Depuis 2022, certaines mairies en France proposent un dispositif original pour occuper les jeunes pendant les vacances : un « argent de poche » en échange de missions de proximité. À Saint-Caprais-de-Bordeaux, en Gironde, les inscriptions pour l’été 2026 ont même dû fermer plus tôt que prévu, tant la demande a été forte. Selon Capital, ce programme permet aux adolescents de 14 à 17 ans de gagner jusqu’à 75 euros sur une semaine, tout en s’impliquant dans la vie locale.

Ce qu'il faut retenir

  • Le dispositif s’adresse aux jeunes de 14 à 17 ans inclus résidant dans la commune concernée.
  • Ils doivent effectuer des missions de proximité (entretien, événements locaux) pour une rémunération de 15 euros pour 3h30 de travail.
  • Les inscriptions se font sur dossier, incluant une lettre de motivation et des justificatifs variés.
  • À Saint-Caprais-de-Bordeaux, six jeunes ont été retenus pour la période du 6 au 24 juillet 2026.
  • Cette initiative s’inscrit souvent dans le cadre des politiques jeunesse ou du programme « Ville-Vie-Vacances ».

Créé dans les quartiers prioritaires avant d’être étendu aux communes rurales, ce dispositif répond à un double objectif : occuper utilement les adolescents pendant les vacances et les intégrer dans la vie collective. « Cela permet aux jeunes qui n’ont pas la possibilité de partir en vacances de pouvoir s’occuper et de créer des liens avec d’autres jeunes de la même tranche d’âge », explique la municipalité de Saint-Caprais-de-Bordeaux, qui a lancé ce programme il y a quatre ans. Le succès est tel que les inscriptions pour l’été 2026 ont été closes prématurément, faute de places disponibles. « C’était quelque chose qui était vraiment attendu », souligne la mairie.

Les missions proposées varient selon les collectivités, mais elles s’articulent souvent autour de l’entretien des espaces publics ou de l’organisation d’événements locaux. À Saint-Caprais-de-Bordeaux, les jeunes interviennent principalement sur les services techniques, comme l’entretien des bâtiments communaux, la préparation du 14-Juillet ou encore la logistique des manifestations. « Dans notre collectivité, on les fait intervenir surtout sur les services techniques, l’entretien des bâtiments communaux, notamment des écoles, la mise en place du 14-Juillet ou d’autres manifestations, des petites choses comme ça », précise la mairie.

Pour participer, les candidats doivent remplir un dossier complet. Outre la résidence dans la commune et l’âge requis, il faut fournir une lettre de motivation, une attestation de responsabilité civile, un justificatif d’identité pour le jeune et son représentant légal, un justificatif de domicile, ainsi qu’une photocopie des vaccins obligatoires. Ces critères, stricts mais accessibles, visent à garantir la transparence et l’engagement des participants. À Saint-Caprais-de-Bordeaux, six jeunes ont été sélectionnés pour la session estivale 2026, qui se déroulera du 6 au 24 juillet. Chaque semaine, ils toucheront 75 euros pour 3h30 de travail quotidien, soit une rémunération nette de 15 euros par session.

Ce système décentralisé permet à chaque commune, CCAS (Centre communal d’action sociale) ou intercommunalité de l’adapter selon ses besoins. Il s’inscrit fréquemment dans le cadre des politiques jeunesse locales ou du programme national « Ville-Vie-Vacances », qui vise à favoriser l’inclusion des jeunes dans les territoires. Certaines collectivités vont même plus loin en transformant l’expérience en engagement durable : après leur mission, les jeunes peuvent conserver un lien avec la collectivité et devenir bénévoles au CCAS. « Certains gardent contact avec la collectivité et deviennent bénévoles au centre communal d’action sociale », indique la mairie de Saint-Caprais-de-Bordeaux.

Outre la rémunération immédiate, ce dispositif offre un avantage non négligeable pour l’avenir. Les participants reçoivent une attestation de participation qu’ils peuvent valoriser dans leur parcours éducatif, notamment sur la plateforme Parcoursup. « Je ne pense pas que ça leur fait gagner des points mais c’est quand même un atout », explique la ville. Pour les jeunes issus de milieux modestes, cette expérience représente aussi une première immersion dans le monde professionnel, même si les missions restent accessibles et encadrées. Elle leur permet de développer des compétences transversales, comme le travail d’équipe ou le sens des responsabilités, tout en contribuant à leur environnement immédiat.

Le dispositif, bien que localisé, s’inscrit dans une dynamique nationale visant à lutter contre les inégalités territoriales en matière d’accès aux vacances et aux activités pour les jeunes. D’autres communes en France ont adopté des initiatives similaires, avec des montants et des modalités variables. Certaines, comme l’a révélé Capital, proposent même des sommes plus élevées, comme 30 euros par jour pour une durée déterminée. Ces programmes répondent à un besoin croissant d’activités structurantes pour les adolescents, surtout pendant les périodes de congés scolaires où les offres de loisirs peuvent être limitées pour les familles aux revenus modestes.

Et maintenant ?

Pour l’été 2026, les communes ayant déjà mis en place ce dispositif devraient affiner leur offre en fonction de la demande et des retours des participants. D’autres collectivités pourraient s’inspirer du modèle de Saint-Caprais-de-Bordeaux et lancer des appels à candidatures avant la fin du printemps. Reste à voir si ces initiatives seront élargies à de nouvelles zones ou si des ajustements seront nécessaires pour répondre aux besoins spécifiques des jeunes et des territoires.

Les familles intéressées par ce dispositif sont invitées à se renseigner directement auprès de leur mairie ou de leur CCAS dès le printemps, les inscriptions se terminant souvent bien avant le début des vacances. Pour les adolescents, c’est une opportunité de concilier utilité sociale, rémunération et expérience valorisable dans leur parcours.

Pour y prétendre, il faut avoir entre 14 et 17 ans inclus, résider dans la commune où la demande est effectuée, et fournir un dossier complet comprenant une lettre de motivation, une attestation de responsabilité civile, un justificatif d’identité pour le jeune et son représentant légal, un justificatif de domicile, ainsi qu’une photocopie des vaccins obligatoires.