouvement prône un discours xénophobe et pro-russe, reprochant à la dirigeante du parti Fratelli d’Italia d’avoir « trop dérivé vers le centre » depuis son arrivée au pouvoir en 2022.
Ce qu'il faut retenir
- Futuro Nazionale, parti fondé par le général Roberto Vannacci, critique ouvertement Giorgia Meloni pour son recentrage politique.
- Plus de 1 000 sympathisants se sont réunis à Rome en juin pour l’assemblée fondatrice de ce mouvement d’extrême droite.
- Parmi les propositions phares : l’expulsion des migrants, la fin du soutien à l’Ukraine et une opposition frontale aux institutions européennes.
- Certains électeurs de Meloni de 2022 se déclarent désormais « déçus » par son action gouvernementale.
Un nouveau rival politique pour Giorgia Meloni
L’Italie s’apprête à organiser des élections législatives dans moins d’un an, et la pression sur Giorgia Meloni s’accentue. Le général Roberto Vannacci, figure médiatique et militaire controversée, a lancé en juin dernier Futuro Nazionale, un parti se revendiquant de l’extrême droite radicale. Selon Le Figaro, ce mouvement s’oppose frontalement à la politique menée par Meloni depuis son accession à la présidence du Conseil, notamment sur les questions migratoires et européennes.
Rossano Sasso, député des Pouilles et ancien membre de la Ligue de Matteo Salvini, a rejoint Vannacci en février 2026. Il dénonce un « asservissement » de l’Italie par les bureaucrates européens et prône le renvoi des migrants « qui volent et tuent ». Autant dire que les divergences avec Meloni sont profondes, celle-ci ayant tenté de modérer son discours depuis 2022 pour gouverner.
Des électeurs déçus par le recentrage de Meloni
Parmi les quelque 1 000 participants réunis à Rome, en juin, devant l’auditorium de la Conciliation, près de la basilique Saint-Pierre, certains électeurs historiques de Meloni expriment leur mécontentement. Massimiliano Ravanelli, originaire de Sicile et votant pour Fratelli d’Italia en 2022, confie au Figaro : « Giorgia Meloni n’a pas tenu ses promesses. » Jean-Baptiste Jaccod, venu du Val d’Aoste, va plus loin en affirmant que « l’Italie est en train de sombrer ».
Ces critiques illustrent la difficulté de Meloni à concilier son électorat traditionnel, marqué par un discours souverainiste et anti-immigration, avec les réalités du pouvoir. Depuis son arrivée à la tête du gouvernement, elle a multiplié les gestes en direction de l’Union européenne, notamment en matière budgétaire, ce qui lui vaut des reproches de trahison de la part de l’aile radicale de son camp.
Un discours prônant le rejet des migrants et le rapprochement avec Moscou
Futuro Nazionale ne cache pas ses positions radicales. Ses propositions phares incluent le renvoi systématique des migrants arrivés en Italie, la suspension de l’aide militaire à l’Ukraine et une remise en cause de l’influence des institutions européennes sur la politique italienne. Lors de son assemblée fondatrice, Vannacci a martelé : « Nous voulons renvoyer chez eux les migrants qui volent et tuent, couper les vivres à Zelensky et mettre fin à l’asservissement de notre pays par les bureaucrates européens. »
Ces prises de position tranchent avec la ligne adoptée par Meloni depuis deux ans, marquée par une volonté de dialogue avec Bruxelles et un soutien mesuré à Kiev. La dirigeante, qui a longtemps cultivé une image de figure intransigeante sur les questions migratoires, tente désormais de stabiliser l’Italie dans un contexte économique et géopolitique tendu.
Dans ce contexte, les prochaines élections européennes de juin 2027 pourraient servir de premier test pour mesurer l’influence respective de Meloni et de Vannacci. Les observateurs s’attendent à une campagne électorale particulièrement tendue, où la question migratoire et les relations avec l’UE figureront au cœur des débats.
Roberto Vannacci est un général italien de réserve, connu pour ses positions radicales et ses prises de parole controversées. Il s’est fait remarquer en 2023 par des déclarations xénophobes et homophobes, ce qui lui a valu une radiation temporaire de l’armée. Son nouveau parti, Futuro Nazionale, se positionne comme une alternative à Giorgia Meloni, qu’il accuse de modération excessive.
Les prochaines élections législatives italiennes sont prévues pour le printemps 2027. D’ici là, le pays organisera les élections européennes en juin 2027 et assurera la présidence tournante du Conseil de l’UE au second semestre 2026. Ces deux rendez-vous électoraux pourraient redéfinir l’équilibre politique du pays.