Les industriels de l’alimentation réclament des hausses de prix « de quelques centimes sur certains produits », de manière « très ponctuelle », afin de répercuter les surcoûts liés à la guerre au Moyen-Orient. Cette position a été exposée par Jean-François Loiseau, président de l’Ania (Association nationale des industries alimentaires), lors d’un entretien diffusé sur franceinfo ce lundi 11 mai 2026.
Une réunion est organisée en fin de journée à l’invitation du gouvernement, réunissant distributeurs et industriels. L’objectif n’est pas, selon l’Ania, de « rouvrir le grand bal des négociations commerciales » — qui s’étaient achevées fin février 2026 — mais de permettre aux entreprises du secteur de faire face à l’inflation des coûts depuis le début du conflit en Iran. « L’enjeu porte sur quelques centimes sur certains produits », a indiqué Jean-François Loiseau, précisant que ces hausses seraient « très ponctuelles » et directement liées à l’évolution des prix de l’énergie.
Ce qu’il faut retenir
- Les industriels de l’alimentation demandent des augmentations « de quelques centimes » sur certains produits, selon l’Ania.
- Ces hausses seraient « très ponctuelles » et liées aux coûts énergétiques liés à la guerre au Moyen-Orient.
- La réunion de ce 11 mai 2026 à Matignon vise à discuter de la répercussion de ces coûts sans renégocier les accords commerciaux en vigueur.
- L’Ania représente environ 23 000 entreprises du secteur alimentaire en France.
- Les filières les plus touchées incluent le plastique, notamment pour l’emballage des produits alimentaires.
Une hausse des coûts « ciblée » pour éviter les faillites
Selon Jean-François Loiseau, la flambée des prix du pétrole et du gaz — conséquence directe de la guerre en Iran — a mécaniquement renchéri les coûts de production dans plusieurs filières. « Si nous voulons maintenir un tissu d’entreprises viables sur le territoire, il faut qu’elles puissent répercuter les hausses quand celles-ci arrivent de façon très ciblée », a-t-il plaidé. L’Ania craint en effet des faillites parmi les petites entreprises, dont les marges sont déjà « réduites au plus bas ». « Nous ne pouvons pas sans arrêt être la dernière roue du carrosse », a-t-il insisté, soulignant que les industriels ne peuvent absorber indéfiniment ces surcoûts.
Parmi les secteurs les plus exposés figurent celui du plastique, utilisé pour les emballages alimentaires. « Quand le prix du pétrole augmente ou baisse, il y a des hausses et des baisses à la pompe, mais personne ne s’en soucie », a-t-il comparé. « Je demande la même chose : que ces variations soient répercutées ponctuellement sur les produits concernés. » Une logique qui s’appliquerait aussi bien à la hausse qu’à la baisse des cours, a-t-il ajouté.
Une réunion à Matignon pour trouver un compromis
La rencontre de cet après-midi à l’Hôtel de Matignon s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre industriels et grande distribution. Alors que les négociations commerciales annuelles se sont closes fin février, le gouvernement cherche à éviter une crise économique dans le secteur. « L’objectif n’est pas de rouvrir les négociations, mais de prendre acte des hausses de coûts enregistrées depuis le début du conflit », a rappelé Jean-François Loiseau.
Du côté de la distribution, la volonté de ne pas renégocier les contrats en vigueur reste forte, malgré la pression des industriels. Certains acteurs du secteur évoquent en effet un risque de « report des hausses » sur les consommateurs, dans un contexte où l’inflation reste une préoccupation majeure pour les ménages. Les industriels, eux, insistent sur la nécessité de préserver leur compétitivité face à une concurrence internationale accrue.
Un équilibre fragile entre compétitivité et pouvoir d’achat
La demande de l’Ania s’appuie sur un argument économique simple : sans répercussion partielle des coûts, des entreprises pourraient être contraintes de réduire leurs effectifs ou, dans le pire des cas, de déposer le bilan. « Les petites structures n’ont plus de marge de manœuvre », a expliqué le président de l’association, qui représente près de 23 000 entreprises employant environ 400 000 salariés en France.
Cette situation intervient alors que les prix de l’énergie restent volatils, en lien avec l’évolution du conflit au Moyen-Orient. « Si le pétrole baisse, les prix des produits concernés baisseront aussi », a-t-il souligné, rappelant que les variations des cours à la pompe sont rarement commentées lorsqu’elles jouent en faveur des consommateurs. « La même logique doit s’appliquer dans l’autre sens. »
Pour l’heure, aucune décision n’a encore été annoncée. Les échanges devraient se poursuivre dans les semaines à venir, alors que les industriels appellent à une « solidarité » entre tous les acteurs de la chaîne alimentaire.