L'avionneur européen Airbus fait face à de nouveaux retards dans les livraisons de son biréacteur long-courrier A350, prévues pour la fin de la décennie, en raison de difficultés persistantes d'approvisionnement en pièces critiques du fuselage. Selon BFM Business, ces retards sont principalement liés à des problèmes survenant dans une ancienne usine de Spirit AeroSystems située à Kinston, en Caroline du Nord, récemment acquise par Airbus.
Ce qu'il faut retenir
- Airbus annonce des retards pour les livraisons d'A350 prévues en fin de décennie, principalement dus à des problèmes d'approvisionnement en pièces du fuselage auprès de l'usine de Kinston (Caroline du Nord).
- L'usine, spécialisée dans la fabrication de panneaux composites pour le fuselage supérieur et de longerons en fibre de carbone, a connu des difficultés logistiques et humaines depuis son rachat par Airbus en 2025.
- La fabrication des portes cargo pour le nouvel A350 Freighter, produite en Espagne, est également perturbée, mais Airbus maintient inchangés le premier vol (fin 2026) et la première livraison (2027).
- Le site de Kinston, racheté en même temps que l'usine d'ailes de Belfast (pour l'A220), emploie des robots sur une surface de 46 500 m².
Un rachat récent compliqué par des défis logistiques et humains
Airbus a acquis l'usine de Kinston, en Caroline du Nord, ainsi que celle de Belfast dédiée à la production des ailes de l'A220, lors de l'acquisition partielle de Spirit AeroSystems l'année dernière. À l'époque, la majorité des activités de Spirit AeroSystems était déjà retournée sous l'égide de Boeing, laissant Airbus avec des sites moins familiers et des processus de transition à gérer. Le site de Kinston, équipé de robots et couvrant 46 500 m², joue un rôle clé dans la fabrication des panneaux composites du fuselage supérieur de l'A350 et des longerons en fibre de carbone pour chaque aile.
Cependant, la transition vers Airbus ne s'est pas déroulée sans heurts. Des sources industrielles citées par BFM Business soulignent des « problèmes de personnel », certains employés ayant choisi de réintégrer les anciennes activités de Spirit au sein de Boeing plutôt que de travailler pour le nouvel employeur. « La transition ne s'est pas déroulée sans heurts », a déclaré à Reuters une source haut placée du secteur aérospatial.
Des perturbations qui s'étendent à d'autres segments de production
Outre les difficultés rencontrées à Kinston, Airbus fait état de perturbations dans la fabrication des portes cargo de l'A350 Freighter, produite en Espagne. Ces retards s'ajoutent aux tensions déjà présentes sur la chaîne d'approvisionnement, alors que l'avionneur maintient officiellement ses objectifs pour le premier vol de l'A350 Freighter, prévu pour la fin de l'année 2026, ainsi que pour la première livraison commerciale en 2027. Un porte-parole d'Airbus a réaffirmé cette position, précisant que l'entreprise ne commente jamais les délais de livraison.
Dans un communiqué adressé aux analystes le mois dernier, Airbus avait assuré qu'aucune « mauvaise surprise » n'avait été constatée à Kinston. Pourtant, le directeur financier de l'avionneur, Thomas Toepfer, avait souligné la complexité logistique liée à l'envoi d'experts européens pour accompagner la montée en puissance du site américain. La coordination entre les équipes locales et les renforts venus d'Europe s'avère plus difficile que prévu, ralentissant la production des pièces critiques.
Un contexte industriel déjà sous pression
Ces retards surviennent dans un environnement industriel déjà tendu pour Airbus. Le constructeur aéronautique, en pleine montée en puissance de ses programmes phares comme l'A350, doit composer avec une demande soutenue et des contraintes logistiques accrues. Le rachat de Spirit AeroSystems, bien que stratégique pour sécuriser certaines approvisionnements, a ajouté une couche de complexité supplémentaire. Kinston, autrefois dédiée à Boeing, doit désormais répondre aux exigences d'Airbus, un changement qui implique des ajustements techniques, organisationnels et humains.
Les problèmes rencontrés rappellent ceux observés lors de la montée en puissance d'autres programmes, comme l'A380 ou l'A320neo, où des retards initiaux avaient été attribués à des goulots d'étranglement dans la chaîne d'approvisionnement. Cette fois, c'est une usine américaine, intégrée tardivement au groupe, qui devient le maillon faible. « La transition ne s'est pas déroulée sans heurts », a résumé une source industrielle, confirmant que les défis restent importants.
« La transition ne s'est pas déroulée sans heurts. »
Une source haut placée du secteur aérospatial, citée par BFM Business
Pour l'heure, Airbus maintient ses objectifs pour le premier vol de l'A350 Freighter et la première livraison en 2027, mais la prudence reste de mise. La gestion des ressources humaines et la coordination logistique entre l'Europe et les États-Unis pourraient déterminer la rapidité avec laquelle ces défis seront surmontés.
Airbus a acquis l'usine de Kinston (Caroline du Nord) et celle de Belfast (Irlande du Nord) lors du rachat partiel de Spirit AeroSystems en 2025. Ces sites, spécialisés dans la fabrication de pièces pour le fuselage et les ailes, devaient permettre à Airbus de sécuriser une partie de son approvisionnement et de réduire sa dépendance à Boeing, alors que Spirit AeroSystems était historiquement lié à l'avionneur américain.