Selon Cryptoast, l’investisseur Michael Burry, rendu célèbre pour avoir anticipé la crise des subprimes de 2007, met en garde contre un effondrement prochain du marché boursier, alimenté par une bulle spéculative autour des valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle. Dans une tribune publiée sur Substack, il compare la situation actuelle à celle de l’éclatement de la bulle Internet en 2000, soulignant les risques d’un « krach sanglant » pour l’indice Nasdaq 100, qui reflète les performances des principales entreprises technologiques américaines.

Ce qu'il faut retenir

  • Michael Burry, connu pour ses prédictions sur la crise des subprimes, alerte sur un krach imminent du Nasdaq 100 en raison d’une bulle spéculative autour de l’IA.
  • L’indice Nasdaq 100 affiche un ratio cours/bénéfices de 43, un niveau jugé insoutenable par Burry, qui estime que Wall Street surestime de plus de 50 % les bénéfices des entreprises les plus valorisées.
  • Burry détient une position vendeuse (short) à effet de levier contre un portefeuille d’entreprises technologiques, tout en conservant certaines positions sous-évaluées.
  • L’indice PHLX Semiconductor Sector dépasse largement sa moyenne mobile sur 200 jours, un phénomène observé seulement deux fois auparavant : en juillet 1995 et en mars 2000, lors du pic de la bulle Internet.

Une bulle technologique comparable à celle de 2000

D’après les analyses de Michael Burry, la flambée actuelle des actions technologiques, notamment celles liées à l’intelligence artificielle, rappelle dangereusement les excès observés avant l’éclatement de la bulle Internet. « Un accident de voiture sanglant, quelques minutes avant qu’il ne se produise », a-t-il déclaré dans sa tribune, comparant ainsi la situation actuelle à un drame imminent. Pour étayer son propos, il souligne que le Nasdaq 100 se négocie actuellement avec un ratio cours/bénéfices de 43, un niveau qu’il juge bien supérieur à la normale, estimée autour de 30.

Selon lui, Wall Street surestime probablement de plus de 50 % les bénéfices des entreprises les plus fortement valorisées, une situation qui, historiquement, précède systématiquement un retournement de marché. « Les investisseurs sous-estiment la vitesse à laquelle cette bulle pourrait éclater », a-t-il ajouté, rappelant que les cycles de surévaluation ne durent jamais éternellement.

Des signaux d’alerte sur le marché des semi-conducteurs

Un indice boursier pourrait bien confirmer les craintes de Burry : le PHLX Semiconductor Sector, qui regroupe les principaux acteurs des semi-conducteurs, dépasse actuellement sa moyenne mobile sur 200 jours. Ce phénomène n’a été observé qu’à deux reprises au cours des 30 dernières années : en juillet 1995 et en mars 2000, deux périodes marquées par des bulles spéculatives suivies de krachs majeurs. Pour Burry, cette coïncidence n’en est pas une, et elle annonce selon lui un effondrement proche des valeurs technologiques.

Cette surchauffe des semi-conducteurs s’explique en grande partie par la demande croissante en puces électroniques, alimentée par l’engouement pour l’IA et les centres de données. Pourtant, Burry rappelle que les cycles économiques ont toujours vu leurs excès corrigés brutalement, et que les investisseurs pourraient payer cher leur optimisme actuel.

Une stratégie offensive pour profiter du retournement

Face à ce qu’il considère comme un risque imminent, Michael Burry a pris des positions financières agressives. Selon ses déclarations, il détient une position vendeuse (short) à effet de levier contre un portefeuille d’entreprises technologiques, une stratégie qui lui permettrait de profiter d’un effondrement des cours. « Le jeu consiste essentiellement à sortir au bon moment », a-t-il précisé, tout en indiquant conserver certaines positions jugées sous-évaluées, qu’il compte réduire en fonction de l’évolution du marché.

Cette approche, bien que risquée, reflète la conviction de Burry selon laquelle le marché est actuellement dans une phase de surchauffe. Il n’est pas le seul à partager cette analyse : plusieurs observateurs notent que les valorisations des entreprises technologiques ont atteint des niveaux historiquement élevés, alimentés par des anticipations de croissance parfois déconnectées de la réalité économique.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient apporter des éléments concrets sur l’évolution du marché. Les investisseurs attendent avec attention les publications de résultats trimestriels des grandes entreprises technologiques, qui pourraient révéler des écarts entre les anticipations des analystes et la réalité économique. Une correction brutale du Nasdaq 100 pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026, selon les scénarios les plus pessimistes, mais reste à confirmer par les données macroéconomiques.

Un avertissement à prendre au sérieux, malgré les critiques

Michael Burry n’est pas un inconnu des marchés. Son succès à anticiper la crise des subprimes lui a valu une reconnaissance mondiale, même si certaines de ses prédictions ultérieures se sont révélées moins précises. Certains observateurs, comme la plateforme Limitless sur le réseau X, soulignent que ses alertes répétées sur des krachs imminents pourraient relever d’une stratégie visant à maintenir sa notoriété plutôt que d’une analyse purement financière.

Pourtant, les indicateurs avancés qu’il cite – tels que le ratio cours/bénéfices du Nasdaq 100 ou le dépassement de la moyenne mobile du secteur des semi-conducteurs – ne peuvent être ignorés. Ils rappellent en effet des configurations observées avant des crises majeures, ce qui justifie une attention particulière de la part des investisseurs et des régulateurs.

Reste à savoir si le marché suivra la trajectoire redoutée par Burry ou si, une fois de plus, les anticipations de krach se révéleront infondées. Une chose est sûre : dans un contexte de valorisations élevées et de volatilité accrue, la prudence s’impose pour les investisseurs exposés aux valeurs technologiques.

Michael Burry est un investisseur américain devenu célèbre pour avoir anticipé la crise des subprimes de 2007, comme le raconte le film « The Big Short ». Ses alertes sur les bulles spéculatives, bien que parfois critiquées, sont prises au sérieux en raison de son historique et de sa méthodologie d’analyse rigoureuse.

Le ratio cours/bénéfices (ou P/E) mesure la valorisation d’une action en divisant son cours par son bénéfice par action. Un ratio élevé peut indiquer une surévaluation, tandis qu’un ratio faible peut suggérer une sous-évaluation. Michael Burry estime que le Nasdaq 100, avec un ratio de 43, est surévalué par rapport à une normale estimée à 30.