Alors qu’un poste à l’université Paris-Sorbonne l’attend, le professeur palestinien Ashraf Mushtaha reste coincé dans la bande de Gaza. D’après Reporterre, les autorités françaises excluent les habitants de Gaza de son programme d’évacuation des chercheurs menacés, invoquant l’impossibilité d’agir malgré les appels de l’intéressé. « Il n’y a aucun endroit sûr », déclare-t-il dans un témoignage recueilli par le média.

Ce qu'il faut retenir

  • Ashraf Mushtaha, professeur palestinien, est bloqué à Gaza malgré un contrat signé à la Sorbonne.
  • La France a exclu les Gazaouis de son programme d’aide aux chercheurs en danger, selon Reporterre.
  • Son quotidien est marqué par les bombardements israéliens, les démolitions et l’absence de sécurité.
  • Le programme français ne concerne que les chercheurs hors de Gaza ou déjà en France.
  • Mushtaha dénonce l’abandon des autorités françaises malgré ses demandes répétées.

Un chercheur en danger face à l’impuissance française

Ashraf Mushtaha, hydrologue et professeur à l’université de Gaza, a signé un contrat avec la Sorbonne pour un poste à Paris. Pourtant, il est toujours coincé dans l’enclave palestinienne, où les frappes israéliennes et les combats persistent. D’après Reporterre, les autorités françaises ont confirmé à Mushtaha qu’il ne pouvait bénéficier de leur programme d’évacuation des chercheurs en danger, car ce dernier ne s’applique qu’aux chercheurs déjà en dehors de Gaza ou en France.

Un quotidien sous le feu des bombes

Dans une région où « les coups de feu, les grondements des démolitions et le bourdonnement des drones de combat israéliens » rythment chaque journée, Mushtaha décrit un environnement invivable. Les frappes aériennes israéliennes, les destructions de bâtiments et l’absence totale de zones sûres transforment son quotidien en une course permanente contre la mort. Il explique que même les hôpitaux et les écoles, souvent ciblés, ne peuvent plus garantir la sécurité des civils.

Ce climat de terreur s’accompagne d’une dégradation rapide des conditions de vie. L’accès aux denrées alimentaires, à l’eau potable et aux soins devient de plus en plus difficile, aggravant la crise humanitaire déjà dramatique. Mushtaha, dont le travail scientifique est reconnu, se retrouve ainsi pris au piège, sans perspective immédiate de départ.

L’État français invoque des limites juridiques et logistiques

Contactées par Reporterre, les autorités françaises ont justifié leur refus d’inclure Mushtaha dans leur programme par des contraintes légales et pratiques. Selon eux, le dispositif ne couvre que les chercheurs déjà en France ou ayant quitté leur pays d’origine avant la crise actuelle. Une réponse qui laisse le professeur palestinien sans solution, alors que ses demandes d’évacuation restent sans suite.

Cette situation interroge sur l’efficacité et la portée réelle des programmes d’asile scientifique français. Plusieurs associations et collectifs universitaires ont déjà alerté sur les failles de ces dispositifs, soulignant que des chercheurs comme Mushtaha, dont la vie est directement menacée, devraient être prioritaires.

Un abandon qui soulève des questions sur la protection des chercheurs en danger

Le cas d’Ashraf Mushtaha n’est pas isolé. Depuis le début du conflit à Gaza, de nombreux universitaires et intellectuels palestiniens se retrouvent piégés, sans possibilité de fuir ni d’être secourus. Les programmes d’évacuation, qu’ils soient français ou européens, peinent à répondre à l’urgence de la situation.

Des voix s’élèvent pour dénoncer le manque de coordination entre les institutions académiques et les gouvernements. Certaines universités françaises, comme celle où Mushtaha doit travailler, ont tenté d’intervenir directement, mais se heurtent aux restrictions administratives et politiques. Bref, la bureaucratie semble primer sur l’urgence humanitaire.

Et maintenant ?

Pour l’heure, Ashraf Mushtaha continue de plaider pour une intervention urgente des autorités françaises, tandis que les négociations pour son départ restent au point mort. Une issue dépendra vraisemblablement des prochaines décisions prises par le Quai d’Orsay ou l’Union européenne, dont certains États membres ont déjà accueilli des chercheurs palestiniens. Une mobilisation des milieux universitaires et associatifs pourrait aussi faire pression pour débloquer sa situation.

Ce cas illustre plus largement les défis posés par l’accueil des chercheurs en danger : entre obligations légales, contraintes logistiques et urgence humanitaire, les solutions tardent à se concrétiser. Alors que la guerre à Gaza s’étire, la question de leur protection reste entière.

Selon Reporterre, le dispositif français ne concerne que les chercheurs déjà en France ou ayant quitté leur pays avant le début de la crise. Les autorités invoquent des limites juridiques et logistiques pour expliquer cette exclusion, bien que des exceptions aient parfois été accordées dans d’autres contextes.