Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé ce lundi 22 juin 2026 une mesure forte dans le cadre de l’affaire Lyhanna, marquée par des dysfonctionnements graves dans le traitement d’une plainte pour agressions sexuelles sur mineur. Dans un communiqué, il a réclamé « une enquête de commandement pour faire la lumière sur les responsabilités de chaque intervenant » dans le dossier de la petite Rosa, dont les déclarations avaient été recueillies en août 2025. Cette décision intervient après la publication d’un rapport d’inspection mettant en évidence des « défaillances » dans la gestion de cette affaire, selon Le Figaro.
Ce qu'il faut retenir
- Une enquête de commandement est demandée par Laurent Nuñez pour examiner les responsabilités dans l’affaire Lyhanna, impliquant la plainte déposée par la petite Rosa en août 2025.
- Le directeur d’enquête et le commandant de compagnie de Condom (Gers) doivent être mutés d’office et placés dans des postes hors exercice de la police judiciaire.
- Un rapport d’inspection a révélé des défaillances dans le traitement du dossier, notamment après les déclarations de la victime sur une cinquantaine de viols présumés.
- Ces mesures s’inscrivent dans un contexte de crise autour de la gestion des affaires d’agressions sexuelles sur mineurs par les forces de l’ordre.
Une décision consécutive à un rapport d’inspection accablant
Laurent Nuñez a précisé que sa demande d’enquête de commandement visait à évaluer « les responsabilités de chaque intervenant » dans le traitement de la plainte déposée par Rosa, alors âgée de quelques années, pour des faits remontant à 2025. Ce signalement, qui évoquait des agressions sexuelles répétées, avait fait l’objet d’une enquête menée par la gendarmerie de Condom, dans le Gers. Selon Le Figaro, l’inspection interne a révélé des lacunes dans la procédure, poussant le ministre à agir.
« Les défaillances identifiées dans le traitement de ce dossier sont inacceptables », a souligné Laurent Nuñez, qui a également évoqué la nécessité de « restaurer la confiance » dans les institutions. La plainte déposée par Rosa, qui affirmait avoir subi « une cinquantaine de viols » par Jérôme Barella, avait déjà suscité l’émotion et relancé le débat sur la prise en charge des victimes mineures.
Deux gendarmes mutés pour « l’intérêt du service »
Dans la foulée de l’enquête administrative, Laurent Nuñez a ordonné la mutation d’office du directeur d’enquête et du commandant de compagnie de Condom. Ces deux officiers devront être « placés dans des emplois hors exercice de la police judiciaire », une mesure exceptionnelle justifiée par « l’intérêt du service ». Cette décision vise à écarter temporairement ces responsables des procédures judiciaires, le temps que les investigations internes ne soient menées à leur terme.
« Il ne s’agit pas de sanctionner à la légère, mais de garantir que l’enquête future se déroule dans les meilleures conditions », a expliqué un porte-parole du ministère de l’Intérieur. La mutation de ces deux cadres intervient alors que l’affaire Lyhanna cristallise les critiques sur la gestion des dossiers sensibles par la gendarmerie nationale.
Un contexte judiciaire sous tension
L’affaire Lyhanna, du nom d’une enfant décédée en 2021 dans des circonstances troubles après des signalements ignorés, a révélé des dysfonctionnements majeurs dans le suivi des plaintes pour agressions sexuelles. Le cas de Rosa, qui avait déposé plainte en 2025, s’inscrit dans cette lignée et a contribué à alimenter la polémique. L’avocat de la famille, Mourad Battikh, avait dénoncé un système « structurellement défaillant », pointant du doigt l’incapacité des institutions à protéger les mineurs.
Les déclarations de Rosa, selon lesquelles elle aurait subi des violences répétées pendant des mois, avaient été recueillies dans le cadre d’une procédure jugée ensuite insuffisante par les inspecteurs. Ces éléments ont conduit à la saisine du Conseil supérieur de la magistrature, qui a ordonné une enquête administrative complémentaire.
Pour l’heure, Laurent Nuñez a rappelé que « la protection des mineurs était une priorité absolue », tout en insistant sur la nécessité de « tirer les leçons de ces échecs ». Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si ces mesures suffiront à restaurer la crédibilité des institutions.
L’enquête de commandement, qui doit être lancée sous 15 jours, sera menée par un officier supérieur indépendant. Ses conclusions pourraient mener à des sanctions disciplinaires, voire pénales, contre les gendarmes impliqués. Un rapport sera transmis au ministre de l’Intérieur d’ici fin septembre 2026, selon les informations du Figaro.