Alors que les menaces terroristes, les catastrophes naturelles et les risques technologiques s’intensifient, une entreprise des Pyrénées-Orientales propose une solution radicale : des capsules de survie installables dans un garage ou un local technique. Selon Futura Sciences, qui a pu les découvrir lors du salon Eurosatory 2026, ces LifePods, développés par Momentum Technologies, offrent une protection balistique, un confinement étanche et même une flottabilité en cas d’inondation.
Leur présentation s’inscrit dans un contexte où les scénarios de crise se multiplient, des attaques armées aux tsunamis, en passant par les risques NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique). Pour Cédric Choffat, PDG de Momentum Technologies, ces capsules comblent un vide entre les équipements individuels comme les gilets pare-balles et les infrastructures lourdes réservées aux États. Elles pèsent 1,6 tonne, sont transportables par camion et pourraient, à terme, être héliportables pour les services d’urgence.
Ce qu'il faut retenir
- Deux modèles distincts : le LifePod B-01, blindé et anti-feu, et le LifePod W-01, flottant et conçu pour les tsunamis.
- Prix indicatifs : entre 29 000 € et 40 000 € selon les options et la configuration, hors taxes pour le W-01.
- Autonomie : 90 minutes en milieu confiné pour le B-01, six heures pour le W-01, avec des options de filtration d’air et de protection NRBC.
- Origine des projets : inspirés par les tsunamis de 2004 et la catastrophe de Fukushima en 2011, selon les propos de Cédric Choffat.
- Premières commandes : une société saoudienne a signé une lettre d’intention pour 85 capsules sur trois ans.
- Un troisième modèle en développement : un LifePod en forme d’œuf, démontable et stockable, destiné aux séismes, annoncé à moins de 20 000 €.
Des bunkers miniatures conçus pour résister aux pires scénarios
Sur le salon Eurosatory 2026, dédié à la défense et à la sécurité, Momentum Technologies a présenté ses LifePods comme une innovation unique au monde. Le modèle B-01, d’une taille de 2,2 x 1,40 m, se présente comme une coque d’acier balistique capable de résister à des tirs de Kalachnikov, à l’effondrement d’un immeuble et même à un incendie prolongé. À l’intérieur, un siège baquet et des écoutilles dotées de volets de protection permettent de respirer tout en restant à l’abri. « Si l’on tire au fusil d’assaut sur cette capsule, on entend à peine les impacts depuis l’intérieur », a expliqué Cédric Choffat, son PDG, lors de la démonstration.
Le confort, souvent mis en cause dans les espaces confinés, semble avoir été une priorité. « Malgré ses dimensions contenues, on ne se sent pas oppressé dans cette coque d’acier », précise le journaliste de Futura Sciences, qui a pu s’installer à l’intérieur. Les options disponibles incluent un système de filtration d’air et une protection NRBC, transformant le LifePod B-01 en un refuge potentiel en cas d’apocalypse. Pour un usage héliportable, une version résistante à un incendie de 800 °C pendant quinze minutes est déjà en développement.
Une capsule flottante pour échapper aux tsunamis
À côté du B-01, le LifePod W-01 se distingue par sa capacité à flotter, conçu pour résister aux tsunamis et aux inondations majeures. Développé en partenariat avec l’entreprise finlandaise Inha-Works, ce modèle en aluminium intègre un ballast de stabilisation et une coque renforcée pour éviter la perforation. À l’intérieur, deux à quatre personnes peuvent s’abriter dans des sièges baquet équipés de harnais, avec une autonomie d’oxygène de six heures. Une balise GPS et un système de détresse complètent l’équipement.
« Ce projet est né d’un choc : l’absence de solutions pour les populations face au tsunami de 2004 dans l’océan Indien », a indiqué Cédric Choffat. La catastrophe de Fukushima en 2011 a confirmé la nécessité de telles structures. Commercialisé entre 35 000 € et 40 000 € HT selon la configuration, le W-01 est déjà présenté en taille réelle sur le salon VivaTech et attire l’attention des collectivités et des entreprises exposées aux risques climatiques.
Survie en milieu confiné : une étude scientifique pour évaluer la charge mentale
Pour garantir l’efficacité de ces LifePods en situation de crise, Momentum Technologies a fait appel à la société française Epistemes. Cette dernière a mené une étude sur la charge mentale des occupants en analysant les mouvements des yeux et la dilatation des pupilles. Les résultats, jugés encourageants, révèlent que la charge cognitive et mentale reste « moins importante qu’imaginé » après quelques dizaines de secondes d’adaptation. Ces données visent à optimiser l’ergonomie et les consignes à l’intérieur des capsules.
« L’enjeu n’est pas seulement technique, mais aussi psychologique », souligne un expert cité par Futura Sciences. Ces LifePods ne s’adressent pas uniquement aux particuliers survivalistes, mais aussi aux ambassades, aux multinationales et aux infrastructures critiques. Leur transportabilité, leur modularité et leur coût relativement accessible en font une solution intermédiaire entre les équipements individuels et les bunkers d’État.
Ces LifePods soulèvent également des questions éthiques et sociétales. Leur adoption massive dépendra de leur accessibilité financière, mais aussi de la perception des risques par les populations. En attendant, elles offrent une réponse concrète – et spectaculaire – à l’une des préoccupations majeures du XXIe siècle : comment survivre quand le pire survient ?
Si les particuliers survivalistes représentent un marché potentiel, Momentum Technologies cible avant tout les ambassades, les multinationales et les infrastructures exposées aux risques. Le prix, entre 29 000 € et 40 000 €, limite l’accès aux particuliers, mais des versions plus accessibles, comme le LifePod anti-séisme annoncé à moins de 20 000 €, pourraient élargir la clientèle.
Le B-01 est une capsule blindée et résistante au feu, conçue pour survivre à des attaques armées ou à des effondrements. Le W-01, en revanche, est une capsule flottante destinée à protéger ses occupants en cas de tsunami ou d’inondation. Leurs matériaux, autonomies et usages diffèrent donc radicalement.