Deux figures majeures de la parentalité en France se sont opposées publiquement entre 2022 et 2023 sur la manière d’accompagner les enfants en crise. Caroline Goldman, psychologue clinicienne et autrice, et Isabelle Filliozat, psychothérapeute spécialisée en éducation, ont cristallisé leurs divergences autour de la question centrale : faut-il privilégier le câlin ou l’isolement face à une crise de colère chez l’enfant ? Selon Libération, ce débat théorique a rapidement basculé dans une confrontation médiatique et personnelle, révélant des fractures profondes sur les méthodes éducatives.
Ce qu'il faut retenir
- Caroline Goldman et Isabelle Filliozat ont incarné deux visions opposées de l’éducation positive entre 2022 et 2023.
- Leur débat a porté sur la gestion des crises chez l’enfant, notamment l’utilisation des câlins ou de l’isolement.
- Les échanges, initialement professionnels, ont dégénéré en affrontements personnels et médiatiques violents.
- Leur opposition a mis en lumière les tensions autour de la santé mentale des enfants et des parents.
Deux expertises, deux méthodes radicalement différentes
Caroline Goldman, psychologue clinicienne connue pour ses prises de position sur la parentalité bienveillante, défend l’idée que les crises des enfants doivent être accompagnées avec empathie et sans punition. Isabelle Filliozat, autrice de nombreux ouvrages sur les émotions infantiles, prône quant à elle une approche où l’enfant est responsabilisé, y compris par le biais de l’isolement temporaire pour apaiser les tensions. Autant dire que le fossé était déjà large avant que leurs désaccords ne deviennent publics.
Leur confrontation a débuté sur les réseaux sociaux, avant d’être amplifiée par les médias. Les deux psychologues ont échangé des critiques acerbes, s’accusant mutuellement de minimiser les besoins des enfants ou, au contraire, de banaliser la souffrance des parents. Libération souligne que ces échanges, initialement ciblés, ont fini par impliquer des milliers de parents, divisés entre les deux approches.
Un débat qui dépasse le cadre professionnel
Ce qui n’aurait pu être qu’une discussion entre spécialistes a rapidement pris une dimension politique et sociale. Les deux psychologues ont reçu le soutien de milliers de parents, certains considérant Goldman comme une figure rassurante, d’autres voyant en Filliozat une experte plus réaliste face aux défis de l’éducation. Les forums et les réseaux sociaux se sont emparés du sujet, transformant une divergence professionnelle en un clivage idéologique.
Caroline Goldman a notamment critiqué les méthodes de Filliozat, estimant que l’isolement des enfants en crise pouvait aggraver leur détresse. De son côté, Isabelle Filliozat a accusé Goldman de sous-estimer la nécessité de poser des limites claires. «
On ne peut pas laisser un enfant hurler pendant des heures sans lui offrir de cadre. Ce n’est pas de la maltraitance, c’est de l’éducation.» a-t-elle déclaré à Libération.
Les conséquences sur les familles et les professionnels
Les familles se sont retrouvées prises en étau entre ces deux discours, souvent perçus comme irréconciliables. Les pédiatres, enseignants et psychologues ont été sollicités pour arbitrer, sans toujours y parvenir. Certains professionnels ont tenté de concilier les deux approches, prônant un équilibre entre empathie et fermeté. D’autres ont choisi leur camp, alimentant encore davantage la polémique.
Caroline Goldman a rappelé dans ses interventions que son objectif était de protéger la santé mentale des enfants, tout en soutenant les parents épuisés. «
La bienveillance ne signifie pas l’absence de limites. Elle signifie comprendre ce que vit l’enfant sans lui faire porter le poids de notre fatigue.» a-t-elle expliqué. Filliozat, de son côté, a insisté sur l’importance de ne pas culpabiliser les parents, tout en défendant des méthodes éducatives exigeantes.
Quoi qu’il en soit, ce conflit a révélé une vérité simple : en matière d’éducation, il n’existe pas de recette universelle. Les parents, comme les professionnels, doivent naviguer entre leurs convictions et les besoins concrets des enfants, dans un contexte où les attentes sont souvent contradictoires.
Caroline Goldman privilégie une approche empathique et sans punition, où l’enfant est accompagné dans ses émotions sans être isolé. Isabelle Filliozat défend l’idée de poser des limites claires, y compris par le biais de l’isolement temporaire pour apaiser les tensions, estimant que cela permet à l’enfant de mieux se réguler.