En ce début de printemps 2026, la Bretagne ne connaît pas d’épisode précoce de prolifération d’algues vertes, à l’exception notable de la baie de la Lieue de Grève, située dans les Côtes-d’Armor. Selon Ouest France, cette zone est actuellement touchée par des dépôts d’algues dont les concentrations sont jugées relativement élevées pour la saison. Pourtant, l’espèce en cause n’est pas l’Ulva armoricana, habituellement responsable des marées vertes dans la région, mais une espèce proche, l’Ulvaria obscura, apparue pour la première fois dans ce secteur en 2023.
Ce qu'il faut retenir
- En 2026, aucune prolifération précoce d’algues vertes n’est observée en Bretagne, à l’exception de la baie de la Lieue de Grève (Côtes-d’Armor).
- Cette zone présente des dépôts d’algues à des niveaux relativement élevés pour la période.
- L’espèce dominante n’est pas l’Ulva armoricana, mais l’Ulvaria obscura, détectée dans la baie depuis 2023.
- L’Ulva armoricana reste l’espèce historique responsable des marées vertes en Bretagne.
La baie de la Lieue de Grève, connue pour ses paysages préservés et ses activités ostréicoles, est donc la seule à faire exception cette année. Les premiers dépôts d’Ulvaria obscura y ont été identifiés dès 2023, une première pour la région. Selon les observations rapportées par Ouest France, ces dépôts actuels, bien que significatifs, ne présentent pas encore l’ampleur des marées vertes historiques observées dans d’autres baies bretonnes. Les autorités locales et les scientifiques surveillent de près l’évolution de la situation, craignant une possible extension de cette prolifération à d’autres secteurs.
L’Ulvaria obscura est une espèce proche de l’Ulva armoricana, mais moins étudiée en Bretagne. Son apparition récente dans la baie de la Lieue de Grève interroge les spécialistes. «
Cette espèce n’avait pas été signalée auparavant dans cette zone à une telle échelle. Nous suivons son évolution avec attention, car ses impacts écologiques et économiques pourraient différer de ceux de l’Ulva armoricana», a expliqué un chercheur du laboratoire de l’Institut universitaire européen de la mer (IUEM), cité par Ouest France. Les marées vertes, phénomène récurrent en Bretagne depuis les années 1970, sont principalement liées au rejet excessif de nitrates issus de l’agriculture intensive et des eaux usées.
Si l’Ulvaria obscura venait à se généraliser, cela pourrait bouleverser les stratégies de lutte contre les marées vertes en Bretagne. Jusqu’à présent, les plans de prévention ciblaient principalement l’Ulva armoricana, en limitant les apports en nitrates. L’adaptation des mesures pourrait s’avérer nécessaire, d’autant que cette nouvelle espèce pourrait avoir des dynamiques de prolifération différentes. Les acteurs locaux espèrent que cette situation restera circonscrite à la baie de la Lieue de Grève, évitant ainsi une nouvelle crise environnementale dans la région.
Par ailleurs, cette observation rappelle l’importance de poursuivre les efforts pour réduire les rejets de nitrates en Bretagne. Les marées vertes, qu’elles soient causées par l’Ulva armoricana ou une autre espèce, restent un enjeu majeur pour la qualité des eaux et des écosystèmes côtiers. Les agriculteurs, principaux émetteurs de nitrates, sont déjà soumis à des contraintes renforcées depuis plusieurs années. Reste à savoir si ces mesures seront suffisantes pour endiguer durablement le phénomène, dans un contexte où le dérèglement climatique pourrait aggraver les proliférations d’algues.
L’Ulvaria obscura est une espèce moins documentée que l’Ulva armoricana. Son apparition récente dans la baie de la Lieue de Grève soulève des interrogations sur ses dynamiques de prolifération, ses impacts écologiques et les moyens de lutte adaptés. Contrairement à l’Ulva armoricana, son développement pourrait être moins sensible aux mêmes leviers de réduction des nitrates, ce qui compliquerait la gestion du phénomène.