L’application d’évaluation nutritionnelle Yuka attire à nouveau l’attention sur la composition de certains produits alimentaires du quotidien. Selon Libération, elle dénonce la présence quasi systématique dans les bouteilles de sirops à la menthe d’un colorant vert dont la toxicité potentielle est régulièrement pointée du doigt par les autorités sanitaires.

Ce qu'il faut retenir

  • L’application Yuka alerte sur la présence d’un additif colorant vert dans la majorité des sirops à la menthe commercialisés en France.
  • Ce colorant, dont la nocivité est évoquée depuis plusieurs années, est suspecté d’effets indésirables sur la santé.
  • Une diététicienne nutritionniste, Claire Trommenschlager, a détaillé auprès de Libération les risques concrets associés à cette substance.
  • Les professionnels appellent à une analyse nuancée, refusant à la fois de minimiser les inquiétudes et de céder à la panique.

Un colorant vert sous le feu des projecteurs

Depuis plusieurs semaines, l’application Yuka, connue pour évaluer la qualité nutritionnelle des produits alimentaires à partir de scans de codes-barres, met en lumière la présence d’un additif colorant dans les sirops à la menthe. Ce composé, qui confère à ces boissons leur teinte verte caractéristique, est au cœur de débats récurrents dans le domaine de la santé publique. Si son usage reste autorisé en Europe, son innocuité est régulièrement questionnée par les experts, comme le rappelle Libération.

Les sirops à la menthe, souvent consommés par les enfants et les adolescents, figurent parmi les produits les plus concernés. D’après les données compilées par Yuka, près de 90 % des bouteilles analysées contiendraient cet additif. Une proportion qui interroge, alors que les consommateurs sont de plus en plus attentifs aux compositions des aliments qu’ils achètent.

Les risques sanitaires évoqués par les experts

Pour éclairer le débat, Libération s’est entretenu avec Claire Trommenschlager, diététicienne nutritionniste, qui a précisé les risques associés à ce colorant. « Ce type d’additif peut, dans certains cas, favoriser des réactions allergiques ou des intolérances », a-t-elle expliqué. Elle rappelle également que des études ont mis en évidence un lien possible entre sa consommation prolongée et des perturbations du comportement chez l’enfant, bien que les mécanismes exacts restent à élucider.

Les autorités sanitaires, comme l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), maintiennent pour l’instant une position prudente. Elles soulignent que les doses utilisées dans les produits alimentaires restent en dessous des seuils considérés comme dangereux. Pourtant, des voix s’élèvent pour demander une réévaluation des normes, d’autant que les effets à long terme d’une exposition chronique à ces substances sont encore mal connus.

Nuancer sans occulter les inquiétudes

Face à l’émotion suscitée par ces révélations, les professionnels de santé insistent sur la nécessité de ne pas céder à la panique. « Il est important de ne pas balayer les inquiétudes, mais il est aussi nécessaire de nuancer », a souligné Claire Trommenschlager dans ses propos rapportés par Libération. Elle rappelle que la plupart des additifs alimentaires sont évalués et autorisés après des tests rigoureux, mais concède que leur utilisation doit faire l’objet d’une surveillance constante.

Les fabricants, de leur côté, se trouvent sous pression. Plusieurs marques de sirops à la menthe ont déjà annoncé leur intention de reformuler leurs produits pour remplacer ce colorant d’ici la fin de l’année 2026. Une démarche qui pourrait s’étendre à d’autres gammes de produits si les attentes des consommateurs continuent de se renforcer.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour l’avenir de ce colorant controversé. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a annoncé qu’elle réexaminerait les données disponibles d’ici le 30 septembre 2026, une échéance qui pourrait conduire à une modification des autorisations de mise sur le marché. Dans l’intervalle, les associations de consommateurs appellent à une transparence accrue de la part des industriels, tandis que ces derniers devraient accélérer leurs démarches de reformulation pour répondre aux attentes du public.

Reste à voir si cette controverse, comme tant d’autres avant elle, s’inscrira dans la durée ou s’éteindra au gré des annonces réglementaires et des ajustements industriels. Une chose est sûre : la vigilance des consommateurs, désormais armée d’outils comme Yuka, ne faiblira pas de sitôt.

Le colorant visé est l'E102 (tartrazine), un additif azoïque largement utilisé dans l’industrie agroalimentaire pour ses propriétés colorantes. Il est également référencé sous le code CI 19140 et est suspecté d’effets indésirables chez les personnes sensibles, notamment des réactions allergiques ou des troubles de l’attention.