Trois Françaises ont confié plus de 200 000 euros à un escroc se faisant appeler « Kim », après avoir été contactées sur l’application de rencontres Tinder. Selon Libération, ce dernier leur avait promis des gains financiers rapides avant de disparaître avec l’intégralité des fonds.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 200 000 euros versés par trois Françaises à un escroc se faisant appeler « Kim », contacté via Tinder.
- Le montant a été collecté en plusieurs virements avant que l’escroc ne disparaisse avec les fonds.
- Les victimes, Marie, Sandra et Julie, ont partagé leur témoignage avec Libération, dans le cadre d’un reportage sur les centres d’arnaques aux cryptomonnaies.
Une rencontre en ligne, une promesse de gains rapides
Tout a commencé par une rencontre sur Tinder, où « Kim » a abordé Marie, avant d’étendre son réseau à Sandra et Julie. Selon les trois victimes, l’homme leur a présenté un système de placement en cryptomonnaies, garantissant des rendements élevés en un temps record. Marie, qui a été la première contactée, a expliqué à Libération : « Il m’a dit que je pourrais doubler mon argent en quelques semaines, sans risque. »
Les promesses étaient suffisamment alléchantes pour convaincre les trois femmes, malgré les mises en garde habituelles sur les arnaques aux placements financiers. Les échanges se sont poursuivis hors de l’application, principalement via des messages vocaux et des conversations cryptées, avant que les victimes ne soient invitées à transférer des fonds sur des plateformes d’investissement en ligne.
Des virements successifs avant la disparition de l’escroc
Selon les éléments recueillis par Libération, les transferts ont commencé par des montants modestes, avant d’augmenter progressivement. « J’ai d’abord envoyé 5 000 euros, puis 10 000, puis 20 000, raconte Sandra. Chaque fois, il me disait que c’était pour accélérer les gains. » Au total, les trois victimes ont transféré plus de 200 000 euros en quelques semaines, sans jamais recevoir le moindre retour sur investissement.
Les investigations menées par Libération révèlent que « Kim » a disparu dès que les virements sont devenus trop importants pour être traçables facilement. Les plateformes utilisées pour les transferts, bien que légitimes en apparence, n’ont pas permis de récupérer les fonds, faute de preuves suffisantes ou de coopération internationale.
Un phénomène en hausse, des victimes toujours plus nombreuses
Ce type d’arnaque s’inscrit dans une tendance de fond : celle des « scam centers », ces centres d’appels frauduleux qui ciblent les particuliers via les réseaux sociaux ou les applications de rencontre. Comme le rapporte Libération, ces organisations, souvent basées à l’étranger, utilisent des scripts rodés pour convaincre leurs victimes de placer de l’argent dans des projets fictifs, en promettant des rendements mirobolants. « Ces escrocs exploitent la méconnaissance des cryptomonnaies et la crédulité des victimes », souligne un expert en cybersécurité cité par le quotidien.
Les autorités françaises, comme Europol, alertent régulièrement sur l’augmentation des arnaques aux cryptomonnaies. En 2025, plus de 300 millions d’euros ont été perdus en France à cause de ces fraudes, selon les chiffres de la police nationale. Les victimes, souvent isolées et honteuses, hésitent à porter plainte, ce qui complique le travail des enquêteurs.
Comment éviter de se faire piéger par ces arnaques ? La prudence reste de mise : méfiance envers les promesses de gains rapides, vérification systématique des plateformes d’investissement, et signalement immédiat des comportements suspects. Pour autant, ces mesures suffiront-elles à endiguer le phénomène ?
Avant tout investissement, il est conseillé de consulter la liste des plateformes autorisées par l’Autorité des marchés financiers (AMF) sur son site officiel. Une plateforme non régulée, proposant des rendements anormalement élevés, doit être considérée comme suspecte.