Un ancien employé d’Epic Games, l’entreprise derrière le célèbre moteur graphique Unreal Engine, souhaite développer une alternative européenne. Arjan Brussee, qui a travaillé chez Epic Games, a annoncé son intention de créer un moteur 3D concurrent, selon Frandroid.

Ce qu'il faut retenir

  • Arjan Brussee, ancien de chez Epic Games, veut lancer un moteur 3D concurrent à l’Unreal Engine.
  • Ce projet s’inscrit dans une volonté de renforcer la souveraineté technologique européenne.
  • Frandroid révèle cette initiative qui vise à proposer une alternative aux solutions américaines dominantes.

Un défi technologique et stratégique

Arjan Brussee, qui a occupé des postes chez Epic Games, une entreprise américaine bien connue pour son moteur Unreal Engine utilisé dans l’industrie du jeu vidéo, souhaite désormais proposer une solution européenne. L’objectif, explique-t-il, est de réduire la dépendance des studios européens aux outils américains en développant un moteur 3D autonome. Selon Frandroid, Brussee mise sur une approche innovante pour séduire les développeurs locaux.

Ce projet s’inscrit dans un contexte plus large de recherche de souveraineté technologique. En Europe, plusieurs initiatives visent à renforcer l’autonomie dans des secteurs stratégiques, notamment dans les nouvelles technologies. Les moteurs 3D jouent un rôle clé dans la création de jeux vidéo, de films d’animation et de simulations, autant de domaines où la maîtrise des outils devient un enjeu économique et géopolitique.

Pourquoi une alternative à l’Unreal Engine ?

L’Unreal Engine, développé par Epic Games, est aujourd’hui l’un des moteurs 3D les plus utilisés au monde. Il est plébiscité pour ses performances graphiques et sa flexibilité, mais son adoption massive pose question en termes de dépendance technologique. « Les développeurs européens ont besoin d’alternatives pour éviter de se retrouver prisonniers d’un écosystème contrôlé par des acteurs extra-européens », a déclaré Brussee à Frandroid.

En développant un moteur concurrent, Brussee espère attirer les studios de jeux et les créateurs de contenus visuels en Europe. Le projet pourrait également bénéficier de financements publics ou privés, dans le cadre des plans européens pour la transition numérique. Pour l’instant, aucun nom officiel n’a été donné à ce futur moteur, ni de date précise pour son lancement.

Les défis à relever

Créer un moteur 3D compétitif représente un défi de taille. Les acteurs établis, comme Epic Games, Unity Technologies ou Autodesk, disposent de plusieurs années d’avance en termes de R&D et de parts de marché. Brussee devra donc convaincre les développeurs de parier sur une solution encore inexistante, en mettant en avant des arguments comme la personnalisation, les coûts réduits ou une meilleure adaptation aux besoins européens.

Un autre obstacle concerne l’adoption par l’industrie. Pour qu’un moteur 3D perce, il doit être adopté par un nombre suffisant de studios et d’utilisateurs. Sans cette masse critique, le projet risque de rester marginal. Brussee compte sur une stratégie progressive, en ciblant d’abord des niches spécifiques avant de s’étendre.

Et maintenant ?

Arjan Brussee n’a pas encore communiqué de calendrier précis pour le lancement de son moteur 3D. Les prochains mois pourraient être décisifs pour évaluer l’avancée du projet. Si les premiers tests ou démonstrations voient le jour d’ici la fin 2026, cela pourrait accélérer l’intérêt des investisseurs et des studios. Reste à voir si cette initiative parviendra à fédérer suffisamment de partenaires pour concurrencer les géants du secteur.

Cette volonté de souveraineté technologique ne se limite pas au secteur du jeu vidéo. Dans d’autres domaines, comme l’intelligence artificielle ou les semi-conducteurs, l’Europe cherche à réduire sa dépendance aux États-Unis et à la Chine. Le projet de Brussee s’inscrit donc dans une dynamique plus large, où la maîtrise des outils numériques devient un enjeu de puissance.

Selon Arjan Brussee, l’objectif est de proposer une solution plus adaptée aux besoins des développeurs européens, avec une meilleure maîtrise des coûts et une indépendance technologique accrue. « Cela permettrait aux studios de ne plus dépendre d’un acteur étranger pour des outils stratégiques », a-t-il expliqué à Frandroid.