Selon Ouest France, les dépenses liées aux assurances — qu'il s'agisse de l'automobile, de la santé ou du logement — pèsent de manière significative dans le budget des ménages français. Cette pression financière touche particulièrement les étudiants et les seniors, dont les revenus sont souvent plus modestes.

Ce qu'il faut retenir

  • Les étudiants consacrent en moyenne 15 % de leur budget aux assurances, soit près de 250 € par an.
  • Les seniors dépensent jusqu’à 300 € annuels pour ces mêmes postes, selon leur situation.
  • L’assurance habitation représente 40 % des dépenses d’assurance pour les étudiants.
  • La mutuelle santé coûte en moyenne 80 € par mois aux seniors, contre 50 € pour les actifs.
  • L’assurance auto grève le budget des jeunes conducteurs de 12 % de plus que la moyenne nationale.

Des dépenses contraintes qui s’alourdissent

Les assurances auto, habitation et santé constituent des dépenses dites « contraintes », c’est-à-dire des coûts incompressibles que les ménages doivent honorer chaque mois. Pour les étudiants, souvent précaires, ces dépenses représentent un poste budgétaire difficile à absorber. «

Entre la mutuelle, l’assurance habitation et parfois l’assurance auto, on dépasse facilement les 200 € par an, ce qui n’est pas négligeable quand on vit avec un budget serré
», explique Léa Martin, étudiante en licence de psychologie à Rennes.

Côté seniors, la situation est tout aussi préoccupante. Les retraités, dont les pensions ont été revalorisées de 2,2 % en 2025, voient leurs dépenses d’assurance s’ajouter à une inflation persistante sur les prix de l’énergie et de l’alimentation. D’après une enquête de l’Observatoire des retraités, près de 35 % d’entre eux déclarent avoir réduit leurs dépenses de loisirs pour faire face à ces coûts fixes.

L’assurance habitation, un poste particulièrement lourd pour les étudiants

Parmi les trois types d’assurances évoquées, l’assurance habitation pèse le plus lourd dans le budget des étudiants. Selon les données compilées par Ouest France, elle représente en moyenne 40 % de leurs dépenses totales en assurances, soit environ 100 € par an. «

On se loge souvent dans des colocations ou des studios, où les assureurs appliquent des tarifs plus élevés en raison des risques liés à la rotation des locataires
», précise Thomas Leroy, président de la Confédération étudiante.

Pour les seniors, c’est l’assurance santé qui grève le plus le budget. Avec une mutuelle qui coûte en moyenne 80 € par mois — contre 50 € pour un actif —, les retraités doivent souvent arbitrer entre leurs besoins médicaux et leurs autres dépenses. «

Entre la complémentaire santé et les frais de maison de retraite, c’est un vrai casse-tête
», témoigne Jean Dupont, 72 ans, retraité à Nantes.

L’assurance auto, un fardeau pour les jeunes conducteurs

Les jeunes conducteurs paient leur assurance auto en moyenne 12 % plus cher que la moyenne nationale. Ce surcoût s’explique par un risque plus élevé d’accidents, mais aussi par des pratiques tarifaires discriminantes de la part des assureurs. D’après une étude de l’Argus de l’assurance, un étudiant de 20 ans peut payer jusqu’à 800 € par an pour une assurance tous risques, contre 650 € pour un assuré de 30 ans.

Pour limiter ces dépenses, certains étudiants optent pour des contrats au tiers, moins chers mais couvrant moins de risques. «

On fait des économies sur la couverture, mais c’est un pari risqué
», confie Mehdi, étudiant en école d’ingénieur à Lille. Une solution alternative consiste à souscrire une assurance via des comparateurs en ligne, qui permettent parfois de réaliser des économies de l’ordre de 15 à 20 %.

Et maintenant ?

Plusieurs pistes pourraient permettre d’alléger le poids des assurances pour les publics les plus fragiles. La ministre de l’Économie, Sophie Binet, a indiqué que des discussions étaient en cours avec les fédérations professionnelles pour encadrer les tarifs pratiqués auprès des jeunes conducteurs. Une réforme pourrait être annoncée d’ici la fin de l’année 2026, avec un possible plafonnement des majorations pour les primo-assurés. Côté seniors, un dispositif d’aide à la mutuelle pourrait être élargi, mais aucune décision n’a encore été officialisée.

Reste à voir si ces mesures suffiront à atténuer la pression sur les budgets déjà contraints des étudiants et des retraités. En attendant, beaucoup devront continuer à arbitrer entre leurs besoins essentiels et ces dépenses incontournables.

Pour les étudiants, il est possible de bénéficier de la CMU-C (Couverture Maladie Universelle Complémentaire) sous conditions de ressources, ou de tarifs préférentiels proposés par certains assureurs partenaires des universités. Les seniors peuvent se tourner vers l’ACS (Aide à la Complémentaire Santé) ou les dispositifs locaux d’aide à la mutuelle, proposés par certaines caisses de retraite ou départements.

Oui, certains assureurs proposent des offres dédiées, comme des contrats habitation à tarif réduit pour les étudiants en résidence universitaire, ou des mutuelles seniors avec des garanties adaptées. Cependant, ces offres restent minoritaires et souvent méconnues. Il est conseillé de comparer les devis via des plateformes spécialisées pour identifier les meilleures options.