D’après France 24, l’avocat et homme d’affaires millionnaire Abelardo De la Espriella a remporté de justesse l’élection présidentielle colombienne face à son adversaire de gauche, Ivan Cepeda, ce dimanche 22 juin 2026. Avec un score serré, De la Espriella incarne une nouvelle victoire des courants d’extrême droite en Amérique latine, promettant d’appliquer une politique répressive inspirée du modèle salvadorien de Nayib Bukele.

Ce qu’il faut retenir

  • Abelardo De la Espriella, avocat et millionnaire, remporte la présidentielle colombienne avec un scrutin serré face à Ivan Cepeda.
  • Sa victoire marque un nouveau tournant à l’extrême droite en Amérique latine, après plusieurs succès électoraux récents.
  • Il promet d’importer en Colombie le modèle répressif du président salvadorien Nayib Bukele, connu pour sa politique de mano dura.
  • Le scrutin s’est tenu dans un contexte de polarisation politique accrue en Colombie.

Une élection présidentielle sous haute tension

Le second tour de l’élection présidentielle colombienne s’est soldé par une victoire étroite d’Abelardo De la Espriella, candidat de l’ultradroite, face à Ivan Cepeda, figure de la gauche radicale. Selon les résultats provisoires, De la Espriella l’emporte avec 51,2 % des suffrages exprimés, contre 48,8 % pour son rival. Ce scrutin serré reflète la profonde division de l’électorat colombien, où les clivages idéologiques opposent désormais deux visions radicalement différentes de l’avenir du pays.

Âgé de 54 ans, De la Espriella, avocat spécialisé en droit des affaires et homme d’affaires prospère, a bâti sa campagne sur un discours anti-corruption et une promesse de sécurité renforcée. Ses meetings ont attiré des foules enthousiastes, tandis que ses détracteurs l’accusent de menacer les institutions démocratiques du pays. « La Colombie a besoin d’ordre et de fermeté. Nous allons appliquer une politique de tolérance zéro contre la criminalité », a-t-il déclaré lors de sa soirée électorale, devant ses partisans rassemblés à Bogotá.

Un virage régional vers l’extrême droite

La victoire de De la Espriella s’inscrit dans une tendance plus large observable en Amérique latine, où plusieurs pays ont basculé vers des gouvernements conservateurs ou d’extrême droite ces dernières années. Après l’élection de Javier Milei en Argentine, la victoire de Daniel Noboa en Équateur en 2024 ou encore la réélection de Nayib Bukele au Salvador en 2025, cette région du monde semble confirmer son ancrage à droite.

Le modèle que De la Espriella souhaite importer, celui de Bukele, repose sur une approche autoritaire de la gestion de la sécurité publique : création de régimes d’exception, multiplication des états d’urgence et durcissement des peines pour les crimes violents. Ce choix politique interroge sur l’évolution future des institutions colombiennes, traditionnellement perçues comme stables en Amérique du Sud. « Bukele a montré que la fermeté paie. Nous allons appliquer la même recette ici », a-t-il affirmé lors d’un entretien télévisé la semaine dernière.

Contexte politique et défis à venir

La Colombie traverse une période de tensions politiques depuis plusieurs mois, marquée par des manifestations fréquentes et une polarisation accrue entre les partisans du gouvernement sortant, issu des accords de paix de 2016, et les opposants qui dénoncent un manque de résultats concrets en matière de sécurité et de lutte contre les inégalités. Le président sortant, Gustavo Petro, premier chef d’État de gauche de l’histoire colombienne, laisse derrière lui un bilan controversé, entre promesses de réforme sociale et critiques sur sa gestion économique.

Pour De la Espriella, la tâche sera ardue dès son entrée en fonction, prévue pour le 7 août 2026. Il devra composer avec une majorité parlementaire fragmentée, où ni son parti ni ses alliés ne disposent d’une majorité absolue. De plus, sa politique sécuritaire pourrait rencontrer une résistance forte de la part des organisations de défense des droits de l’homme, qui craignent un durcissement des conditions de détention et une restriction des libertés civiles.

Et maintenant ?

Le nouveau président devra rapidement mettre en œuvre ses premières mesures, notamment en matière de sécurité, où il a promis des résultats sous 100 jours. Une réforme constitutionnelle pourrait également être envisagée pour faciliter l’adoption de ses projets législatifs. Les observateurs s’interrogent toutefois sur la capacité de son gouvernement à concilier fermeté et respect des institutions démocratiques, alors que plusieurs pays voisins, comme le Salvador, sont critiqués pour leurs dérives autoritaires.

Dans les prochaines semaines, la Colombie pourrait donc devenir un nouveau laboratoire des politiques répressives en Amérique latine, avec des conséquences à la fois pour la stabilité interne et les relations régionales.