Selon Numerama, la chanteuse britannique Dua Lipa a déposé une plainte contre le géant sud-coréen Samsung Electronics devant un tribunal fédéral de Californie. Dans ce recours, elle exige le versement de 15 millions de dollars (soit environ 13,8 millions d’euros) en dommages et intérêts, accusant la marque d’avoir utilisé son image sans autorisation sur les emballages de plusieurs modèles de téléviseurs commercialisés aux États-Unis.
Ce qu'il faut retenir
- Dua Lipa reproche à Samsung d’avoir exploité une photographie la représentant sur les emballages de téléviseurs vendus aux États-Unis depuis début 2025.
- La photo en question, intitulée « Dua Lipa – Backstage at Austin City Limits, 2024 », est protégée par le droit d’auteur américain.
- La plainte invoque trois chefs d’accusation : violation du droit d’auteur, du droit à l’image et du Lanham Act (fausse publicité).
- Samsung aurait ignoré les demandes de la chanteuse de cesser cette utilisation depuis juin 2025.
- La marque aurait tiré profit de cette association, selon l’équipe juridique de Dua Lipa, en induisant en erreur les consommateurs.
- L’affaire pourrait aboutir à une condamnation totale dépassant les 50 millions de dollars, si l’on se réfère à des affaires similaires.
Concrètement, la photographie en cause, prise en coulisses lors du festival Austin City Limits Music Festival en 2024, est officiellement enregistrée auprès du bureau américain des droits d’auteur (U.S. Copyright Office). Dua Lipa en détient les droits patrimoniaux. Or, selon la plainte déposée le 8 mai 2026, Samsung aurait reproduit cette image de manière « proéminente » sur les emballages en carton de plusieurs modèles de téléviseurs commercialisés aux États-Unis depuis le début de l’année 2025.
La chanteuse dénonce une utilisation « sans sa connaissance, sans contrepartie, et sans qu’elle ait eu son mot à dire, le moindre contrôle ou contribution ». Pire, elle affirme que Samsung a créé l’impression qu’elle soutenait officiellement ses produits, alors qu’aucun contrat promotionnel n’a jamais été signé entre les deux parties. Cette absence de collaboration est au cœur des griefs formulés dans la plainte.
Le recours à l’image d’une personnalité comme Dua Lipa est une stratégie marketing courante pour les marques. Pourtant, dans ce cas précis, la chanteuse estime que cette exploitation a directement nui à son image. Son équipe juridique a fourni des preuves sous forme de témoignages de consommateurs publiés sur X, certains indiquant avoir acheté des téléviseurs Samsung en raison de la présence de son image sur l’emballage. Une confusion qui, selon elle, a permis à la marque de bénéficier de profits indus.
Trois chefs d’accusation pour étayer la plainte
La plainte déposée par Dua Lipa repose sur trois fondements juridiques distincts. Le premier concerne la violation du droit d’auteur (copyright infringement). Samsung aurait reproduit et distribué commercialement une image protégée par le droit d’auteur sans licence ni autorisation de son titulaire. L’enregistrement officiel de la photographie auprès du U.S. Copyright Office renforce la position de la chanteuse.
Le deuxième grief porte sur la violation du droit à l’image (right of publicity). En Californie, ce droit permet à une célébrité de contrôler l’exploitation commerciale de son identité. La plainte stipule que l’utilisation non autorisée de l’image de Dua Lipa « a causé et continue de causer une dilution de son identité de marque et de sa réputation commerciale, en induisant faussement le public à croire qu’elle approuve et cautionne » les produits Samsung. Autant dire que l’artiste accuse la marque d’avoir profité indûment de sa notoriété.
Enfin, la plainte invoque le Lanham Act, une loi fédérale américaine qui sanctionne la fausse publicité et les pratiques trompeuses. Les avocats de Dua Lipa soutiennent que « la conduite contrefaisante de Samsung se moque du travail acharné [de la chanteuse] pour établir une marque à succès et l’a privée de sa capacité à contrôler et monétiser ses actifs ». Une accusation qui vise à démontrer que la marque a profité de son image sans en assumer les responsabilités.
Une absence de réaction de Samsung aggrave le dossier
Selon la plainte, Samsung aurait ignoré à plusieurs reprises les demandes de Dua Lipa de cesser l’utilisation de son image depuis juin 2025. La chanteuse qualifie même l’attitude de la marque de « méprisante et insouciante » (« dismissive and callous »). Cette absence de réaction pourrait être considérée comme un élément aggravant par le tribunal, d’autant que l’utilisation de son image s’est poursuivie pendant des mois après les premières protestations.
Dua Lipa réclame un minimum de 15 millions de dollars de dommages compensatoires, correspondant à la valeur marchande d’un contrat de parrainage légitime et au préjudice subi par son image. À cela s’ajoutent la confiscation de tous les profits réalisés par Samsung grâce à cette utilisation non autorisée, ainsi que des dommages punitifs dont le montant sera déterminé par le tribunal afin de sanctionner le comportement jugé inacceptable par la chanteuse.
Pour donner une idée de l’ampleur des sommes en jeu, l’affaire opposant Michael Jordan à la chaîne de supermarchés Safeway en 2015 avait abouti à une condamnation de 8,9 millions de dollars pour une simple publicité d’hommage non autorisée dans un magazine. Dans le cas de Samsung, qui a mené une campagne de masse sur des millions d’emballages pendant plus d’un an, le montant total de la condamnation pourrait dépasser les 50 millions de dollars, selon les estimations des juristes.
Quoi qu’il en soit, cette affaire rappelle l’importance pour les marques de respecter les droits à l’image et de s’assurer que toute utilisation de l’identité d’une personnalité est encadrée par un contrat. Pour Dua Lipa, il s’agit avant tout de défendre son image et sa capacité à monétiser son travail, une priorité pour les célébrités comme elle.
Il s’agit d’une photo intitulée « Dua Lipa – Backstage at Austin City Limits, 2024 », prise en coulisses lors du festival Austin City Limits Music Festival en 2024. Cette image est protégée par le droit d’auteur et enregistrée auprès du U.S. Copyright Office.
Selon la plainte, Samsung utilise cette image sur les emballages de plusieurs modèles de téléviseurs vendus aux États-Unis depuis le début de l’année 2025.