Une initiative locale transforme durablement le quotidien des habitants de Villetaneuse, en Seine-Saint-Denis. Selon Reporterre, le jardin partagé du Ver galant s’impose comme une « porte de sortie » pour les résidents des quartiers populaires, en offrant un espace de résistance, de lutte et de solidarité. Une démarche qui illustre comment l’agriculture urbaine peut répondre à des enjeux sociaux et écologiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Le jardin partagé du Ver galant, situé à Villetaneuse (Seine-Saint-Denis), est présenté par Reporterre comme un modèle d’initiative citoyenne dans un quartier populaire.
  • Ce projet fonctionne comme un espace de solidarité et de résistance, selon les habitants interrogés.
  • Le jardin s’inscrit dans une démarche d’agriculture urbaine, mêlant écologie et lien social.
  • Il est situé à proximité des rails du tram T8, un axe de transport majeur de la commune.

Un projet ancré dans un territoire populaire

Villetaneuse, commune de Seine-Saint-Denis, est souvent associée aux inégalités sociales et territoriales. Pourtant, en bordure des rails du tram T8, le jardin partagé du Ver galant s’impose comme un îlot de verdure et de convivialité. Comme le rapporte Reporterre, ce projet porté par les habitants offre bien plus qu’un simple potager : il représente une « porte de sortie » pour les résidents, leur permettant de se réapproprier leur cadre de vie.

Le mercredi 18 juin 2026, en fin de matinée, l’activité bat déjà son plein. Les tables sont dressées, les cagettes de récoltes disposées, et une dizaine de bénévoles, membres de l’association Les Petites Mains du Ver galant, s’affairent pour préparer les ateliers de la journée. Autant dire que l’énergie collective est palpable.

Une initiative née de la mobilisation citoyenne

Le jardin partagé n’est pas une simple initiative municipale, mais bien le fruit d’une mobilisation des habitants. «

Ce n’est pas un projet qui nous a été imposé, mais une idée que nous avons mûrie ensemble
», explique Fatima Khelifi, l’une des coordinatrices du projet. Selon elle, l’enjeu était de créer un espace où chacun pourrait trouver sa place, qu’il s’agisse de jardiniers amateurs, de familles ou de personnes en reconversion professionnelle.

Les activités proposées vont bien au-delà du simple jardinage. On y trouve des ateliers de compostage, des sessions de sensibilisation à l’écologie urbaine, ou encore des rencontres intergénérationnelles. «

Le jardin, c’est un prétexte pour se retrouver, échanger et apprendre
», précise-t-elle. Une approche qui tranche avec les dynamiques de repli souvent observées dans les quartiers populaires.

Un modèle replicable ?

L’expérience du Ver galant suscite un intérêt croissant au-delà des frontières de Villetaneuse. Plusieurs communes de Seine-Saint-Denis étudient la possibilité de reproduire ce modèle, en particulier dans des zones confrontées à des déserts alimentaires ou à un manque d’espaces verts. «

Ce qui marche ici, c’est l’implication des habitants dès la conception du projet
», souligne Karim Bouzidi, urbaniste et consultant en politiques publiques. « Sans leur engagement, ce genre de structure n’aurait pas la même résonance. »

Pour autant, les défis ne manquent pas. Le financement reste un enjeu majeur, même si la mairie de Villetaneuse apporte un soutien logistique et financier. D’autres jardins partagés de la région, comme celui de La Courneuve ou de Saint-Denis, fonctionnent avec des budgets serrés et dépendent largement des subventions publiques et des partenariats associatifs.

Et maintenant ?

Le jardin partagé du Ver galant pourrait servir de laboratoire pour d’autres initiatives similaires en Île-de-France. Une étude est en cours pour évaluer son impact social et environnemental sur le long terme, avec des résultats attendus pour la fin de l’année 2026. Par ailleurs, une demande de subvention supplémentaire a été déposée auprès de la Région Île-de-France, dans le cadre du plan « Parisculteurs », qui vise à multiplier les espaces verts comestibles en milieu urbain.

Reste à savoir si ce modèle, né d’une mobilisation locale, pourra essaimer à plus grande échelle. Une chose est sûre : à Villetaneuse, le Ver galant a déjà changé la donne.

Les inscriptions sont ouvertes toute l’année. Il suffit de contacter l’association Les Petites Mains du Ver galant via leur page Facebook ou leur site internet. Aucune expérience préalable en jardinage n’est requise.