Selon Le Monde, la directrice de la rédaction de Marianne, Eve Szeftel, se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une polémique après la publication d’un article modifié sous pseudonyme le 7 mai dernier. L’affaire, révélée par le quotidien, soulève des questions sur l’indépendance éditoriale du titre et les pressions potentielles exercées par les actionnaires.

Ce qu'il faut retenir

  • Un article publié sous pseudonyme le 7 mai a fait l’objet d’amendements attribués à Eve Szeftel, selon Le Monde.
  • La directrice de la rédaction conteste cette version, évoquant des « manquements professionnels » à corriger.
  • Les échanges entre Eve Szeftel et l’actionnaire du titre sont au cœur de la polémique.
  • Cette affaire survient alors que la gouvernance de Marianne est déjà fragilisée.

Un article modifié après publication, selon Le Monde

Un article publié sous pseudonyme le 7 mai sur le site de Marianne aurait été amendé par la direction de la rédaction, et plus précisément par Eve Szeftel, selon les informations du Monde. L’affaire, révélée par le quotidien, met en lumière les tensions internes au sein du titre, déjà en proie à des difficultés financières et éditoriales.

Les modifications apportées à l’article ont suscité des interrogations sur l’influence des actionnaires dans la ligne éditoriale. Plusieurs sources citées par Le Monde évoquent des échanges tendus entre Eve Szeftel et l’actionnaire principal du titre, laissant supposer une intervention directe dans le contenu publié.

Eve Szeftel rejette les accusations de censure

Contactée par Le Monde, Eve Szeftel a démenti toute tentative de censure ou de pression extérieure. Elle a affirmé avoir agi pour « pallier des manquements professionnels » dans l’article initial, sans préciser la nature exacte de ces manquements. « Les corrections apportées visaient à garantir la rigueur et la fiabilité de l’information », a-t-elle déclaré au quotidien.

Cette défense n’a pas suffi à éteindre la polémique. Plusieurs journalistes du titre ont exprimé leur inquiétude quant à l’ingérence des actionnaires dans la ligne éditoriale, un sujet récurrent dans les médias français depuis plusieurs années.

Une gouvernance déjà fragilisée

L’affaire survient dans un contexte particulièrement tendu pour Marianne. Le titre, racheté en 2022 par un groupe d’investisseurs mené par Daniel Křetínský, est régulièrement critiqué pour son manque de clarté dans sa gouvernance. En 2024, plusieurs départs de journalistes avaient déjà été attribués à des divergences éditoriales avec la direction.

Les révélations du Monde risquent d’aggraver cette instabilité, alors que le titre tente de se repositionner sur le marché de la presse magazine. La question de l’indépendance rédactionnelle, déjà centrale dans le débat médiatique, revient donc sur le devant de la scène.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être décisives pour Marianne. Une assemblée générale des actionnaires est prévue le 20 mai, où la gestion éditoriale du titre sera probablement évoquée. Eve Szeftel, dont la position semble affaiblie, pourrait faire l’objet d’un vote de confiance. De son côté, le groupe Křetínský n’a pas encore réagi publiquement à ces révélations, mais une clarification de sa part semble inévitable.

Cette affaire rappelle les tensions récurrentes entre actionnaires et rédactions dans la presse française, où les logiques financières peuvent parfois primer sur l’indépendance éditoriale. Reste à voir si Marianne parviendra à concilier ces impératifs dans les mois à venir.

Selon Le Monde, l’article initial, signé sous pseudonyme, contenait des éléments jugés inexacts ou incomplets par la direction de la rédaction. Eve Szeftel a justifié ces modifications par la nécessité de « pallier des manquements professionnels », sans préciser si ces ajustements ont été demandés par l’actionnaire ou initiés par la rédaction elle-même.