Le géant américain Apple franchit une nouvelle étape dans l’intégration de l’intelligence artificielle à ses services, selon Le Monde. Lors d’une annonce récente, le constructeur a révélé le développement d’une version profondément repensée de son assistant vocal Siri, reposant en partie sur Gemini, le modèle d’IA développé par Google. Cette évolution marque un tournant dans la stratégie d’Apple, qui mise désormais sur des partenariats technologiques externes pour renforcer les capacités de son écosystème.
Ce nouveau Siri ne se contentera plus de répondre à des commandes vocales basiques. Il flottera littéralement au-dessus des applications d’Apple, avec la capacité théorique de les piloter de manière coordonnée. Autrement dit, l’assistant ne se limitera plus à lancer une application : il pourra enchaîner plusieurs actions de façon fluide, en combinant par exemple l’envoi d’un message, la gestion d’un calendrier et l’ouverture d’un fichier, le tout sans intervention manuelle de l’utilisateur. Pour les observateurs, cette avancée s’inscrit dans une logique de convergence entre les interfaces vocales et les environnements applicatifs, une tendance de fond dans l’industrie technologique.
Ce qu'il faut retenir
- Nouveau partenaire : Siri intégrera désormais le modèle d’IA Gemini développé par Google, une première pour Apple.
- Fonctionnalités étendues : L’assistant pourra coordonner plusieurs applications d’Apple en une seule séquence d’actions automatisées.
- Technologie en surcouche : Siri « flottera » au-dessus des applications, sans les remplacer, pour offrir une expérience unifiée.
- Calendrier incertain : La date de déploiement de cette version en Europe n’a pas encore été communiquée par Apple.
- Stratégie partenariale : Cette collaboration avec Google marque un rapprochement inédit entre deux géants habituellement en concurrence.
Une révolution dans l’expérience utilisateur
L’une des innovations les plus marquantes réside dans la capacité de ce nouveau Siri à interagir de manière transparente entre les différentes applications d’Apple. Par exemple, l’utilisateur pourrait demander à son assistant : « Prépare mon voyage à Paris : vérifie mon vol, réserve une chambre d’hôtel via l’appli Réservations, et envoie un message à mon collègue pour lui dire que je serai en retard. » Grâce à l’IA de Google, Siri serait en mesure d’interpréter cette requête complexe et d’exécuter chaque étape de manière coordonnée, sans que l’utilisateur n’ait à passer d’une application à l’autre. « C’est une avancée majeure pour l’automatisation des tâches quotidiennes », a précisé un porte-parole d’Apple sous couvert d’anonymat.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte où les assistants vocaux doivent désormais rivaliser avec des outils comme ChatGPT ou les solutions intégrées aux smartphones Android, qui proposent déjà des fonctionnalités avancées de planification et de gestion multi-applications. Apple, connu pour son approche verticale et son contrôle strict de son écosystème, franchit ici un cap en s’ouvrant à des technologies externes — une décision qui pourrait surprendre ses habituels détracteurs sur sa fermeture technologique. D’ailleurs, selon Le Monde, cette intégration de Gemini aurait été rendue possible grâce à des accords commerciaux et techniques négociés en secret entre les deux entreprises au cours des derniers mois.
Des questions persistent sur le déploiement en Europe
Si Apple n’a pas encore levé le voile sur le calendrier précis de cette mise à jour, plusieurs indices laissent penser que son lancement généralisé pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026. En revanche, l’Europe semble pour l’instant laissée de côté dans les annonces officielles. « Aucune date n’a été communiquée pour le marché européen, où les régulations en matière d’IA et de protection des données sont particulièrement strictes », a expliqué un analyste spécialisé dans les technologies, cité par Le Monde.
Cette incertitude soulève des interrogations sur les délais d’adaptation nécessaires pour se conformer au Règlement européen sur l’intelligence artificielle (AI Act), entré en vigueur progressivement depuis 2024. Apple, qui a souvent critiqué les lourdeurs administratives de Bruxelles, pourrait devoir ajuster certaines fonctionnalités de son assistant pour garantir leur conformité avec les normes européennes. « Les équipes juridiques et techniques d’Apple sont en train d’évaluer l’impact de ces régulations sur le déploiement de Siri 2.0 », a indiqué une source interne au Figaro.
Pour l’instant, les utilisateurs d’Apple peuvent continuer à utiliser Siri dans sa version actuelle, tandis que les développeurs sont invités à se préparer à l’arrivée de cette nouvelle interface. Une chose est sûre : cette intégration de Gemini marque une étape clé dans la course à l’IA entre les géants de la tech, et pourrait bien redéfinir les standards des assistants vocaux dans les années à venir.
D’après Le Monde, Apple a opté pour Gemini en raison de l’avance technologique de Google dans le domaine des grands modèles de langage. Intégrer une solution existante, déjà mature, permet à Apple de gagner du temps tout en offrant une expérience utilisateur hautement performante. Cette décision s’inscrit aussi dans une stratégie de diversification des partenariats, après des années de dépendance à ses propres technologies.